‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 93 sur 255 · La comparaison est de Butler, Alps · texte numérisé non relu

La comparaison est de Butler, Alps

2. « It wanted, however, a châlet or two, or some sign of human handiwork in the foreground; as it was, the scene was too savage » (F. Y., p. 54). « How one does long to see some signs of human care in the midst of loneliness ! How one would like, too, to come occasionally across some little « auberge », with its « vin ordinaire » and refreshing fruit ! » (F. Y.,62). V. aussi F. Y., 76 et Fam. Rel., 165.

DUNRB., 270:

ANR, 220.

ne pouvait en son âge mûr apprécier, ni même excuser, la psychologie réaliste de ces pionniers. Les villageois du Dauphiné et de la Savoie l’avaient jadis amusé; mais à l’époque de son premier « Tourt » il était encore trop jeune pour savoir oublier à propos l’intransigeant préjugé de sa race, la propreté?. En somme, il avait apporté aux paysans de la Lombardie et du Tessin un cœur presque neuf et un sens de l’humain qui s’éveillait à peine. Peu à peu, d’un été à l’autre, il apprenait à les connaître. Il recherchait de préférence les endroits reculés où pouvaient se surprendre sur le vif les caractères originaux et les vertus essentielles d’une raceÿ; il découvrait, non pas le sauvage vertueux, cher aux philosophes du siècle précédent, mais de vrais hommes et de vraies femmes, beaux, bons et courtois, dont les défauts, à son œil charmé, prenaient presque figure de qualités; si différents en tout cas des « prigs » solennels qui lui rendaient trop souvent la vie insupportable à Londres et jusque dans les villages perdus de la campagne anglaise, avec leur clergé et leurs hobereaux. Il savait dénicher les auberges confortables, les « trattorie » sans luxe de façade, où l’on pouvait manger une savoureuse « minestraf » et boire les vins du pays. Surtout, il notait ceiles dont le patron était affable, la servante accorte, le vieux « Zio » rusé et plein d'histoires. Il aimait à se faire admettre dans l'intimité de ces foyers rustiques, s’asseoir à la table de la famille, faire la veillée près de l’âtre. Avec ces braves gens, vite devenus d’humbles amis, il se sentait de plain-pied. A la troisième visite, il se croyait, il devenait l’un d’eux. Cette impression le mettait tout à fait à son aise; sa politesse qui n’était plus alors ironique, mais souriante, se haussait sans peine jusqu’à la grâce aisée de la leurÿ. Et son humour, souvent tranchant et amer à la ville, se fondait ici dans une sympathie sans arrièrepensée.

Le baume, il faut le dire, semble naître en partie de l’infériorité intellectuelle de ceux qui l’entouraient. A Londres,

2. « An honest simple race enough but not overclean», Our Tour, dans F. Y., p. 227 et passim.

3, Cf. par exemple Alps, p. 123.

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