How lo make the besl of Life
La véritable morale est donc la résultante de deux forces opposées, la tradition et le progrès. Un système parfait impliquerait la stagnation, l’immobilité; « but this, remarque Butler, is unpractical! ». Par contre, tout progrès trop rapide, provoquant une rupture d'équilibre, est par là même immoral. Aussi est-il vain de chercher à dresser un code de la conduite et de la responsabilité valable pour l'humanité tout entière. « Morality is the custom of one’s own country and the current feelings of one’s peers. Cannibalism is moral in a cannibal country?. » Il y aura donc autant de morales qu'il y a de sociétés différentes. Il est raisonnable d'admettre que ce qui est vérité en deça des Pyrénées ou des montagnes d'Erewhon puisse être erreur au delà, si les conditions de la vie, les traditions et la mentalité populaire n’y sont point identiques®. Les peuples n’ont pas besoin d'un code écrit, de décrets impératifs. L'expérience éclairée par le bon sens suffit à les guider. Est immoral tout ce qui s’écarte abusivement de l’état présent des mœurs, ce qui dérange l’ordre empiriquement établi; c’est-à-dire d’une part tout ce qui tombe au-dessous du niveau moyen de la vie : brutalité, grossièreté, ignorance crasse, stupidité, sécheresse extrême de sentiments, laideur répugnante, vices de constitution, pauvreté excessive —; et d’autre part tout ce qui le dépasse de trop loin ou de trop haut, la vertu rigoureuse, le génie, l’exaltation des prophètes et des apôtres.
A côté du droit écrit, les juristes distinguent la coutume. Mais, en morale, la coutume prime tous les codes. Elle est basée sur ces « fundamental ideas of right and wrong which our consciences most instinctively approvet », notions vagues et puissantes, « things that can be felt but not explained5 », impossibles et peut-être dangereuses à défi-