Titles and subjects » (Noïe- Books
played and the world turned round and the organ made a noise and the people began killing one another and the two little Lords clapped their hands and were delightedt, ; Cet esprit d'évasion vers d’autres mondes, ou plutôt de construction d’autres mondes, est celui-là même qui a fourni le thème d’Erewhon et le choix de son titre, qui a inspiré l’idée des statues et celle du Monde des « Non-Nés ». Parmi les boutfées de rêves philosophiques, les boutades de l'imagination auxquelles il pousse Butler, nous en avons signalé de poétiques et de cocasses; d’autres sont montées avec précision, comme des mouvements d’horlogerie : « A world exactly, to the minutest detail, a duplicate of our own, but as we shall be five hundred years hence.. Let there be also another world, a duplicate of what we were five hundred to twenty thousand years ago. There should be many worlds of each kind at different dates behind us and ahead of us. I send a visitor from a world ahead of us to a world behind us. » Ces « imaginary worlds? » que Butler crée à sa fantaisie pour éclairer le jeu de ses idées se situent quelquefois sur un plan trop abstrait pour faire jaillir un humour vigoureux; ce sont des démonstrations symboliques; ils ont un rôle philosophique à tenir: pourtant, çà et là, un trait de réalisme, un détail prosaïque, nous font toucher terre un instant, évoquent l’absurde, et font naître le sourire; ils empêchent le spectateur de prendre la parade au pied de la lettre tout en conservant l'impression qu’elle cache une vérité. D’autres fois, pourtant, un excès d’anthropomorphisme ou un réalisme mal placé alourdissent cet humour, même à ses moments les plus aériens; il donne alors, du moins au lecteur français, une impression de gaucherie qui confine à la puérilité. Le chapitre des Non-Nés, dans Érewhon, est ainsi encombré de quelques détails incongrus qui, après avoir appelé l’épithète « grotesque » dans son sens anglais, risquent fort d'en mériter l’acception françaises, Ce tableau ironique des limbes de la vie antérieure, patrie des « souls pure and simple, having no actual bodies, but living in a sort of gaseous yet more or less anthropomorphic existence, like that of a ghost », s’accommode parfaitement de touches discrètes de réalisme terrestre; mais certains détails