‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 222 sur 255 · N. B., 375; My Work, n · texte numérisé non relu

N. B., 375; My Work, n

3. Ces idées sont développées avec une grande conviction sur le plan théorique. Mais il faut noter que dans, la vie pratique, Butler pouvait avoir une autre attitude. Ii aurait été fort marri qu'on s’autorisât de ses réflexions pour faire preuve d’une indulgence excessive envers les criminels. En Nouvelle- Zélande, il était encore partisan d’une sévère répression pénale (cf. F. Y., 64). A Londres, un filou, un jour, lui déroba sa montre : « IL gave the Governor a dreadful scare », écrivait Alfred, son factotum-secrétaire. Butler envoya au Times une lettre de doléances à ce sujet (M. If, 167).

4. Il s’est récemment fondé dans Grosvenor Square, à Londres, un Institute {or the Scientific Trealment of Delinquency, sous le patronage de praticiens éminents et de l'archevêque d’York. Les journaux qui en ont rendu compte ont inévitablement évoqué Erewhon et l'ombre de Butler.

virbue, note-t-il, both make one another and prevent one another from becoming intolerablet. » Ces deux notions sont les plateaux d’une balance; il importe de les équilibrer exactement. « The extremes of vice and virbue are alike detestable. » Mais l’outrance de l’un et de l’autre mène à des défauts qui lui répugnent à des degrés différents; le vice tombe dans le cynisme, la vertu dans un ascétisme orgueilleux. Butler, qui a dû souffrir du second plus que du premier, s’en méfie davantage; et poussé par une pointe d’esprit frondeur, il confesse que, s’il faut choisir, un léger excès de vice est préférable à un excès de vertu. Sans aller jusqu’à dire avec le cynique Bernard de Mandeville que les vertus morales sont la progéniture politique de la flatterie et de l’orgueil? , il nous met en garde contre les « meannesses of virtue? », contre sa solennité ennuyeuse et guindée, contre ses réels dangers. En quoi d’ailleurs consiste la moralité d’un sentiment ou d’une action ? Comment tracer la commune frontière du bien et du mal? Le jésuitique Pryer, du Way of Al Flesh, est ici l'interprète de Butler : « The limits of vice and virtue, expose-t-il à Ernest, are wretchedly ill-defined. Half the vices which the world condemns most loudly have seeds of good in them and require moderate use rather than total abstinence. » Et, sans se laisser prendre au piège de son naïf camarade, qui demande des exemples, il continue : « I shall give you a formula that shall embrace all instances. It is this, that no practice is entirely vicious which has not been extinguished among the comeliest, most vigorous and most cultivated races of mankind in spite of centuries of endeavour to extirpate it4. » Saint Paul disait : le salaire du péché est la mort ; — sois vertueux, proclame le modèle d'écriture dans le cahier de l’écolier, et tu seras heureuxÿ. Ainsi, conclut Butler, en donnant une entorse à ces deux préceptes, « virtue is what tends to happiness, and vice what ends in sorrowf. » Cette définition sommaire et vague ne peut que satisfaire la foule; Butler, pour sa part, l’accepte et s’en contente, quitte à l'interpréter. Mais

1. Further Exiracis, 292. La citation suivante est dans AN. B:, D:'28.

2. Bernard de Mandeville (1670-1733) : The Fable of the Bees : « The moral virtues are the political offspring which flattery begot upon pride ».

3. L'expression se trouve dans N. B., 34, et dans Further Extracts, 59.

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