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CHAPITRE DIXIÈME

Départ de Champlain et des Religieux pour Tadoussac. — Le séjour qu’ils y font.— Le Père de Brébeuf et Jacques Michel. — Trahison des irterprètes. —Départ pour l'Angleterre et la France — Armements faits en France pour secourir la colonie. — Le capitaine Daniel, le Père Noyrot et le Chevalier de Rasilly. — Insuccès de ces trois armements. — Opinion de Faillon sur la capitulation de Québec. — Familles restées au pays.

“ Depuis que les Anglais ont pris possession de Québec,” s'écrie Champlain, “ les jours me semblaient des mois.” (Cet ennui s'explique aisément, A la vue de ce remue-ménage dont le fondateur était le témoin malgré Ini, le séjour de Québec lui était devenu insupportable, Louis Kirke avait cependant de grands égards pour Ch:mplain ; il lui avait même permis d'emmener à Tadoussac ses deux petites filles adoptives, C’était une faveur d'autant moins attendue, qu’une des clauses de l’acte de capitulation lui avait enlevé tout espoir de les conduire en France. Mais il voulait tenter un suprême effort, et acheter, s’il le fallait, leur liberté, car son plan était de les façonner aux coutumes françaises et de les christianiser,

N’ayanc aucun intérêt à séjourner plus longtemps dans un lieu où le spectacle d’un ennemi glorieux sans motif légitime l’humiliait profondément, Champlain se retira à Tadoussac; c'était se rapprocher un tant soit peu de la France, 11 quitta Québec le 24 juillet, et le lendemain l’on aperçut dans les environs de la Malbaie un navire qui voguait à pleines

voiles, cherchant sans aucun doute à échapper à toute poursuite. L'on comprit par cette tentative de retraite que c'était un voilier français. En effet c'était Emery de Caën, qui se rendait à Québec y recueillir les pelleteries de son oncle, Son vaisseau fut capturé.

Le séjour de Champlain à Tadoussac fut marqué d’incidents qu’il raconte lui-même avec un grand luxe de détails. Le fanatisme religieux eut l’occasion belle de se faire jour, et souvent de la pire façon, au sein de cette petite population mélangée de catholiques, de huguenots, de Français et d’Anglais. Au milieu des Francais se trouvait le Père de Brébeuf, qui n’aimait pas à s’en laisser imposer par des gens beaucoup plus irréconciliables que les Hurons.

Un huguenot français, du nom de Jacques Michel, se montra le plus zélé dans une espèce de croisade montée contre les religieux, Un jour, il eut le courage de dire que les Jésuites étaient venus au Canada pour nuire au commerce des sieurs de Caën. “ Pardonnez-moi, Monsieur, lui répliqua le Père de Brébeuf, nous n'avons été conduits ici que par le désir de procurer la gloire de Dieu et la conversion des sauvages.” Là-dessus Jacques Michel eut l’effronterie d'ajouter : “ Oui, convertir les sauvages ! dites-donc plutôt convertir les castors ! ” — “ Cela est faux,” répartit le Père, piqué au vif. Furieux, Michel levant le bras comme pour frapper le religieux : “ Si je n'étais pas retenu par le respect que je dois à mon chef, dit-il, je vous appliquerais un soufflet pour votre démenti.” — “ Je vous demande pardon, reprit aussitôt le Père de Brébeuf. Mon intention n’était pas de vous blesser, et si ma réponse vous a fait de la peine, je la regrette.”

Cette demande d’excuse ne parut pas satisfaire Michel, et

il se mit à blasphémer contre Dieu, au grand scandale de Champlain qui lui dit : “ Comme vous jurez, pour un réformé, — “ C’est vrai, répliqua le Huguenot, mais je suis furieux contre ce Jésuite, qui m’a donné un démenti, Je veux être pendu plutôt que de laisser passer la journée de demain sans lui donner la paire de soufflets qu’il mérite.”

