‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 15 sur 117 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Lutte entre l’ancienne Compagnie et la nouvelle, — Lettre du duc de Mont. morency à Champlain. — Alarmes des commis. — Politique de conciliation adoptée par Champlain. — Se met en état de défense. — Arrivée de Pontgravé et de Guillaume de Caën à Tadoussac, — Le Père Le Baillif va au-devant d'eux, en compagnie de Champlain. — Départ du Père Le Baillif pour la France ; il y porte les griefs des habitants.

Le changement d'administration dans les affaires de la Nouvelle France provoqua les murmures des marchands de la compagnie qui, en réalité, n'avait fait que changer de nom en passant des mains du prince de Condé à celles de l'amiral duc de Montmorency. La compagnie de Rouen s’appellerait maintenant la compagnie des sieurs de Caën, qui avaient engagé de gros capitaux dans le commerce du Canada.

Les marchands de l’ancienne compagnie avaient espéré que Champlain serait relégué dans l'ombre, Ils étaient aussi insensés qu’ingrats ces sordides personnages, qui n’avaient pas de plus fidèle ami que cet homme dont ils voulaient se faire un adversaire. Le motif secret de leur antipathie est facile à saisir. Champlain voulait fortifier Québec, eux s’y opposaient ; Champlain désirait ardemment la création d’une colonie stable, vite peuplée, bien fournie de vivres et d’instruments agricoles, eux n’ambitionnaient que des profits ; Champlain enfin exigeait qu'ils tinssent leurs promesses, c'était là leur moindre préoccupation. Il le dit assez souvent : “ J'avais beau leur montrer les inconvénients qui pourraient ‘arriver, s'ils laissaient le pays sans défense ; que, par là,

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