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voies de fait, Une nuit, pendant que leurs compagnons doraient, ils les assassinèrent lâchement, et puis ils ensevelirent les cadavres dans la neige, Quand ils furent retournés vers le gros de leur nation, ils expliquèrent la disparition des six Iroquois, en disant qu’ils s'étaient noyés,
Quand arriva la fonte des neiges, les cadavres des Algonquins furent retrouvés à l'endroit où les meurtres avaient été commis, et dès lors les Iroquois comprirent que leurs frères avaient été victimes d’assassinats qui criaient vengeance, Ils se plaignirent au principal chef de là nation algonquine ; celuici refusa de leur rendre justice. Loin de là, il menaça de les exterminer eux et toute leur nation. Les Iroquois s’en retournèrent chez eux, et quand ils eurent raconté les faits précédents, le meurtre de leurs compagnons, l’affront dont ils avaient été l’objet de la part du capitaine algonquin, il fut résolu de faire expier chèrement à cette orgucilleuse nation les crimes qu’elle semblait approuver, Se sentant trop faibles pour attaquer des gens aussi aguerris, ils prirent le parti de quitter les rives du Saint-Laurent pour se réfugier près dn lac Erié, dans le voisinage des Chaouanons. Maïs cette uation féroce ne prit pas de temps à les refouler au sud du lac Ontario, où ils se fixèrent définitivement et où nous les retrouvons en 1615,
Depuis plusieurs années déjà les Iroquois avaient poursuivi les Algonquins et les Chaouanons, et ils leur avaient fait expier dans le sang leur conduite barbare, à la suite de guerres assez voisines de l’extermination, Les Iroquois étaient devenus d’une habileté de premier ordre, On disait d'eux qu'ils arrivaient en reuards, attaquaient comme des lions, et fuyaient aussi promptement que les oiseaux, tant ils étaient fins, braves et agiles à la bataille, Les Chaouanons furent forcés de fuir jusqu’à la Caroline ; les Algonquins réussirent à
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rester chez eux, grâce à leur alliance avec les Hurons d’abord et puis avec les Français en dernier ressort, Et nous pourrions ajouter avec Charlevoix, ‘“ que sans les Français, il ne serait “ plus question aujourd’hui d'aucune des nations qui ont osé “ s'opposer à ce torrent,”
Tel est l'historique succinct de la migration iroquoise des bords du Saint-Laurent au sud du lac Ontario. Lorsque Champlain aborda pour la première fois à Québec, il n’y trouva pas de tribus sédentaires, mais seulement des groupes épars, qui ne faisaient leur apparition qu à certaines époques de l’année, C'était des Montagnais ou Algonquins inférieurs, dont les occupations consistaient à pêcher et à chasser dans les environs de l’ancienne Stadaconé, Les Indiens des bourgades mentionnées par Jacques Cartier étaient disparus.
La confédération iroquoise comprenait cinq cantons bien distincts, dont le plus rapproché du lac Champlain était composé d’Agniers, et le plus lointain de Tsonnontouans, les moins féroces de Ja bande. La famille iroquoise grandit en s’incorporant d’autres nations ou débris de nations asservies, C’est ainsi que les Tsonnontouans absorbèrent les Aondirons de la nation Neutre et les Onnontiagas. Les Mahingans ou Loups finirent par être naturalisés iroquois. Les Atiaoureks, les Trakouachronons et les Atiraguenreks subirent tour à tour le joug des Cinq-Cantons et se fondirent dans la masse, La nation Neutre et la nation du Feu elles-mêmes furent littéralement absorbées par l'Iroquois dominateur, Même les Hurons Tohontaenrats se réfugièrent chez les Tsonnontouans, et les Attignaouantans coururent se livrer aux Agniers,
L'armée iroquoise cependant ne fut jamais très nombreuse, comme on pourrait se l’imaginer. La Relation de 1660 l’estimait alors à environ 2,200 guerriers, ainsi répartis: 1,000 Tsonnontouans, 500 Agniers, 100 Onneiouts, 300 Onnonta-
