‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 217 sur 255 · Shorthouse, Life and Letlers, I · texte numérisé non relu

Shorthouse, Life and Letlers, I

LES IDÉES MORALES (t) 443

yeux, est d'oublier que la vie prime tout, et le péché n’est pour lui que ce qui la trompe ou lui fait obstacle. La prière telle que l’église l’impose est un « humbug »; les prières en famille, cérémonie désuèête et ridicule, ont pour seul effet — mais il est désastreux, et Butler contient avec peine sa colère! — de pervertir la sincérité des âmes faibles; elles les poussent à se leurrer elles-mêmes sur leurs véritables désirs. Charlatanerie aussi les sacrements, dont on nous invite à croire qu'ils doivent purifier la chair, donner à l’âme une force nouvelle. Mais les effets de la Confirmation, chez Ernest du moins, s’évanouissent en moins d’une heure?. Et Butler pense avoir découvert autrefois que la régénération par le baptême n’est qu’une hypocrite fiction. Les miracles, auxquels l'Eglise tient avec une énergie si obstinée, sont précisément, en ce qui le concerne, l’obstacle essentiel à toute réconciliation avec elle, Ces « superstitions » distraient, trompent, ou terrorisent les croyants, et les détournent des problèmes fondamentaux de la vie; de plus elles sont ridicules, illogiques et lâches. Le Christianisme est une religion de femmest.

Par contre, la conception d’une Eglise chargée de veiller à la morale générale et à certaines relations sociales n’a rien d’absurde. Butler lui accorde même le droit de conserver un minimum de symboles et d’idolesÿ. Il voudrait seulement que ceux qui ne pourraient y croire ne fussent pas bousculés et contraints. Il s'élève moins contre la religion elle-même que contre les hommes qui la monopolisent et l’exploitent. « IE is not the churchin a village that is the source of the mischief, but the rectory. I would not touch a church from one end of England to the otherf. » Les églises lui ont —en Italie et ailleurs — offert en plaisirs d’art, en délassements heureux, en rêveries, des compensations inoubliables; le presbytère est toujours resté pour lui celui de son père, Langar. Son appréciation du clergé, de son esprit, de son activité, recèle souvent une pointe, l’écho d’un ressentiment vivace. Les pasteurs ne se contentent pas de soutirer de l’argent à leurs fidèles, ce qui serait de bonne guerre; par leur enseignement,

W. of A. F., p. 36.

. Voir en particulier IV. B., 340 : « The church and the Supernatural ». . N. B.,.334.

. Voir, N. B., 346 : Religion.

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