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Creux, la place sur la côte occidentale de la presqu’ile huronne,
La tribu des Attignenonghacs ou tribu de la Corde était la plus ancienne et la mieux peuplée après la nation de l’Ours. Comme cette dernière, elle vantait son antiquité, et ses traditions, vieilles de deux cents ans, avaient été soigneusement recueillies de bouche en bouche par les chefs ou capitaines, Ces témoignages, plus ou moins dignes de foi, car les Hurons en général avaient la réputation d’être menteurs, indiquent cependant chez ces barbares un esprit de famille ou de caste que nous serions tentés de leur envier.
Quoi qu’il en soit, les Attignenonghacs avaient fondé une nationalité, de concert avec les Hurons de l’Ours. Leur langue avait pris un tel développement, qu’en 1635, le Père de Brébeuf pouvait nommer de mémoire douze nations qui la parlaient (1).
La tribu de la Corde n'offre aucune particularité saillante, si ce n’est qu’elle se montra en maintes circonstances dévouée aux Francais, Les Jésuites y ouvrirent chez elle les missions de Saint-Ignace et de Saint-Joseph (?). Cette dernière était la plus considérable, et elle fut l’objet de la plus vive sollicitude de la part du Père Chastellain.
Teanaustayaé était l’un des villages les plus importants du bays des Attignenonghacs. Les Jésuites l’appelèrent Saint- Joseph (5), quand la bourgade d’Ihonatiria cessa d’exister,
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(1) Ces nations éteient les Conkhandeenrhonons, les Khionontaterrhonons ou nation du Petun, les Atiouandaronks ou nation Neutre, les Tsonnontouans, les Onnontagués, es Goyogouins, les Onneiouts, les Agniers, les Andastes, les Scahentoarrhonons, les Eriés ou nation du Chat, et enfin les Ahouenrochronons. A part les tribus des cinq cantons ‘ quois compris dans cette nomenclature, les autres étaient amies des Hurons.
(2) Relation &e 1640, p. 61.
(3) Relation de 1635, pp. 3 et 30.—La carte du père du Creux semble indiquer la position de Teanaustayaé au nord du canton dit Medonte, longtemps connu sous le nom de Zrish Settlement.
C’est ici que prit le Père Daniel, en 1648, avec 700 Hurons,.
Toanché (1) était aussi habitée par la tribu de la Corde, Cette bourgade changea plusieurs fois de nom et même de lieu, et nous pouvons la classer parmi ces boursades volantes, assez communes chez ces peuples. Champlain avait connu Toanché quand cette bourgade s'appelait Otouacha. Les Récollets la nommèrent Saint-Nicolas, et la petite baie où elle était assise, Saint-Joseph. Le Père de Brébeuf vint y résider en 1634, Il ne reconnut pas là bourgade qu'il avait visitée quelques années auparavant, car les sauvages l’avaient transportée à trois quarts de lieue de sa fondation primitive. Ce village était situé à l'entrée occidentale de la baie aujourd’hui connue sous le nom de Penetanguishene, sur une pointe au nord du lac Huron, à quatre lieues A’Ossossané et à sept de Teanaustayaé,
Toanché prit plus tard le nom d’Thonatiria, et ies Jésuites l’abandonnèrent ensuite pour aller résider à Teunaustayaé qui conserva le nom de Saint-Joseph des Attignenonghacs.
La tribu des Arendarrhonons ou de la Roche habitait la partie la plus orientale de la péninsule huronne, Le Père Jérôme Lalemant écrivait ainsi de cette nation en 1640 : “ Les Arendarrhonons sont une des quatre nations qui com- ‘“ posent ceux qu’à proprement parler on nomme Hurons; “ elle est la plus orientale de toutes, et est celle qui la pre- “ mière a découvert les Français, et à qui ensuite appartenait “ la traite selon les lois du pays. Ils en pouvaient jouir “ seuls, néanmoins ils trouvèrent bon d'en faire part aux ‘“ autres nations, se retenant toutefois plus particulièrement “ Ja qualité de nos alliés, et se portant en cette considération
(1) On trouve aussi le nom de Teandeouiata.—Relation de 1635, pp. 28 et 29.
en.
