The Way of AU Flesh, ch. XVII
4. Cf. le poème du poète royaliste Shipman : The Perfect Genileman : John Howe of Langar.
5. Fam. Rel., p. 174, la lettre d'Alice Worsley. Les minuscules aquarelles qui l’illustrent sont fort amusantes et ne manquent ni d’habileté ni de fraîcheur. Elles feraient aimer Langar.
étaient une spécialité du pays. Mais Langar est situé loin de toute grande ville, et les distractions étaient rares au village. La vie se passait monotone et grise, assombrie par les longs jours de pluie et de solitude, s’animant parfois de quelque visite!, rythmée par les diverses fonctions du ministère paroissial. Le Révérend Butler, pasteur résident, à une époque où beaucoup de bénéficiaires de ces cures rurales déléguaient en leur lieu et place de jeunes vicaires maigrement payés, s’acquittait des devoirs de sa charge avec une conscience scrupuleuse. En dehors de la routine journalière, les deux principaux soins du recteur étaient ses sermons et ses bonnes œuvres. Il préparait sa prédication du dimanche par de longues et taciturnes lectures au coin du feu; ou bien, enfermé comme Théobald dans le silence de son cabinet, peut-être relevait-il des citations de la Bible pour en faire des « concordances? » Ses sermons, en tout cas — ils ont été détruits — ne devaient se faire remarquer ni par leur flamme ni par leur talent littéraire$. Mais la grande passion de Thomas Butler était la botanique. C'était loin d’être alors un goût original. La manie d’herboriser, comme celle de faire des expériences de physique, était très répandue dans les milieux bourgeois, et les jeunes filles même s’y livraient avec autant d’ardeur que les savantes de Molière à l'étude de l’astronomie. Le clergé rural, perdu dans ses cures lointaines, se distrayait en jardinant, en classant la flore locale. C’est à Charles Darwin, son ami, que le recteur de Langar devait cet amour des plantes’. Lorsque sa femme était malade, il cueillait pour elle chaque jour, en un geste délicat,
1. M., 1, 128. Les Worsley et les Butler se voyaient souvent, « the Worsleys staying with the Butlers at Langar, and the Butlers visiting the Worsleys in London ». M., I, 28.
2. W. of À. F., p. 68 : « After breakfast he retires to his study; he cuts little bits out of the Bible and gums them with exquisite neatness by the side of other little bits; this he calls making a Harmony of the Old and New Testaments. »
3. Mrs. Garnett rapporte qu’en dépouillant les papiers laissés par Thomas Butler à sa mort, son petit-fils, le cousin germain de Samuel, aurait dit : « Well, 1 don’t know that anyone was very much the better for all these sermons; but I am quite sure many are very much the better for his life. » Samuel Butler a pu entendre ce mot, car il assistait aux derniers moments de son père. Il en a en tous cas mis un semblable dans la bouche de Christina, parlant de Theobald (W. of A. F., 68).
4, il ER les dix dernières années de sa vie à organiser un grand herbier en 65 volumes pour l’école de Shrewsbury. Fam. Rel., A1.
5. Cf. Life and Lellers of Gh. Darwin, 1, 168 (et M,., I, 13).
précis et rituel une fleur des champs ou de son jardin, qu’il accompagnait, selon la mode du temps, de petits vers rimés pour elle!. Samuel, enfant, à son exemple et probablement sous sa direction, s’amusait à la chasse aux plantes. Il devint plus tard assez bon botaniste. D’Italie, 1l envoyait à son père des spécimens rares pour son herbier, ou rapportait lui-même, avec un peu de terre et quelques cailloux indigènes, des racines qu'il voulait transplanter?. Mais Thomas Butler, herborisateur de talent, était mauvais jardinier : il traitait ses plantes vivantes avec le même entêtement borné que ses enfants. Sans s'inquiéter de leurs besoins particuliers en eau, en terre, et en chaleur, il les mettait toutes d'autorité dans sa serre. Elles mouraient; et Samuel, qui rapporte ce trait, conclut avec une pointe d’ironique rancune : « Tout mon père est làÿ. »
Il est assez facile d'imaginer quelle pouvait être l’atmosphère religieuse et morale chez le pasteur Butler. Que Thomas Butler fût « Low Church » ou « High Church », importe assez peu. Dans Ainsi va toute Chair, Theobald, avec quelque tendresse secrète pour les non-conformistes{, établit sa position professionnelle à mi-chemin des opinions extrêmes, supprimant ainsi toute difficulté intérieure et extérieure, velléité de zèle ou démêlés avec son évêque. Thomas Butler semble avoir
1. Mrs. Garnett en donne 6 grandes pages. En voici deux échantillons (Fam. Rel., pp. 35 et 39) :
« Here I send you violets blue In token that my love is true, How I wish the scent they make Could relieve the blister’: ache. »
« Ked anemones to-day
Crown the labour of the way.
They did here from Bingham come.
In my hat T brought them home. »
Ge goût des petits vers badins ou sentimentaux, improvisés à l’occasion de menus faits de la vie, et adressés aux parents ou aux amis, était très répandu chez les anciens élèves des Public Schools et des Universités. Le chanoine Ainger, eontemporain de Samuel Butler et ami de ses sœurs, s'était taillé dans cet art une petite célébrité. Cf. Edith Sichel, Life and Letters of A. Ainger; voir p. 141 les vers que ses amis lui adressaient à leur tour lorsqu'il était malade.
2. Sur ce goût de Samuel Butler pour la botanique, voir surtout N. B., passim (p. ex. p. 271 : Samuel Butler guidant un chanoine et un évêque anglican en quête de woodsias); First Year : tout le chapitre IX; et Alps, passim. Son frère Tom avait aussi un pencliant pour la botanique, cf. M., I, 48.