Deadlock, p
4. Nole- Books, 217 : « Science and Business »; voir aussi Deadlock p. 267 : « crying out for too much evidence is as bad as accepting too little ».
par d’autres!. Ainsi la science est réduite au rôle de servante, et la philosophie est sa maîtresse. Entre le patient et courageux labeur du chercheur de laboratoire, de l'explorateur, du chasseur de faits, et l’intelligente perspicacité d’un Buffon, Butler choisit sans hésiter; c’est avec ce dernier qu'il se range parce qu'il voit en lui un philosophe, prêt à interpréter la nature et la vie sur un minimum de preuves.Rebuté par l’insondable perspective des études au bord desquelles son intérêt d’amateur l’avait amené, il justifiait en dernier ressort, son attitude par une de ces boutades pleines de plus de bon sens que de sens profond : « Science, after all, is only an expression for our ignorance of our own ignorance? ». Toute négative, l’idée même qu'il se faisait de la science tendait déjà à l’en éloigner.
D'autre part, ni son éducation, ni sa culture, ni ses relations, ne le préparaient à faire œuvre de savant. Il n'avait avec le monde scientifique que de rares accointances; il s’y sentait gêné; son infériorité lui pesait. Même à la société Linnéenne, dans un milieu de simples amateurs, il avait eu conscience de n’être qu’un profane parmi des croyants. Il n’a jamais eu près de lui personne de compétent avec qui discuter de l’aspect technique des problèmes qui le passionnaient. Ni son ami Alfred Tylor, ni le Dr. Dudgeon, ni Thomas Gale Butler, ni son cousin Reginald Worsley, ne pouvaient lui être d’un grand secours. Il connaissait vaguement Miss Buckley, secrétaire du géologue Lyell, elle-même quelque peu femme de science, et qui correspondait avec Darwin. Il fut en relations épistolaires avec le Dr. Carpenter, le professeur Mivart, Marcus Hartog, A. R. Wallace, et quelques autres de moindre importance, — sans compter les fils de Darwin. Mais ces intermittentes relations étaient impuissantes à le renseigner sur l’état des esprits ou les courants d’opinion, et plus encore à combler les lacunes de sa documentation. À Cambridge, il n’avait étudié que les mathématiques; ses rudiments de sciences naturelles lui venaient donc de Shrewsbury. Il lisait sans plaisir, avec une patience un peu agacée et dédaigneuse ; encore ses entreprises diverses, et la musique, et la peinture, ne lui
1. Luck or Cunning?, p. 26. Voir aussi Life and Habit, p. 30-31, où S. Butler divise la science en deux catégories, dont la plus basse est celle des « pionniers de la science », l’autre étant celle des hommes inconsciemment beaux et bons.