‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 167 sur 255 · Thought and Language », Hum. Hom · texte numérisé non relu

Thought and Language », Hum. Hom

6. Thought and Language, conférence faite au Working Men's College, 15 mars 1890; — remaniée, et refaite une seconde fois au Somerville Club, 13 février 1894; — publiée dans Hum. Hom. (1913).

maintes fois, ailleurs, s’interrompre dans son exposé pour faire le procès de quelque expression particulière ou des mots en général. « It may be doubted, écrivait-il dans ce passage d’Evolution Old and New que nous venons de rappeler, whether there is any such thing possible as a perfectly accurate expression. All words that are not simply names of things are apt to turn out little else than compendious false analogies.» Ce risque commande une prudence extrême. Le bon sens veut que l’on s’en tienne aux vocables d’une acception évidente et générale. Pour le reste, s’il est nécessaire de s’aventurer plus loin, l'effort, la patience et l’ingéniosité de l’écrivain devront suppléer à l’insuffisance de l'instrument. Butler n'hésite pas à répéter ses mots, ses formules, s'ils lui paraissent les meilleurs; avec un suffixe, ou un préfixe, il forge un contraire clair, exact, absolu. Il s'arrête, s’il le faut, à analyser un terme, à en comparer deux ou plusieurs, à contrôler leur ressemblance ou leur différence en passant graduellement d’un terme à un autre par l'intermédiaire d’une série de synonymes — c’est encore le procédé du « fusionnement!t ». « Words, écrit-il dans God the Known, are like servants : it is not enough that we should have them — we must have the most able and willing that we can find, and at the smallest wages that will content ;them? ». Leur rôle est moins, peut-être, d'exprimer des idées que d’en faire germer de nouvelles. Inversement, l’étude de la langue d’une ouvrage peut renseigner l'observateur sur le caractère de son auteur : c’est ce dont Butler a fait dans plusieurs de ses livres la malicieuse démonstration, aux dépens de Darwin et de quelques autres. Mieux encore, une critique pénétrante des expressions spontanément employées par les hommes révèle parfois le fond de leur pensée, leur véritable attitude envers les habitudes essentielles de la vie : « There is nothing which reveals our most genuine opinions to us so unerringly as our habitual and unguarded expressions ». Nous disons, remarque-t-il, qu’une opinion nous « touche » : nous sommes donc incons ciemment persuadés que l’esprit et la matière sont une même chose. Enfin, par une originale saillie, ou intuition, de son

1. En voir un exemple un peu appuyé dans Evolulion Old and New, p. 353. 2. God the Known, p. 29.

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