Cf. Hoppé, 171, lettre à Fleay, 24 mars
of which each individual Christian soul was capable». Le Christianisme subsiste comme un régime d’éducation morale, qui s’est institué en des circonstances à la vérité mal connues, mais auxquelles il est vain d’attacher une importance trop grande; de plus, et l’on sent ici l'influence de l’idée qui domine l’époque, c’est un corps vivant, qui évolue, se transforme, s'adapte aux nécessités du temps?. Il serait délicat d’affirmer que ces arguments, si brillamment exposés dans le livre, correspondent en tous points à l’opinion réelle de Butler à cette date. Mais comme c’est précisément dans ce sens qu’évoluera sa conception du Christianisme, on est en droit de croire que sous l’humour implicite, et derrière les réticences, 1l a mis une bonne part de ses propres pensées.
Bientôt Butler perdra tout intérêt, du moins avoué, pour ces questions de théologie pure. Mais au moment du Fair Haven il n’est point encore parvenu à un détachement complet. Sa seule autre publication est, cette année-là, un article de revue surle Free Thinking and Plain Speaking, de Leslie Stephent. Il travaille encore à se faire une opinion, le Fair Haven contient le relevé de tous les passages douteux des Evangiles, de tous les textes dont l’authenticité est suspecte, l’étude ou la mention de toutes les hypothèses qu'il a envisagées. Une de ses lettres au Révérend Fleay révèle ses perplexités5. «Tam not going, écrit-il, to take my stand on the ressuscitation view. I really cannot make up my mind about it. Sometimes I think one and sometimes the other — but it doesn't matter. I agreed in favour, however, of the ressuscitation view because I think it follows much more naturally from Christian premises than the other.» Ainsi Butler, en marche vers l’agnosticisme complet, n’a pas encore dépassé le stade de la recherche, de la critique et de l’action. Il s'emploie à trouver une description rationnelle des faits qui remplace l'interprétation Chéologique des récits de la Bible. Mais il n'attend pas de l’avoir