Date de publication de son livre The Kair Haven
2. P.ex : Notes marginales St Paul, Rom., ch. 2: note portant sur une autre note qui commençait : He shows or rather seems to show...» « When I say seems to show I mean that St, Paul does not prove his point or get out of the great difficulty here touched on But I perfectly agree with St. Paul in his asserlion, though not in his argument. »
Idem, ch. IV, 7-13 (au crayon) : « I cannot understand all this, ncither can I imagine il of any importance to us now. »
Idem, ch. V, 12-19 (au crayon) : « I cannot quite understand St. Paul’s argument here, and not understanding it, do not think it fair or logical. »
s. Note ms, en tête du début de l’Epîlre aux Romains.
destruction of the works of the devil in Christians proves him to be the Son of God ».
On voit Butler affirmer en maints endroits de ces deux volumes, avec une insistance où lui-même plus tard aurait reconnu un signe d’incertitude!, que le dogme essentiel du Christianisme est la transformation de l’homme par la grâce. Jésus en venant sur la terre a détruit les œuvres du Démon, et permis aux hommes de « vivre saintement ». De même le chrétien, en recevant les signes mystiques de la promesse divine doit être transformé par elle. Les sacrements — et le plus important de tous, le baptême — sont à la fois des symboles et des causes de régénération morale. Mais cette régénération doit être réelle, et non seulement symbolique. Ce qui trouble Butler, c’est de pressentir qu’il y a parfois un grand écart entre le fait et le principe. « Is the sinning Jew better than the righteous Gentile merely because the oracles of God have been entrusted to him ? Nay surely he is twice condemned?, » Et tout ce que dit Paul de la circoncision pour lui s’applique au baptêmes. Il compare le sacrement à un pacte. Or, écrit-il, «the outward seal of this covenant is indeed good, if the substance of the covenant within be kept — if not, surely they that keep the substance are more acceptable to God, even without the seal, than they who have the seal alone without kecping the substance. — No, ajoute-&-il, circumcision is of the heart and they alone are the true circumcised who have circeumcised their heartst. » Aïlleurs, commentant les premiers versets de l’Epître aux Galates, il note que le sens profond du Christianisme est que « Christ of his own free grace without any questionable ordinances will enable men to lead holy lives and be quit of all sin if they wish to do so simply by their believing in him ».
Ce qui compte donc aux yeux de Butler, c’est l’esprit plus que la lettre, et — déjà — le souci moral plus que le détail théologique. Comme s’il ignorait où elle peut le conduire, il
1. Ce sera, en effet, une de ses idées favorites que la véritable connaissance est inconsciente, et qu’elle se trouble et perd son assurance dès qu’elle prend conscience d'elle-même. Cf. L. and H., chap. Iet II.
2. Note ms. de Butler en face de l’Epître aux Romains, II, 17-19.
3. Note ms. de Butler, même Epître. même chap. : « Apply verses 29-28 to Baptism. »
4, Note ms. même chap. même verset (17-29).
suit cette voie jusque dans ses avenues extrêmes et se voit toujours ramené à ce problème central qui hante sa méditation: en quoi consiste la différence entre les chrétiens et les nonchrétiens? Ses notes ne laissent pas entrevoir de solution; sans doute n’en a-t-il envisagé aucune. Il est tout occupé à se poser des questions. Comment l’homme parviendra-t-1l à se sauver, s’il lui faut dépouiller «toute chair »? «If they that are in the flesh cannot please God, and if all are yet in the flesh in whom any of the « works of the flesh » manifest themselves, — who shall be saved1? » C’est le cri de quelqu'un qui s’étudie et s'inquiète d’avoir à lutter contre des instincts que sa raison religieuse lui dénonce comme mauvais. Il a certes le sens de ses imperfections morales. Mais à travers les impressions confuses du jeune étudiant, on discerne ce sentiment que tout dans «la chair » ne peut pas être condamné; qu’une fois éliminées les formes honteuses du péché, il subsiste, au fond du cœur humain, toute une vie obscure; porter sur elle le fer rouge, c'est pour l’homme mutiler sa nature. Comment dès lors la frapper de condamnation? Et qui donc sera sauvé, s’il faut pour cela cesser d’être homme ? « What modern Christian is so free from sin as to be able to say honestly « When I was in the flesh » as though he had no such thing now to trouble him? where do such men live, and I will go and see them ? »
Ces annotations marginales sont les seuls témoins qui nous restent du travail de critique et de méditation religieuses auxquelles se livra Butler pendant cette période. Quelque fragmentaires et parfois obscures qu’elles soient, elles nous permettent cependant de constater que Butler n’arrivera pas à la veille de son ordination sans avoir étudié de près les documents sur lesquels se fonde la foi qu'il a reçue. Cet examen, s’il ne le conduit pas à mettre en doute la véracité même des récits évangéliques, l’oblige à se poser, au sujet de la doctrine morale, un certain nombre de questions auxquelles ni les textes ni les commentateurs qu'il a lus ne donnent de réponse satisfaisante. D’où un malaise sourd que peu de signes révèlent, mais qui n’en couve pas moins au fond de sa conscience, jus-