‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 24 sur 117 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les interprètes. — Les hivernants.— Les colons. — Abraham Martin. —Louis Hébert, sa vie et sa mort,

Les premiers habitants de la Nouvelle France se composaient d’interprètes, de commis et de gens à gage. (C'était la “lasse des hivernants. Les autres se recrutaient parmi les capitaines et les marins, qui ne faisaient qu’une courte étape sur les rives du Saint-Laurent. Après avoir terminé leur commerce, ils s’en retournaient en France, le plus grand nombre pour ne plus revenir au Canada.

Dans la catégorie des hivernants, les interprètes constituent une physionomie spécialement intéressante, Leurs diverses fonctions pouvaient se résumer en deux principales : 1° Résider pendant une période indéterminée, des saisons entières et même des années, au milieu d’une tribu sauvage ;

2° Interpréter leurs compatriotes en temps de traite et les missionnaires pour leurs catéchismes et entretiens religieux. Le motif du commerce journalier avec les indigènes est bien facile à saisir, Les interprètes étaient chargés d'exercer une propagande active pour les induire à être ponctuels aux rendez-vous de traite, Ils agissaient donc comme des commisvoyageurs, avec cette différence qu'eux-mêmes ne se livraient pas généralement au trafic. Quelques interprètes remplissaient en outre les fonctions de commis, les deux n'étant pas incompatibles, Au contraire, leur connaissance des dialectes sauvages leur donnait plus de facilité pour l’expédition rapide des affaires, Aussi reccvaient-ils jusqu’à cent pistoles d’appointements, avec, en plus, une certaine quantité de peaux de castor qu’ils troquaient ensuite contre des marchandises,

Etienne Brûlé et Nicolas Marsolet, dont l’arrivée au pays coïncide avec la fondation de Québec, ne furent d’abord que de simples interprètes. J ‘unes tous deux, ils apprirent vite, le premier la langue huronne, le second, l’idiome algonquin. Brûlé passa presque toute sa vie au milieu des Hurons, qui l'adoptèrent comme un des leurs. Marsolet avait eu pour compagnons les Algonquins du haut de l'Outaouais. Il sut s'attacher cette nation puissante et habile à chasser les bêtes à la riche fourrure,

Les historiens du Canada mentionnent la présence en ce pays de plusieurs autres interprètes, dont les uns firent souche, et les autres prirent tour à tour le chemin de la France. Trois arrivèrent en 1613 : ce furent Nicolas du Vignau, Jacques Hertel et Thomas Godefroy ; on n’en signale qu’un en 1617, et c'est Jean Manet, qui dut se transporter au milieu des Nipissiriniens; un autre seulement en 1618, — ce n’est pas le moins célèbre, — Jean Nicolet, père d’une belle famille ; trois en 1621, du Vernet, le Baillif et Olivier le Tardif, Il

en vint deux en 1623, Jean-L'aul Godefroy et Jacques Couillard ; deux enfin, en 1624, Jean Richer et un nommé Lamontagne,

Douze interprètes, de 1608 à 1625, Sur ce nombre, les Godefroy, Marsolet, Nicolet, Hertel et le Tardif furent les seuls vraiment remarquables par le rôle qu’ils furent appelés à jouer dans les affaires du pays. Leur connaissance approfondie des langues des sauvages et de leurs habitudes, les rendirent aptes à traiter avec les naturels certaines questions délicates. C’est ainsi qu’ils rendirent des services très appréciables aux autorités religieuses et civiles, Mais peut-on faire remonter à ces hommes-là l’origine de la fAmille canadienne ? Oui, si on élargit un tant soit peu le cadre de leur vie nomade et aventureuse, Cependant leur établissement sur la terre canadienne ne fut qu’un accident de leur vie, Ils ne venaient pas au Canada avec l'intention de s’y fixer; ce n’est que plus tard qu’ils se décidèrent à fonder des familles, En attendant qu'on les retrouve faisant partie du groupe des colons, voyons quels furent les véritables pionniers de la race française.