La journée du lendemain ne fut pas ce que l’arrogant en attendait, Dieu lui ménageait un juste châtiment de ses blasphèmes et de ses injures. Michel but au point de s’enivrer, et son orgie se termina par une apoplexie foudroyante, qui lui accorda cependant trente-cinq heures de vie. Au bout de ce temps, il mourut sans avoir pu se reconnaître,

Cette terrible leçon ne sembla point profiter à l'amiral, Au lieu de faire inhumer le défunt sans bruit, dans quelque coin écarté de la forêt, il lui fit préparer de magnifiques funérailles avec les honneurs militaires. Lorsque le corps fut déposé dans la fosse, les canons des vaisseaux tirèrent plus de quatrevingts coups, comme pour un officier de haut'grade, On n’eût pas fait davantage pour l'amiral lui-même, Quelque soin que l’on prit pour glorifier ce misérable, traître à son Dieu et à son roi, la Providence, qui se plaît à déjouer les desseins pervers des humains, permit que les sauvages le sortirent de sa fosse pour le donner en vile pâture aux chiens. Le Père de Brébeuf, ou plutôt la religion dont il était le ministre, se trouv. vengé, et la lecon aurait dû profiter à d’autres qui, à l'instar de Jacques Michel, trahirent alors leur patrie, comme Brûlé, Le Baillif, Reye et Marsolet, Examinons leur conduite.

Etienne Brûlé, en sa qualité de truchement, rendit de nombreux services aux Français. Malheureusement sa conduite privée au milieu des Hurons le mit en suspicion, et il eût bientôt expié ses méfaits, si les sauvages ne l'avaient accepté

comme un des leurs, A eux aussi il se rendait souvent utile, et les sauvages ne manquent pas plus de reconnaissance envers ceux qui leur font du bien qu’ils n’oublient une injure, Descendu du pays des Hurons au printemps de 1629, Brûlé courut se réfugier à Tadoussac sous l’étendard anglais. L’amiral lui compta cent pistoles pour son allégeance (1).

Le cas de Marsolet (?), était à peu près identique, bien qu’il ne soit pas prouvé qu’il vécut dans le libertinage au milieu des Algonquins, dont il avait été l'interprète depuis 1608, Marsolet et Brûlé prétextaient que l'amiral Kirke les avait pris de force. “ C’est ce qui n’est pas croyable, dit Champlain, car en ces choses prendre un homme par force, ce serait plutôt espérer le service qu’une fidélité” Champlain les réprimanda tous deux : “ Vous perdez votre honneur, leur dit-il, on vous montrera au doigt de toutes parts, en quelque lieu que vous soyez, en disant : voilà ceux qui ont trahi leur roi et vendu leur patrie. Il vaudrait mieux pour vous mourir que de vivre de cette facon, car quoi qu'il arrive, vous aure: toujours un ver qui vous rongera la conscience. “ A cela ils répondaient : “ Nous savons très bien que si l’on nous tenait en France, l’on nous pendrait, Nous en sommes bien fâchés, mais la chose est faite, il faut boire le calice, puisque nous y sommes, et nous résoudre de ne jamais retourner en France.” —“ Si l’on vous attrape, dit Champlain, vous qui êtes sujets à voyager, vous courrez fortune d’être pris et châtiés.”

Brûlé fut tué plus tard par les sauvages, mais Marsolet devint un bon citoyen, et les alliances de ses enfants furent très honorables.

(1) Voir note N.

(2) Voir note O.

