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catholiques à bord du navire (1). Dans l'après-midi, des vêpres solennelles furent chantées, ‘de manière que cet âpre désert “ en ce jour-là, fut changé en un petit paradis, où les louanges “ divines retentissaient jusques au ciel, au lieu qu’aupara- “ vant on n’y entendait que la voix des animaux qui cou- “ rent ces pres solitudes (?).
La chapelle du Père Huet subsista plus de six ans, respectée des sauvages comme des Français.
L'équipage du vaisseau du capitaine Morel se rendit bientôt à Québec, où les hivernnnts attendaient avec impatience des secours en vivres, car la famine com'nencait à faire sentir ses aiguillons. Le Père d'Olbeau accueillit avec une grande joie ses deux confrères, bien qu'ils fussent porteurs de nouvelles pen encourageantes. Partis l’année d’auparavant avec l'espoir de rencontrer en France un appui sur lequel ils avaient droit de compter, Champlain et le Père le Caron s’en revenaient les mains vides, aussi pauvres qu’en 1616. Qu'allaient-ils faire dans une conjoncture aussi pénible ? Comment parviendraient-ils à faire comprendre aux parties intéressées que la Nouvelle France allait être irrémédiablement perdue, s'ils ne la sustentaient de provisions de bouche ? S'en retourner dans leur pays, c’eût été, pour les missionnaires, désobéir à leurs supérieurs, qui en les envoyant au Canada, s’inspiraient du ciel plutôt que des hommes. Après avoir pesé le pour et le contre au poids du sanctuaire, ils décidèrent que le Père d’C'beau irait à son tour déposer aux pieds du roi les
(1) Le capitaine Morel était fervent catholique. Dans un voyage qu’il fit plus tard au Levant, il fut pris par les infidèles, qui l’'empalèrent pour avoir refusé de renier sa religion. Le frère Sagard dit qu’il connaît un autre bon capitaine du nom de Cananée. Voir note B en appendice : ‘‘ Guii'aume Cananée.”
(2) Sagard, Æist. du Canada, p. 48,
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plaintes des habitants, et lui ferait part de leur détresse, Champlain irait en France avec le missionnaire, il l’appuierait dans ses démarches et de son influence et de son autorité, Pendant keur absence, le Père Huet prendrait charge de la mission de Tadoussac, et le Frère Pacifique irait catéchiser les sauvages des Trois-Rivières.
Peu de temps après le départ des délégués pour la France, le Père Le Caron bénit avec toute la solennité requise le premier mariage qui se fit en Canada, celui d’Etienne Jonquest, natif de Normandie, avec Auue Hébert, fille aînée de Louis Hébert. L'histoire mentionne deux autres circonstances où il fut donné aux missionnaires d’administrer les sacrements de l'Eglise à cette époque où il n’y avait pas plus de cinquante âmes dans toute la Nouvelle France. Michel Collin recut l’Extrême-Onction le 24 mars 1616, et Marguerite Vienne, le 15 juillet de la même année, Cette dernière mourut et fut inhumée le 19 juillet. Si donc les Récollets ouvrirent un registre des mariages, sépultures et baptêmes, ils ont dû y enregistrer ces trois actes, à partir de 1615 jusqu’à l'automne de 1617.