‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 161 sur 255 · Luck or Cunning ?, p · texte numérisé non relu

Luck or Cunning ?, p

2. God the Known, 23 et Luck or Cunning?, p. 39. 3. N. B., p. 12.

effort continu d’attention toutes les manifestations de la vie extérieure et de sa propre durée, ne parvient à en prendre conscience que par intermittence ; il perçoit alors la différence entre ses données présentes, ses besoins, ses désirs, son ordre personnel d’une part, et de l’autre, les changements survenus.

C’est ce que Butler appelle le choc, première étape ou pre-. mier incident du progrès intellectuel. Il y a choc chaque fois qu’un concept habituel, chez l'individu comme dans la société, est mis en présence d’un fait nouveau dans lequel il ne se reconnaît plus. Si le choc est trop fort, si la différence est trop grande, l’organisme souffre. Si le heurt ne l’a déjà blessé, affolé, ou anéanti, il considèrera du moins avec hostilité ou répugnance ce nouvel élément, et s’en détournera. Jusqu'au moment où une gradation aura été ménagée, où des échelons permettront de franchir cet intervalle, toute avance est interdite dans cette direction. Le progrès ne peut se faire que par une avance lente « No amount of change shocks — or, in other words, is important —ifitis made sufficiently slowly, while hardly any change is too small to shock if it is made suddenly. The importance, therefore, does not lie in the change, but in the abruptness of its introduction! ». Ces lignes de Butler, écrites dans un passage où il expose ses vues sur le progrès social, ont une valeur générale, et il n’a jamais mieux ni plus clairement exprimé cette idée. Un choc trop violent peut produire, dans l’ordre naturel, une blessure ou une maladie; dans l’ordre social, une révolution ou la décadence d’un peuple; dans l’ordre psychologique, la croyance au miracle?. La mort elle-même n’est pas autre chose qu’un changement et un choc. « Every change is a shock; every shock is a pro tanto death. What we call death is only a shock great enough to destroy our power to recognise a past and a present as resembling one another». À chaque étape sur sa route, à chaque moment de son voyage, l'organisme doit, s’il veut avancer, ou seulement vivre, traîner son passé après lui et le souder chaque fois à un présent qui lui ressemble.

Cette soudure indispensable s’opère en fusionnant («fusing ») le nouveau avec l’ancien. Il s’agit essentiellement de les faire chevaucher ou coïncider par quelqu’ur de leurs côtés, ou, à

1 Alps,-p. 196.

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