Fam. Rel., lettre citée, p
8, Lettre à Philip J. Worsley, 10 janvier 1861, M., I, 97,
satisfactory to himself should also appear so to that other!. » Cette liberté absolue de penser et de croire, dont il n'avait nulle idée auparavant?, est la loi en Nouvelle-Zélande. Il est ans! d’heureux pays que baigne une atmosphère de tolérance spirituelle3; après l’éloge de la Nouvelle-Zélande, Butier fera un jour celui de l'Italie du Nord. Ces climats lui sont favorables ; son humanité s’y épanouit. Il ne désire plus convertir personne; Langar, avec sa rigide piété, les Siméonites avec leur prosélylisme, ses propres essais d’évangélisation à Londres, ne sont plus que des souvenirs confus, sujets de dépit ou de remords.
Mais cette tolérance n’est pas un simple effort de bonne volonté vis-à-vis d'autrui : elle découle d’une répugnance générale à toute croyance dogmatique. Butler appelle cela son « latitudinarisme ». Les plus subtils mystères de la foi lui sont devenus indifférents. Il n’existe plus à ses yeux de distinction essentielle entre les différentes interprétations chrétiennes de la divinité. Cet élargissement de ses horizons religieux ne lui donne d’ailleurs pas une vue plus nette, ni, quoi qu’il en dise, une satisfaction plus grande; c’est en vain qu’il se débat et s’échauffe. Un brouillard l’entoure de tous côtés.
À vingt-cinq ans il a rejeté son orthodoxie d'autrefois. Il a cessé de faire ses prières, de recevoir les sacrements, et même d'aller à l'Eglise. Il méprise le symbole de saint Athanase, avec son arrogante affirmation de la Trinité et ses menaces de damnation à l’égard de ceux qui n’y ajoutent point foi. Il affirme cependant sa croyance à la divinité du Christ. Mais quant à savoir dans quelle mesure Jésus est véritablement le fils de Dieu, il s’en soucie peu, dit-il. Surprenant détachement, qui cache en réalité l’appréhension de voir s’écrouler le dernier pilier d’une doctrine qui, une fois cette ruine consommée, ne pourra même plus en bon droit s’appeler chrétienne. Il se rend compte qu’il donne déjà à cette expression « le Hils de Dieu » un sens avant tout symbolique, non réel. Un moment, il croit être unitarien, comme l'avait été sa mère avant son mariage; mais ce n'est encore qu'une illusion due à son invincible répu-