Pierre Reye était un vilain sujet, “ l’un des plus perfides traîtres et méchants,” au témoignage de Champlain. Sa trahison ne surprit personne ; c'était dans ses habitudes,

Le Baillif était vicieux et voleur. La nuit qui suivit la prise de possession du magasin, il trouva moyen de soustraire parmi les effets de Corneille de Vendremur, commis, cent livres en or et en argent, une tasse d'argent et quelques paires de bas de soie. Il fut aussi soupçonné d’avoir enlevé dans la chapelle de la basse-ville, un calice d'argent doré valant plus de cent livres, don d’Anne d'Autriche. Bien qu’il se dît catholique, Le Baïllif faisait gras les jours d’abstinence, afin de complaire aux protestants. Il traitait les Français comme des chiens, “Je le laisserai pour ce qu’il vaut, s’écrie Champlain, attendant qu’un jour Dieu le châtie de ses jurements, blasphèmes et impiétés.”

Cette quadruple trahison fut extrêmement sensible au cœur de Champlain, qui semble ne pas pouvoir comprendre que pareille ingratitude pût se rencontrer chez des personnes qu’il avait comblées de faveurs et auxquelles il avait mis le pain à la bouche. Pourtant il se trouvait en présence d’une conduite, blâmable sans doute, mais de peu de conséquence, car cette trahison. ne fut pas la cause de la perte de la colonie, Les Kirke se servirent de ces misérables comme d’instruments pour servir à leurs fins de spéculations, sans toutefois leur accorder plus de confiance qu’il ne fallait.

Le séjour des Français à Tadoussac devait durer plusieurs semaines, et ce retard causa beaucoup d’ennuis à Champlain. Cependant, dit-il, “ nous passâmes le temps le mieux qu’il nous fut possible.” Le général David Kirke consacra d’abord dix à douze jours à faire le voyage de Québec. Il voulait s'assurer par lui-même comment son frère Louis avait disposé

de tout, et quel avantage il pourrait retirer de ce pays. Se croyant roi et maître du sol de la Nouvelle France, il formait déjà des projets d'avenir brillants, avec la perspective d’y pouvoir amener des colons, qui feraient fructifier les richesses naturelles du pays,

A son retour à Tadoussac, le général convoqua tous ses capitaines de vaisseaux à un grand dîner, auquel Champlain fut aussi convié, Une tente entourée de branchages servit à abriter les dîneurs. Vers la fin du repas, David Kirke communiqua à Champlain une lettre de Marsolet, l’informant que les chefs sauvages, réunis en conseil aux Trois-Rivières, avaient résolu de ne point laisser partir pour la France Espérance et Charité, deux des petites filles adoptées par Champlain. Ce fut un coup de foudre pour notre héros, qui se berçait encore de l'espoir de les garder à son service. Mais, quelques démarches qu'il fit par la suite, tout fut inutile, car il existait toute nne conspiration montée par le traître Marsolet, Les scènes qui s’ensuivirent prouvent jusqu’à quel point ces enfants étaient attachées à leur maître.

Champlain rapporte plusieurs faits qui ne sont pas à l’honneur des Kirke, Ainsi lors du voyage de l’amiral à Québec, il avait réprimandé son frère parce qu’il avait permis aux religieux de célébrer la sainte messe, Cette permission leur fut enlevée de par son ordre,

Au moment où les Jésuites allaient s’embarquer pour Tadoussac, Louis Kirke fit ouvrir en sa présence un coffre dans lequel ces religieux avaient mis en sûreté les objets du culte. Avisant une boîte, qui contenait un calice, Kirke voulut s’en emparer, Mais le Père Massé lui dit: “ Monsieur, c’est une chose sacrée, ne la profanez pas, s’il vous platt.”— “ Quoi, dit l’autre, en jurant, nous n’ajoutons aucune foi à vos

superstitions ! ” Ce disant, il prit le calice dans ses mains sacrilèges, comme pour braver le Jésuite.

Le général Kirke refusa aux catholiques le privilège de faire leurs prières en public. Cet acte d’intolérance est blâmé par Champlain.

