La tante Bather et la tante Lloyd de Samuel Butler
4. En particulier le livre de Mrs. R. S. Garnett, pelite-cousine de Butler et elle-même auteur distingué. Samuel Butler and his Family Relations, Dent, 1926.
et la déplorable impression que laisse la lecture de The Way of AU Flesh. Ces témoignages sont précieux sans être en tous points décisifs. Dans ces questions de famille, il est parfois difficile à d’autres que d’absolus étrangers de peser les caractères et de donner raison ou tort. Ce qu’il convient de faire ici, c'est d'évoquer le genre de milieu que constituaient, dans cette cure de campagne, un clergyman, sa femme et leurs quatre enfants. En la plupart des cas, l’ambiance que le jeune être va respirer pendant ses premières années importe plus encore que l’action particulière de tel ou tel membre du cercle familial. Cette ambiance, difficile à définir, mais typique d’une famille donnée, est faite du rayonnement des diverses personnalités qui la composent et réagit à son tour subtilement sur elles. L’âme des enfants s'ouvre toute grande à ces influences diffuses ; parfois il y domine une note, favorable ou contraire à leur épanouissement : la gaîté, l’austérité, la tendresse, le laisser aller. Par malheur, ce que l’on respirait chez le pasteur Butler, c'était surtout une ennuyeuse sévérité.
Thomas Butler!, fils d’un pédagogue célèbre, avait été tenu sur les fonts baptismaux par un autre grand pédagogue?. Sombres auspices : les fées assemblées autour de son berceau avaient des férules pour baguettes. Le malheureux garçon, déjà timide et renfermé par nature, resta de près ou de loin, jusqu’en son âge mûr, soumis aux volontés du terrible docteur. La famille écrasa l’âme médiocre de l’enfant, refoula en lui toute spontanéité, et crut pouvoir sans dommage moral lui tracer sa voie, lui imposer ses devoirs. Il aurait voulu, dit-on, naviguer, mais son père l’obligea de recevoir les ordres. On peut se demander si cette vocation de marin était autre chose qu’une panique déguisée, un désir de s’enfuir; peut-être l’histoire du grand oncle James, avec sa fugue aux Indes orientales et son voyage sur le Vansillart, pittoresquement relaté dans son journal et dans ses lettres, avait-elle tourné la tête du jeune homme. Mais peu importe au fond; ce qu’il faut noter, c’est sa soumission, qui, même si elle fut moins honteuse qu’elle ne le paraît dans Ainsi va loule Chair*, n’en fut pas moins complète.
1. Né le 28 novembre 1806. Mort le 29 décembre 1886. 2. Le docteur Parr.