N. B., Material for Er. Rev
4. God the known, 82. Voir la même expression, « The current feeling of one’s peers », dans Fair Haven, 32.
this, intend it, and I trust always shall intend it. What sane man Will uphold any other guidance as generally safer — exceptis, of course, excipiendis!? » Déjà intervient ici ur élément nouveau, un jugement de valeur, dont Butler ne nous livre pas la formule : « a man’s best peers » dit-il. L'accord unanime d’un jury nombreux ne suffit plus; il veut que ce jury soit composé de membres choisis pour certaines qualités éminentes. On voit poindre la menace d’un cercle vicieux. Nous cherchons un critère du bien, et Butler nous propose pour celà d’obéir aux conseils ou à l’exemple d'hommes de bien. Mais cette proposition n’a pour lui rien de suspect ; lesépithètes «good, best» ont à ses yeux une valeur concrète, un sens conventionnel évident, comme des couleurs ou des formes; ils n’impliquent aucune définition philosophique. Ailleurs il semble exiger des membres de ce jury moral deux qua‘ités préalables : le bon sens et la fortune. Mais elles ne suffisent pas. Ernest, méditant en prison sur ces problèmes, conclut que le critère du nombre est imparfait. « Our criterion of truth — i. e. that truth is what commends itself to the great majority of sensible and successful people — is not infallible. The rule is sound and covers by far the greater number of cases, but it has its exceptions?. » Or, ces exceptions aux règles approximatives de la conduite, un seul juge peut en connaître : l’instinct®. Dans les cas critiques, apparemment insolubles, l'individu écoutera parler au fond de lui-même la sagesse profonde de la race. Ainsi le critère moral suprême n’est fourni ni par la raison ni par le consensus général; il faut le chercher au-dessous du seuil de la conscience dans le domaine de la foi.
Dans la vie courante, cependant, il n’est que d’observer et d’imiter autour de nous les modèles qui nous sont offerts. Il existe des êtres, non parfaits certes — et fort heureusement — mais dont les sentiments, les pensées, le caractère et les actes paraissent en toutes circonstances de bon aloi, normaux et sains. Cette classe de gens ne saurait être désignée par un nom; ce sont « les meilleurs », cèeux du moins que l’opinion publique est d’accord pour trouver les meilleurs; ce sont les « decent people », les « amiable and sensible people », les
1. Lettre de Samuel Butler au Spectator, 8 février 1902. Cf. M. IN, 375. 2. W. of À. F., 288. Voir tout le début du chapitre LXV. 3, « !nstinct, then, is the ultimate court of appeal », ibid., p. 288.
« nice people », « those whom the world appraises as reasonable and agreeable, or capable of being agreed with for any time! » Leur supériorité morale se constate, elle ne s’analyse guère; plus que tous les autres, ils sont dans le sens de la vie, ils se conforment avec plus d’aisance à ses exigences essentielles ; leur personnalité, en se développant, ne contrarie ni n’appauvrit l’espèce, elle la favorise et l’enrichit ; 1ls sont, sans zèle ni orgueil, les vrais disciples du Dieu connu. Comme les « xxxct x&yalot » de Xénophon et de Platon, ils ont en partage la grâce physique et les qualités morales; ils sont beaux, braves et bienveillants, de bonne naissance si possible, libres de leur temps et de leur argent; ce sont eux les vrais savants et les vrais philosophes, non les pédants de la statistique ou de l’introspection, parce qu’ils appliquent inconsciemment, c’est-à-dire parfaitement, les données de tout savoir : « they have good health, good looks, good temper, common sense and energy, and they hold all these good things in such perfection as to be altogether without instrospection — to be not under law, but so utterly and entirelÿ under grace that every one who sees them likes them? ». Certains peuples ont réalisé cet idéal plus pleinement que les autres; Butler cite les Italiens de notre temps, les Grecs d'autrefois, les Maoris de Nouvelle-Zélande, les pêcheurs de Bretagne ou de Cornouailles. Les High Ydgrunites d’Erewhon appartiennent à cet aimable type d'homme, et dans The Way of AU Flesh, le sympathique Towneley en est un brillant exemple. C’est aux «Nice People », et non aux «cultured critics », que Butler préfèrera confier sa renommée posthume. Ils ont leurs repoussoirs, les « cads », ceux dont l’égoïsme, légitime en soi, ménace d’étouffer le bien-être et l’évolution paisible de la communauté, les orgueilleux et les poseurs qui se plaisent à cultiver chez les autres un inique sentiment d’infériorité. La tâche principale des guides responsables de la société consiste à tailler une cote équitable entre l'intérêt des « cads » et celui des « decent people », la priorité étant réservée à ces derniersÿ.
1. God the Known, 44. Pour quelques allusions à cette idée, voir Er., 176; W. of À. F., 397, 404-405; N. B., 372, 391; How lo make the best of Life, 147; God the Known, 76, 77; L. and H., 32, 53, etc.