‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 20 sur 255 · Cf. M., I, 77. Il en souffrira en Nouvelle-Zélande · texte numérisé non relu

Cf. M., I, 77. Il en souffrira en Nouvelle-Zélande

4. Voir dans M., I, pp. 52-53, les lettres de Samuel Butler sur ce sujet. Il fut un moment entraîneur ou moniteur des étudiants de 1re année, et participa aux fameuses courses de carême comme barreur.

5. Voir le premier paragraphe de la Translation from an Unpublished Work of Herodolus, autre pastiche écrit à Cambridge, et décrivant ironiquement l’entraînement des rameurs de St John's.

venir de sa première éducation. Il a peu de relations. Sa grand”tante! qui réside à Cambridge le voit rarement chez elle; et s’il accepte quelque invitation en ville, il s’y ennuie immanquablement. Son frère Tom l’a rejoint à St. John's en 1855. Sam a certes des camarades; si peu que ce soit, il est mêlé à leur vie, il boit avec eux, il les rencontre au club de canotage, peut-être dans ces « debating-clubs », si particuliers aux universités anglaises, et où il doit bien mettre les pieds une fois en passant. Enfin il ne peut éviter leur contact dans les salles de cours et aux cérémonies universitaires. Mais il se sent peu porté vers eux. Les deux types d'étudiants avec lesquels il a quelques rapports sont les élèves des grandes « public schools » et ces Siméonites qu’il raille. Un grand nombre des premiers proviennent de Shrewsbury comme lui. Mais, qu’ils aient subi l’entraînement livresque de Kennedy ou, par ricochet, Je dressage moral auquel le nom du D' Arnold demeure attaché, Butler trouve chez eux la même insuffisance de spontanéité et de sincérité. Ce sont des « prigs ». Il croit deviner dans ces appels continus à la «earnestness », à la «moral thoughtfulness», à la « thoughtful life », une attitude essentiellement fausse; déjà très prompt à saisir les inconséquences de la conduite humaine, il voit dans cette morale trop consciente à la fois de son effort et de sa supériorité un triste et lourd uniforme qui risque d’étouffer ce qu’il y a de plus franc dans les mouvements profonds de l'être, et qui devient, chez les âmes faibles, la source de tous les malaises, partant de toutes les hypocrisies. Même s’il n’analyse pas avec netteté les raisons de son éloignement, il sent fortement tout ce qui le sépare d’une telle attitude de l’esprit. Ces jeunes hommes trop bien élevés l’etfarouchent par leur pédantisme moral. Quant à ces camarades pauvres qu’il a quelque temps fréquentés, ils sont à l’autre bout de l'échelle sociale, telle qu’elle est, du moins, représentée à l’université. Les boursiers, les « sizars » qui végètent dans des chambres sordides, il faut bien le dire, le dégoûtent un peu; les « Siméonites » surprennent un moment sa bonne foi, mais il ne tarde pas à être rebuté par leur zèle impertinent et à percer leur attitude, qui pour être à l’opposé de celle des « prigs » mondains, ne lui paraît pas plus sincère.

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