De 1608 à 1613, il n’y eut ni colons ni chefs de famille, L'année 1613 vit arriver à Québec Abraham Martin, Nicolas Pivert et Pierre Desportes. Tous trois étaient mariés, et avaient emmené leurs femmes et leurs enfants. Abraham Martin avait une fille, Desportes aussi, et Pivert, une nièce, Guillaume Couillard vint en même temps qu'eux, mais il était célibataire. Lorsque les Récollets s’établirent à Québec, on n’y comptait pas d’autres familles. Retourné en France en 1613, Champlain revint en 1615, sans amener de familles. Louis Hébert fut le premier, en 1617, à renouer la chaîne interrompue de l’immigration. Nous avons écrit que l’apothicaire parisien s’était fait accompagner de sa femme et de ses trois enfants en bas âge. Ce fut probablement la même

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année, qu’Etienne Jonquest traversa la mer pour se fixer à Québec.

L'année suivante, une nouvelle famille venait grossir le petit noyau de population : c'était celle du chirurgien Adrien Duchesne, qui amenait son épouse, mais pas d'enfants. Eustache Boullé, frère de la femme de Champlain, appartient au groupe de 1618 (1).

En 1619, deux ménages qu’on avait cru utile d'envoyer de France, furent immédiatement renvoyés chez eux. Le chef de l’un était boucher et l’autre, fabricant d’aiguilles, deux métiers qui n'avaient guère leur raison d’être en ce pays.

En 1620, la colonie salua avec joie l’arrivée de la femme de Champlain (?), qui avait avec elle trois servantes, et dont Ysabelle Terrier est la seule connue (#).

De 1620 à 1625, l’histoire n’a conservé aucun nom de nouvelles familles. Les efforts de Champlain n'avaient abouti jusque-là qu’à un bien faible résultat, En fait de colons stables, on ne pouvait compter que huit familles, dont deux seulement étaient susceptibles de se multiplier : celles de Guillaume Couillard et d'Abraham Martin, Toutes ces familles réunies comprenaient vingt personnes, 14 adultes et 6 enfants ({).

(1) Voir note IH en appendice, (2) Voir note I en appendice.

(3) Voir pièce 5 en appendice.

(4) Ces familles se composaient comme suit: Abraham Martin, sa femme Marguerite Langlois, et leurs enfants Anne et Marguerite ; Pierre Desportes, sa femme Françoise Langlois ct leur fille Hélène ; Nicolas Pivert, sa femme Marguerite Lesage et leur nièce ; Louis Hébert, sa femme Marie Rolict, et leurs enfants ; Adrien Duchesne et sa femme ; Guillaume Couillard, sa femme Guillemette Hébert, et leur enfant, Louise ; Champlain ct sa femme, ifélène Boullé,

Et Québec était fondé depuis dix-sept ans !

Quand Abraham Martin arriva à Québec, ii était âgé de vingt-quatre ans. Les actes officiels lui décernent le titre de pilote royal, les Jésuites l’appellent maître Abraham, le vulgaire Martin l’Ecossais. Sa famille, assez nombreuse par la suite, donna à l'Eglise du Canada son deuxième prêtre— Charles-Amador Martin, qui naquit à Québec.

Abraham Martin, fut d’abord employé de la Compagnie de Rouen, Les émoluments de sa charge lui permirent d'élever sa famille à l'abri du besoin. Plus tard il se livra à l’agriculture ; c’est ce que nous portent à croire tes titres de deux terres qui lui ont appartenu, et que ses héritiers vendirent aux Dames Ursulines de Québec. La première de ces terres, contenant vingt arpents, lui fut donnée, en 1646, par Adrien Duchesne ; la seconde, de douze arpents, lui fut concédée par la compagnie de la Nouvelle France. Sa propriété tout entière reçut le nom de Plaines d'Abraham, nom étendu ensuite au plateau voisin, à proximité duquel fut livrée, en 1759, la célèbre bataille entre les armées anglaise et française (1).

