Eu. O. and N., 382, 2. Alps
de notre philosophe, — désigne un processus malaisément, divisible. Tout, dans l’univers, peu ou prou, simultanément ou successivement, progresse. Les mœurs, la morale, l’organisation sociale, la politique, la religion, évoluent et se déve” loppent selon le même rythme que les organismes biologiques’ leurs fonctions et leurs rapports : sans grands « chocs », mais par une lente et patiente méthode de « fusion ». L'homme se trouve aujourd’hui au plus haut degré de l’échelle des êtres. Mais il n’est pas interdit de croire à l’avènement d’un « règne sur-Organique », aussi supérieur à celui de l’homme que celui-ci l'est à celui des animaux. « As the solid inorganic kingdom supervened upon the gaseous (vestiges of the old being, nevertheless, carried over into and still persisting in the new) and as the organic kingdom supervened upon the inorganic (vestiges of the old being, again, carried over into and still persisting in the new), so a third kingdom — rêve Butler — is now in process of development, the super-organic, of which we see the germs in the less practical and more emotional side of our nature?. » Cette vision prophétique d’un être plus complet, plus perfectionné que l’« animal humain » n’est pas chose nouvelle. On la trouve déjà, pour nous en tenir au xix® siècle, dans The Vestiges of Creation, de Robert Chambers (1844). Butler n’en précise ni les contours ni les détails; l'avenir lointain du monde ne semble l’intéresser qu’en passant
Le règne des machines évoqué dans Lucubralio Ebria et dans Erewhon ne saurait être pris ici en considération comme une hypothèse sérieuse. II est certes curieux, et peut-être significatif, que la réputation de Butler soit fondée pour une bonne part sur ce divertissement philosophique. Son succès à été considérable; il nourrit encor e aujourd’hui la verve ou la méditation des critiques de la civilisation moderne; il est le père, avoué ou non, d’une lignée déjà respectable de compositions littéraires. Mais cette théorie fameuse n’a qu’une valeur didactique; c’est un exercice d’assouplissement de l'esprit, fécond certes en ce qu’il abat des cloisons et brise certains des moules traditionnels du raisonnement, mais sans portée philosophique. A les bien considérer, allègue Butler, les membres de l’homme ne sont que des outils; inversement, les machines qu'il crée sont pour lui de nouveaux membres ou de nouveaux