L. or C.7?, p
2. L. or C.?, 129. Voir aussi Une. Mem., 15, 16, 17, où Butler fait — en schématisant un peu — la récapitulation des étapes qui le conduisirent de Darwing among the Machines à Life and Habit.
les plus radicaux, en interdisant toute invention mécanique. Butler ici encore a pesé le pour et le contre. Il prophétise d’abord l’avènement du règne des machines, et dès son premier essal, Darwin among the machines, il leur déclare la guerre. Cependant, dans Lucubratio Ebria, il a réfléchi. La machine est sortie de l’homme; elle en est un véritable prolongement; donc elle le sert, elle le complète, et ajoute à son pouvoir. Iles faux de croire qu’elle deviendra une entité indépendante. Aiïnsi, dût l’homme devenir dans une certaine mesure son esclave, comme il est celui de ses fonctions digestives ou respiratoires, il sera par elle libéré d’autres servitudes; la subordination redoutée se traduira par un réel affranchissement. Cenme Butler, H. G. Wells appellera un jour la machine à l’aide de l'humanité asservie : « Strangest of saviours, s’écriera” t-1l, there rises over the conflict of mankind the glittering angular promise of the machine! ». Mais le point de vue des deux écrivains est différent. Celui de Wells est essentiellement social et moral; la machine, imagine-tl, fera disparaître l'esclavage du travail avilissant. Le point de vue de Butler est, comme toujours, à demi théorique, et stérile, à demi pratique et intéressé. La machine à ses yeux accroît les possi” bilités d’action de l’homme, en lui permettant de vaincre la nature. Si, grâce à la machine, le rythme de la vie future est plus intense, et son économie différemment réglée, rien ne prouve que l’homme, plus évolué lui aussi et mieux adapté, n’y saura pas garder les leviers de commande.
Que l'avenir d’ailleurs appartienne à la machine ou à quelque règne « sur-organique » importe assez peu. Ce dont Butler est sûr, c’est que cette évolution universelle est en même temps un progrès. Elle comporte une prédestination intérieure — un « design » — qui la conduit vers certaines fins obscurément désirées, mais dont l'individu, moment de l'être, ne saurait avoir conscience. Butler prend beaucoup de peine pour démontrer qu’une conception finaliste du monde n'implique à aucun moment une prescience claire de l'ultime destin des choses, et de chacune des variations qui les y pousse. Sa « Téléologie » n’est pas celle de l'Eglise; elle rejette la notion d’un Deus ex machina dirigeant le monde de l’extérieur. Elle n’en est pas moins, affirme-t-il, une véritable