Ce n’est qu’à de rares intrrvalles que l’on voit figurer le nom d'Abraham Martin dans nos annales. On le trouve plus souvent dans les registres de la paroisse de Notre-Dame de Québec, au cahier des baptêmes et des mariages, que dans la grande histoire. Celle-ci toutefois lui a réservé une place à part en sa qualité de père d’une nombreuse postérité, L'abbé Ferland dit que son nom, devenu fameux dans l’histoire, a

(1) D’après un ancien plan, ces terres étaient renfermées entre la Côte Sainte-Geneviève qui descend vis-à-vis du cimetière protestant; la rue Claire-Fontaine à l’ouest, le coteau Saint-Louis au sud, et une ligne suivant

la côte du coteau Sainte-Geneviève et se terminant à la Cescente nommée Côte d'Abruham.

été célébré, en vers et en prose, par les poètes et les écrivains de l’Angleterre,

Abraham Martin maria l’une de ses filles au célèbre voyageur Médard Chouart, sieur des Groseilliers, qui, en 1668, conduisait les Anglais à la baie d'Hudson, Une autre de ses filles épousa Jean Côté, souche de la famille de ce nom si répandue dans tout le Canada.

A côté d'Abraham Martin se place naturellement la belle figure de Louis Hébert, le type du génie colonisateur. Un mot sur sa vie,

Hébert, fils d’un apothicaire de Paris, au service de Catherine de Médicis, avait embrassé la carrière de son père, sans trop savoir probablement où elle le conduirait, La fortune ne venant pas à son gré, et d’autres raisons qui nous sont inconnues, l’engagèrent un jour à aller tenter le sort du côté de l’Acadie, Voilà pourquoi nous le voyons à Port-Royal, en 1606, occupé à la culture du sol, à côté de Champlain, Lescarbot et Poutrincourt. Il en était parti en 1607, mais il y retourna plus tard, car nous l’y retrouvons, en 1613, menant une vie bien modeste dans cette humble habitation de Port. Royal, qui alors ne comptait plus que cinq habitants, y compris deux Jésuites, les Pères Biard et Massé. Hébert remplaçait Biencourt, fils de Poutrincourt, comme lieutenant, et c’est en cette qualité qu’il put décacheter les missives de la reine apportées par la Saussaye, capitaine de vaisseau, La reine recommandait au maître de la place de laisser partir les deux religieux de Port-Royal, avec la permission d'aller où bon leur semblerait.

Le sort de Port-Royal étant ainsi scellé, Hébert ne s’y attarda pas davantage et il reprit le chemin de son pays natal, avec l'espoir sans doute de retourner en Amérique, Il

entrait das les destinées de l’apothicaire parisien de revoir un pays où il pourrait se livrer à un art auquel, suivant Lescarbot, il prenait beaucoup de plaisir. Aussi Champlain n'eut pas de peine à le persuader de quitter Paris avec sa famille, en 1617.

La première occupation d’'Hébert, à son arrivée à Québec, fut d'installer convenablement sa femme et ses enfants. Où se logea-t-il d’abord? Nous l’ignorons, mais il est certain qu’il ne tarda pas à construire une résidence à la haute-ville, au sommet de la côte de la Montagne, Sa maison était en pierre, et mesurait trente-huit pieds de long sur dix-neuf de large. C’est dans cet édifice que le Père le Jeune dit la messe en arrivant à Québec, en 1632.