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gués et 300 Goyogouins, Les Hurons étaient plus populeux, bien que leur pays couvrit un moindre espace,
Jetons maintenant un coup-d'œil sur le pays des Hurons qui vingt-cinq ans après la première visite de Champlain, devait être dévasté par les Iroquois et ruiné à tout jamais,
“ En cette étendue du pays, écrit le Frère Sagard Théodat, “il y a environ vingt ou vingt-cinq tant villes que villages, “ dont une partie ne sont point clos ni fermés, et les autres “ sont fortifiés de longucs boises de bois à triple rang, à la ‘“ hauteur d'une longue pique, entrelacées les unes dans les ‘autres, et redoublées par dedans de grandes et grosses écor- ‘“ ces, de huit à neuf pieds de haut, et par-dessous il y a de “ grands arbres posés de leur long, sur les troncs des arbres, “ faits en fourchettes, fort courtes pour les tenir en état, puis ‘au-dessus de ces palissades et fermetur.s il y a des galeries ‘ou guérites qu’ils appellent Ondaqua, lesquelles ils garnis- “ sent de pierres en temps de guerre pour ruer sur l'ennemi ‘et d’eau pour éteindre le feu qu’on pourrait appliquer (1),
Ces vingt-cinq villes et villages peuvent être ‘“ peuplés de deux ou trois mille hommes de guerre, au plus, “ sans y comprendre 1. ‘ommun, qui peut faire en nombre “ trente ou quarante mille âmes en tout, La principale ville “avait autrefois deux cents grandes cabanes, pleines cha- “ cune de quantité de ménages ; mais, depuis peu, à raison que “ les bois leur manquaient, et que les terres commencaient à “s’amaigrir, elle est diminuée de grandeur, séparée en deux, ‘et bâtie en un autre lieu plus commode |?).”
La nation huronne, comme nous l’avons vu, se composait de quatre tribus principales, La tribu de l’Ours ou des Atti-
(D) Sagard, Æist. du C'anada, Ed. Tross, p. 284, 235. (2) Sagard, Le grand Voyage du Pays des Hurons, Ed, Tross, p. 80.
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gnaouantans était la plus considérable avec la tribu de la Corde, Sa population formait la moitié de toute la grande famille, c’est-à-dire environ 15,000 âmes. Elle avait la réputation non méritée d’être la plus méchante et la plus perfide. On lui attribue le meurtre du truchemer& Etienne Brâûlé et la mort tragique du Père Nicolas Viel, récollet, Or, le Père de Bréb:uf, qui dut : prendre à les connaître, nous dit qu’à l'exception de quelq :s mauvais garnements, qui se rencontrent partout, les sauvages de la tribu de l’Ours étaient doux, affables, vivant en bonne intelligence entre eux et avec leurs voisins, obligeants pour leurs amis, charitables à secourir les pauvres et les malades, polis, courtois, et ne se mariant jamais dans la parenté, à quelque degré que ce fût. Bref, à l'éloge que ce Père en fait, l’on serait porté à croire qu’ils n’avaient de sauvage que le nom (1).
Quelques aunées plus tard, la tribu de l’Ours comptait quatorze bourgades et les Jésuites y avaient treize missions à desservir (2). La mission tout entière s'appelait l’Immaculée- Conception, et son siège principal était à Ossossané qui avait remplacé la Tequenonguiaié de Sagard et la Carhagouha de Champlain. Le Frère Sagard avait, en 1623, baptisé cette bourgade du nom de Saint-Gabriel — c'était le nom de baptême du religieux récollet, — et les Français l’appelaient La Rochelle (#). Ossossané était, de toutes les bourgades de la tribu de l’Ours, la plus rapprochée des Iroquois. La carte, ou plutôt le cartouche annexé à la célèbre carte du Père du
(1) Relation de 1636, p. 18,
(2) Ces missions étaient: Saint-François-Xavier, Saint-Charles, Saint- Martin, Saint-Antoine, Saint. Etienne, Sainte - Agnès, Sainte-Geneviève, Sainte-Cécile, Sainte-Catherine, Sainte. Madeleine, Sainte-Thérèse, Sainte- Barbe et la Conception.
(3) Relation de 1633, p. 38.
Sortie re HET