Ibid
3. On a dit que Samuel Butler s'était ainsi laissé aller à présenter « a singularly powerful and convincing plea for Christianity » (P. E. More, À new England Group and others, dans Shelburne Essays, 2e série). Cela ne peut s’entendre que d’un Christianisme large, celui de la Broad Church par exemple, mais non, tout de même, de l’anglicanisme officiel.
4. Dans The Examiner, 20 déc. 1873. L'article, contre le désir de Butler, parut sous sa signature.
5. Lettre de Samuel Butler à Fleay, 24 mars 1873, Hoppé, p. 171.
complètement découverte pour essayer de porter le doute et le désordre dans le camp ennemi. A côté d’une réaction personnelle, il y a dans ce mouvement qui le pousse à dénoncer ce qu'il croit être l’erreur, la notion d’une sorte de devoir. Butler, en 1873, est un militant de la libre pensée!.
Son arme de combat est l'ironie, sa tactique ordinaire la parodie. Il avait ses raisons pour ne pas entrer dans la lutte à visage découvert; malgré sa confiance dans l’excellence de sa position et la subtilité de ses arguments, il se croyait trop peu capable d’attirer par ses seuls mérites l’attention d’un public hostile à ses idées. Comment entamer ce rempart d’imperturbable dédain? Un assaut direct est voué à l’échec, et d’ailleurs, Butler manque un peu du courage nécessaire?. Il est un moyen plus sûr : pousser une sape qui installe une mine au cœur même du camp adverse. Car son but final est de provoquer un éclat. « Tu ne scandaliseras point », dit l'Eglise, qui cherche à étouffer l’erreur de peur qu’elle ne se répande par l’exemple. Mais l’erreur de l'Eglise est devenue la vérité de Butler; de bonne foi, donc, il s’efforcera, lui, de scandaliser; par un choc, une surprise, il ébranlera ces âmes quiètes confites dans les petits et les grands mensonges de leur religion. À tout prix, il faut provoquer une affaire (« make a rom). Si elle tarde à surgir, ou si elle fait long feu, il essaiera d’accrocher l’attention du public par une autre manœuvre : soit en révélant la parenté du livre avec Érewhon, soit en écrivant « a little volume of prayers and meditations without any satire in them at all, but as feelingly as I can — », dont il fera publier qu’il est écrit par l’auteur d’Erewhon et de Fair Haven‘. « I should hope, écrit-il à Miss Savage, that attacks on The Fair Haven will give me an opportunity for excusing myself; and, if so, I shall endeavour that the excuse may be worse than the fault it is intended to excuses. »
1. « I have been unorthodox and militant in every book that I have written, » (Samuel Butler), N. B., p. 374.
2. Cf. Lettre de Samuel Butler à Miss Savage, 9 mars 1873 (M., I, 175) : « The reason why I did not write at the reader (if I have not) was simply because I dared not. It would have been unsafe for me to do so, for whatever I did had to be done with a view to stupid people not seeing through it at all, and even clever people being in a great deal of doubt. »
3. Lettre à Fleay, 24 mars 1873. Hoppé, 170. Cf. aussi, introd. de Streatfeild (2e édition), p. XI.