Hébert se trouva bientôt possesseur de dix bons arpents de terre, à la haute-ville (}. Le duc de Montmorency, lui en fit la concession le 4 février 1623. Le duc de Ventadour, ratifia en 1626, (le 28 février), la gratification antérieure (?), et il lui donna en outre ‘“ une lieue de terre située proche “ Québec, sur la rivière Saint-Charles, qui a été bornée et “ limitée par les sieurs de Champlain et de Caëün.” Cette double concession fut octroyée à Hébert, à la suite d’une requête dans laquelle il représente “ qu’il est le chef de la première ‘famille française qui ait habité en ce pays depuis le commen- ‘“ cement du siècle, laquelle il a conduit avec tous ses biens “et moyens qu’il avait à Paris, ayant quitté ses parents et

(1) Ce terrain est occupé aujourd'hui par cette partie de la haute-ville qui s'étend depuis l’ancien palais épiscopal — où fut le palais législatif incendié en 1883 — , jusqu'à la rue des Pauvres ; au sud, ce terrain étais vorné par une ligne qui part de l'angle formé par la rue des Penvres ét 1" rue Saint-Jean, et se termine près de l’ancien évêché.

(2?) Voir Piece 6 en appendice.

“ amis pour donner ce commencement à une colonie et peu- “ plade chrétienne.”

Hébert n’eut pas la douleurde voir la capitulation de Québec, en 1629, car ilne vécut pas longtemps après être devenu le paisible propriétaire du petit domaine qu’il avait arrosé de ses sueurs, Le 25 janvier 1627, Hébert fit une chute dont les suites furent promptement mortelles, Laissons au Frère Sagard le soin de nous raconter les derniers moments de cet industrieux et intelligent cultivateur :

‘“ Dieu voulant retirer à soi ce bon personnage et le récom- “ penser des travaux qu’il avait soufferts pour Jésus-Christ, “ Jui envoya une maladie, de laquelle il mourut cinq ou six “ semaines après le baptême de cette petite fille de Kake- “ mistic. Mais auparavant que de rendre son âme entre les “ mains de son Créateur, il se mit en l'état qu'il désirait “ mourir, reçut tous ses sacrements de notre Père Joseph le “ Caron, et disposa de ses affaires au graud contentement de “ tous les siens. Après quoi il fit approcher de son lit sa “ femme et ses enfants auxquels il fit une briève exhorta- “ tion de la vanité de cette vie, des trésors du Ciel, et du “ mérite que l’on acquiert devant Dieu en travaillant pour “ le salut du prochain.

‘“ Je meurs content, leur disait-il, puisqu'il a plu à Notre- “ Seigneur me faire la grâce de voir mourir devant moi des “ sauvages convertis. J'ai passé les mers pour les venir secou- “ rir plutôt que pour aucun intérêt particulier, et mourrais “ volontiers pour leur conversion, si tel était le bon plaisir de “ Dieu. Je vous supplie de les aimer comme je les ai aimés, “ et de les assister selon votre pouvoir, Dieu vous en saura «“ gré et vous en récompensera en Paradis ; ils sont créatures “ raisonnables comme nous et peuvent aimer un même Dieu “que nous, s'ils en avaient la connaissance à laquelle je

ce

vous supplie de leur aider par vos bons exemples et vos prières,

“ Je vous exhorte aussi à la paix et à l'amour maternel et filial que vous devez respectivement les uns aux autres, car . en cela vous accomplirez la loi de Dieu fondée en charité; cette vie est de peu de durée, et celle à venir est pour l'éternité; je suis prêt d’aller devant Dieu, qui est mon juge, auquel il faut que je rende compte de toute ma vie passée, priez-le pour moi, afin que je puisse trouver grâce devant sa face, et que je sois un jour du nombre des élus ; puis levant la main, il leur donna sa bénédiction, et rendit son âme entre les bras de son Créateur, le 25° jour de janvier 1627, jour de la Conversion de saint Paul, et fut enterré au cimetière de notre couvent, au pied de la grande croix, comme il avait demandé étant chez nous, deux ou trois jours avant que de tomber malade, comme si Dieu lui eût donné quelque sentiment de sa mort prochaine.”

