‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 203 sur 255 · Cf. Alps · texte numérisé non relu

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?. Butler ne s'était pas rendu tout de suite à cette conclusion. Ses articles de 1879 (God the Known and God the Unknown) laissaient subsister une distinetion fondamentale entre l’organique et l’inorganique, ce dernier restant en dehors de l’Arbre de Vie et du Dieu « Panzoistique ». Mais il s'aperçut vite qu’accepter l’inertie de la matière équivalait à rétablir l’ancien dualisme de l'esprit et de la matière. Il fut ainsi amené à décréter illusoire la distinction entre les deux règnes et à élargir encore sa conception « monistique » de l'univers.

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to deny him, or to attempt to define him». Mieux :ilest tout l’indéfinissable et tout l'inconnu : « As long as there is an unknown there will be a God for all practical purposes ». Même si on ne reconnaît à ce mot aucun contenu théologique ou scientifique précis, il est commode, « it saves trouble? »; il a la valeur d’un signe algébrique. Mais de cet X, les hommes ont fait une entité, un fétiche; ils ont voulu lui donner un visage, une individualité corporelle ou spirituelle. Et c’est ainsi qu’en rêvant à eux-mêmes ou à l'univers qui les entoure, ils ont créé les dieux des religions. Aujourd’hui, cependant, la science prétend nous débarrasser de ces divinités superfétatoires; mais ce faisant, elle nous prive aussi du service appréciable que cet «hiéroglÿyphe » peut rendre au philosophes. Butler le conservera donc, pour s’en servir à toutes fins utiles.

La grande erreur des métaphysiciens a été de séparer à tout prix l'esprit de la matière, d'opposer comme des contraires Dieu au cosmos et le corps à l’âme. Butler pour sa part se refuse à concevoir un être qui ne serait pas doué d’un corps matériel. La notion d’un principe spirituel autonome, dégagé de toute nécessité physique, lui paraît absurde et vaine; quels seraient d’ailleurs ses rapports avec l’univers créé? Rien ne saurait agir sur de la matière que de la matière sous une autre forme. Le terme « soul » qu’il emploie volontiers n’est sous sa plume qu’un substitut de « mind »; il aime sa résonance religieuse et lointaine, mais il refuse à cette âme le royal privilège d’exister à part ou au-dessus du corps : les découvertes de la biologie et de la psychologie modernes nous interdisent absolument, affirme-t-il, de chercher à réintroduir l’âme « as something apart from the substraturm in which both feeling and action must be held to inheret ». Un court passage, curieux, mais assez obscur, de Luck or Cunning? ne semble pas infirmer ce rigoureux velo : l’esprit, comme le corps, est, allègue-t-1l, conditionné par les habitudes accumulées au cours des vies antérieures et des générations passées. Mais il subsiste chez chacun de nous « a little margin

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