“ à la protection des Français, lorsque quelque malheur est “arrivé. C’est où feu monsieur de Champlain s'arrêta plus “longtemps au voyage qu’il fit ici haut, il y a environ 22 “ans, et où sa réputation vit encore dans l'esprit de ces “ peuples barbares, qui honorent même après tant d'années “ plusieurs belles vertus qu’ils admiraient en lui, et particu- “ lièrement sa chasteté et continence envers les femmes... “ Cette alliance si particulière que ces peuples Arendaronons “ ont avec les Francais nous avait souvent donné la pensée “ de leur aller communiquer les richesses de l'Evangile, mais “le défaut de la langue nous avait toujours empêché de “ pousser jusque-là, nous étant trouvé engagé de premier “ abord à notre première demeure, qui était située à l’extré- ‘“ mité du pays toute opposée (1).”
La bourgade de Cahiagué appartenait à la tribu de la Roche ; on y comptait 260 cabanes et près de 2,000 âmes. Elle était située près du lac Ouentaron, — aujourd’hui le lac Simcoe, — aux confins orientales du pays huror au nord du lac, près de la petite ville que l’on appelle maintenant Orillia. Les Jésuites établirent plus tard leur résidence principale dens un lieu à part, à quelque distance des bourgades de la tribu de la Roche. Elle était située sur la rive droite d’une petite rivière bien connue, appelé Wye, à l’est de la ville de Penetanguishene, Les ruines du fort construit en cet endroit, en 1639, existent encore. Il y avait à l’intérieur de ce fort, une chapelle, la résidence des missionnaires et des Français, ainsi que des magasins de provisions. En dehors de l’enceinte il y avait, au nord, un cimetière pour les sauvages chrétiens, et un petit champ en culture; au sud, une hôtellerie pour les pèlerins et un hospice à l’usage des malades
(1) Reiation de 1640, p. 90.
des deux sexes. Les missionnaires choisirent cet endroit, + parce qu’il était plus central et plus isolé des bourgades sauvages. Le Père Jogues fut un de ceux qui prirent la plus large part à la fondation de cette résidence, qui reçut le nom de Sainte-Marie, Les Iroquois la détruisirent en 1649, n’y laissant que des ruines. ve Cahiagué était distante de Carhagouha d'environ quatorze ‘1 lieues, mais était assez rapprochée de Scanonahenrat qu’habi- A tait la nation des Toh ‘‘henrats, quatrième tribu huronne, ee. | moins nombreuse que ; cédentes, Les Jésuites y établi- #5 rent, en 1644, une mission dédiée à saint Michel. Scanonahenrat était à une lieue et deux tiers de Saint-Joseph des ji Attignenonghacs ou Ihonatiria, et à trois lieues de Sainte- ra Marie des Ataronchronons, autre groupe huron de peu d’importance, mais qui en définitive devint la résidence principale à des Jésuites. “44 Lorsque, plusieurs années après, les Jésuites tenaient 4 l'église huronne sous leur direction, ils y comptaient plus de vingt missions, qui correspondaient en tout ou en partie aux +0 différentes bourgades disséminées sur le territoire huron (1).
(1) On les appelait: Andiataé, Angoutonc, Anonatea, Arendaonatia, Arenté, Arethsi, Arontaen, Caldaria, Chionkiaro, Ekiondotsaan, Endorochy, Jaenhouton, Ihonatiria, Karenkassa, Kaotia, Kontarea, Oucnrio, Ossossané, Tahenbhatentaron, Scahentoarrhonon, Teanaustayae, Teandeouita ou Toanché et Tondakra.