Le même Frère fait aussi l'éloge de Louis Hébert: “ La mort du sieur Hébert fut autant regretté des sauvages que des Français mêmes, car ils perdaient en lui un vrai père nourricier, un bon ami, et un homme très zèlé à leur. conversion, comme il a toujours témoigné par effet jusqu’à la mort, qui lui fut aussi heureuse comme sa vie avait pieusement correspondu à celle d’un vrai chrétien sans fard ni artifice. Je ne peux être blâmé de dire le bien où il est, et de déclarer la vertu de ce bon homme, pour servir d’exemple à ceux qui viendront après lui, puisqu'elle a éclaté devant tous et a été en bonne odeur à tous.”

Pendant que le fondatenr de Québec portait ses principaux

efforts de l’autre côté de l'océan, pour consolider son œuvre, le pauvre colon donnait ici l'exemple de la constance à réaliser l’idée colonisatrice qui l'avait engagé à quitter Paris, pour

venir défricher les terres de la Nouvelle France, N’eût-il été qu'un modeste employé à la solde des compagnies mercantiles, ne comptant que sur elles pour soutenir sa famille, il n’y a pas de doute qu'il se fût bientôt découragé, et qu’à sa suite Couillard, Martin et les autres eussent repris la route de France, dégoûtés des injustices dont ils étaient les victimes. Notre reconnaissance ne saurait donc être trop profonde à l'égard de ce héros, dont le nom est resté synonyme de loyauté à Champlain, de fidélité à la religion de ses pères et de désintéressement pour ceux qui vécurent à ses côtés, pendant les dix années qu’il passa à Québec. N'oublions pas d'appliquer un pareil éloge à Couillard, gendre de Hébert. De tels hommes sont des bienfaiteurs de leur pays d'adoption; ils en ont développé les richesses par leur travail sagement dirigé vers la culture du sol.

Guillaume Couillard était breton d’origine. Son père, qui s'appelait aussi Guillaume, vécut à Saint-Malo (1), patrie de

Jacques Cartier. Par quel hasard le fils G'illaume vint-il échouer sur nos plages ? L'histoire ne le dit pas, car on ne connaît rien de lui avant qu’il arrivât au pays. Entré comme matelot sur le navire qui amena Champlain en 1615, il ne retourna en France que pour peu de temps. A Québec il vécut d’abord des gages qu’il recevait des commis. ‘“ Bon

(1) Nous lisons dans le registre de tabellionage de Maitre Paul Bréard, notaire, à Honfleur, à la date du 17 avril 1622 : ‘ Henri Choppard s’est ‘‘soumis envers honnête homme Guillaume Couillard, fils Guillaume, de ‘ Saint-Malo, à hyverner en la terre de Canada pendant le temps de deux ‘“hyvers prochains, moyennant sept vingt dix livres tournois pour le dit “temps plus son passage et nourriture.”?

Le 7 mars 1633 les héritiers de Henri Choppard, décédé au Canada, réclamaient à Guillaume Couillard les 150 livres promises à Choppard et donnaient procuration à François de Buttin, de Honfleur, partant pour le voyage de Canada. — Choppard vivait à Pennedepie, près Honfleur,

“ matelot, charpentier et calfeutreur ”, Couillard put se rendre utile à beaucoup de gens et surtout à Champlain, lors de la construction du fort Saint-Louis,

La famille Couillard-Hébert a laissé une nombreuse descendance, Nos familles canadiennes quelque peu anciennes remontent par leurs ancêtres jusqu’à Couillard. Plusieurs de ses descendants se sont signalés par des services rendus au Canada et à la France. Un de ses petits-fils obtint des lettres de noblesse pour lui et sa postérité. Hébert, Couillard, Martin ! Ces trois hommes doivent être regardés comme les piouniers de la forte race de nos agriculteurs. Trinité providentielle et bénie, que nous ne pouvons trop nous lasser d’admirer dans ses œuvres, rendues fécondes par l'amour du bien et la pratique des vertus chrétiennes.

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