Pendant son séjour à Tadoussac, Champlain et l'amiral se livrèrent aux plaisirs de la chasse. Ils tuèrent plus de vingt mille alouettes, pluviers, bécassines et courlieux. Dans l'intervalle, les matelots abattirent des arbres pour mâts et du bouleau que l’on devait transporter en Angleterre, Ils chargèrent 4540 peaux de castor provenant de la traite, 1713 autres enlevées du magasin et 432 peaux d’élan. Les Français cependant n'avaient pas tout livré ; quelques-uns avaient fait des cachettes importantes, et d'autres avaient gardé quelques peaux de castors, avec l’agrément du vainqueur,

Quant aux Récullets et aux Jésuites, ils s’en retournèrent plus pauvres qu’ils n'étaient venus,

Champlain conservait son bagage en entier.

Au commencement de septembre, le général fit déposer dans une moyenne barque des provisions pour Québec, et donna l’ordre à ceux qui restaient au pays d’y prendre passage, La barque devait ramener à Tadoussac les Récollets et quelques Français, qui n'avaient pas jugé à propos de quitter Québec en même temps que Champlain et les Jésuites.

Le 14 septembre, la flotte anglaise levait l'ancre, emportant Champlain, les Jésuites, les Récollets, et les deux tiers des Francais, c’est-à-dire presque toute la colonie, La traversée fut assez prompte, mais très orageuse, Onze hommes d'équipage moururent victimes de la dyssenterie,

Le 20 octobre, la flotte relâcha à Plymouth, où Kirke appril,

à son grand désappointement, que la paix, conclue le 24 avrit

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précédent, avait été ratifiée le 16 septembre. Tous les Français, excepté Champlain, prirent passage à Dover pour la France. De son côté, le fondateur de Québec se rendit directement à Londres, dans le but de raconter à l'ambassadeur francais, M. de Châteauneuf, les événements qui venaient de se dérouler en Canada, et de s'entendre avec ce haut personnage pour presser la restitution de la colonie française.

Les religieux débarquèrent à Calais vers la fin d'octobre. Le Père Massé retourna à son ancien poste de ministre au collège de La Flèche. Le Père de Nouë alla à Bourges, Quant au Père de Brébeuf, il entra au collège de Rouen, théâtre de ses premiers travaux, Il prononca ses vœux de coadjuteur spirituel, le 30 janvier 1630, dans la chapelle du collège, entre les mains du Père Bertrix, alors recteur, Trois autres Jésuites, que nous retrouverons bientôt sur le sol canadien, professaient dans ce même collège. C’étaient le Père Charles Lalemant, le Père Jogues, dont la vie fut un vrai roman, et le Père Simon Lemoyne, l’un des plus remarquables missionnaires chez les Iroquois. Le Père de Brébeuf ne devait retourner dans sa chère mission huronne que plusieurs années après, abandonnant pour ce dessein le petit collège d'Eu dont il était procureur, Le Père Massé reprit, en 1633, l'œuvre qu'il avait forcément interrompue, quatre années auparavant,

La capitulation de Québec a provoqué des réflexions de diverse nature, L'abbé Faillon a écrit: “ La reddition de Québec et le transport de tous ces colons en France, forme un des épisodes les plus singuliers de l'histoire du Canada. Malgré tant de secours envoyés, malgré le traité de paix conclu entre les deux couronnes, Québec est pris, et tous les hommes de de Caën sont transportés en France, en sorte qu'il ne reste plus en Canada que la seule famille Hébert, qui même n’y

séjourna que pour la récolte, Si les secours dont nous parlons fussent arrivés à temps; si le sieur de Roquemont fut allé droit à Québec; si le capitaine Daniel se fût borné à remplir sa commission, sans entreprendre une expédition militaire, le pays eût été conservé, et les colons fussent restés à Québec, Car, il est bien probable que la compagnie des Cent- Associés, obligée de faire passer, dans le courant de l’année 1628, de deux à trois cents hommes dans la Nouvelle France, il eût retenu en grande partie ceux de de Caën, qui connaissaient le pays et pouvaient être très utiles pour le commerce, La Providence ménagea sans doute tous ces événements, si malencontreux en apparence, pour éloigner du pays tous ces hommes dont la conduite avait été jusqu'alors un obstacle à la propagation de l'Evangile chez les sauvages, et pour former ensuite, dans le même lieu, une nouvelle colonie, toute composée de catholiques.”

La capitulation de Québec n'aurait certainement pas eu lieu, si les secours envoyés de France, en 1628 et en 1629, fussent parvenus à destination, En 1629, trois expéditions avaient été préparées dans le but de sauver le Canada, et toutes trois avortèrent par un concours de circonstances bien malheureuses, et dont le résultat fut, pour la France, la perte de sa colonie, et, pour les Kirke, une aubaine apparemment précieuse,

Le capitaine Daniel, de Dieppe, parti à la tête de quatre navires et d’une barque chargée de vivres et de munitions, apprit, en route, qu'ue pêcheur écossais du nom de James Stuart, avait construit un fort au Cap-Breton, à l'endroit appelé Port-aux-Baleines, afin de protéger ceux de sa nation qui viendraient pêcher dans ces parages. = Au lieu de se rendre à Québec, comme c’eût été son devoir, Daniel perdit beaucoup de temps à ruiner le fort des Ecossais et à en construire

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un au Grand-Cibou dans le but de tenir les intrus en échec, Il y laissa quarante hommes et deux Jésuites, les Pères Vimont et Vieux-Pont, puis, ayant arboré les armes françaises, il retourna dans son pays, sans plus se soucier de l'habitation de Québec que si elle n’eût jamais existé (1), Ce ne fut là qu'une première faute, cause d’un premier malheur.

Les Jésuites avaient aussi préparé à grands frais un armement destiné à Québec, Le Père Noyrot, que l’on retrouve toujours à la tête de ces expéditions plus ou moins aventureuses, amenait avec lui deux confrères, le Père Charles Lalemant, qui revenait après une absence de près de deux ans, et le Père de Vieux-Pont, ainsi que le Frère Louis Malot, et vingt-quatre personnes en tout, Poussée par une violente tempête, la barque fit naufrage près des îles de Canseau, le jour de la Saint-Barthélemy. Quatorze passagers périrent dans les flots, entre autres le Père Noyrot, deux de ses neveux et le Frère Malot. Les autres échappèrent comme par miracle,

Enfin le chevalier de Rasilly avait reçu l’ordre de se porter au secours de Québec, quand on apprit que la paix entre la France et l'Angleterre avait été conclue, le 24 avril, par le traité de Suze, Rasilly vit sa commission révoquée, et au lieu de se rendre à Québec, il fit le voyage du Maroc.

L'abbé Faillon fait erreur quand il dit qu’il ne resta à Québec que la seule famille Hébert, car il est certain qu’il en demeura au moins cinq autres, peu nombreuses à la vérité, mais formant une population d'environ 30 âmes (?). Les

(1) Daniel était porteur de lettres pour Champlain, et d’une commission de l’Intendant et des directeurs de la Compagnie de la Nouvelle France. — Voir en appendice Pièce 12.

(2) Voir notes P et Q en appendice,

hommes de de Caën ne comptaient plus dans la colonie, Si l'on place les interprètes dans cette dernière catégorie, l’on peut affirmer sans crainte que même les gens de de Caën ne retournèrent point en France. La Providence éloigna temporairement du Canada les hommes les plus influents, mais elle permit la stabilité des véritables colons. Ce fut un bonheur pour le pays, :ar qui sait si la France eût revendiqué ses droits sur sa colonie, si elle n’eût eu d'autre ambition à poursuivre que d'étendre son commerce ? En engageant ces familles à demeurer à Québec, Champlain savait très bien ce qu’il faisait, L’abandon de ces Français eût été un acte de lâcheté, et le fondateur de Québec avait une meilleure opinion de ses compatriotes d'outre-mer,

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