CRE
VE £ Ps IMAGE EVALUATION DS TEST TARGET (MT-3) 110 “ue Re = ‘5 pu ju “ue ne LS IL2 MZ IIS.
À À AN LS Puy A à
royaume, À ses profondes convictions religieuses il devait la grandeur de ses vues, sa fermeté au milieu des revers, et sa persévérance dans l’œuvre principale de sa vie (1).”
L'abbé Laverdière est non moins heureux dans son appréciation que Garneau et Ferland. Son opinion n’est pas à rejeter, car l’abbé avait assez étudié le caractère de cet homme pour pouvoir en écrire pertinemment.
L'abbé Casgrain fut un des admirateurs les plus convaincus de Champlain. L’extrait suivant en fait foi :
“ A la fin de l’année 1635, Champlain, frappé de paralysie, s'éteignait au milieu des compagnons de son entreprise. Un long cri de deuil suivit le père de la Nouvelle France rappelé vers un séjour meilleur. Jamais, dans la suite, le Canada ne fit de plus grande perte, Aujourd’hui que nous avons appris à admirer autre chose dans l’histoire que les héros qui ont laissé après eux un sillon de sang, nous pouvons plus facilement apprécier la grandeur du caractère et de l’œuvre de Champlain.
‘“ Lorsque nous rêvons la perfection chez l’homme, nous nous plaisons à le créer entouré des dons les plus précieux de l'esprit et du cœur: intelligence vaste et éclairée, vues hautes et larges, expérience consommée des hommes et des choses, honneur, désintéressement, loyauté, courage, fermeté dans les revers, grandeur d'âme, persévérance, Or l’énumération de ces qualités résume toute la vie et le caractère de Champlain, Que sont tous ces brigands de l'histoire, qu’on est convenu d'appeler héros, auprès de tels bienfaiteurs de l'humanité ? Tandis que les premiers ont semé chacun de leurs pas de larmes et de sang, les autres ont laissé derrière eux une trace féconde où germent la reconnaissance et l’amour,
(1) Ferland, Cours d'Histoire du Canada, t. 1, p.278.
“ Quand, aux heures de solitude, dans le silence et le recueillement de l’âme, nous remontons vers le passé, et que, saisis d’une religieuse émotion, nous pénctrons dans le temple de notre histoire; parmi tous ces héros, dont les robustes épaules soutiennent les colonnes de l'édifice, nul mieux que Champlain ne porte sur un visage plus serein de plus majestueuses pensées. Type et modèle de tous ces héros qu’un même honneur assemble, il occupe le rang suprême près de l'autel de la patrie. Nul, en effet, parmi ces rois de notre histoire, ne réunit plus d'éminentes qualités, ne déploya un caractère plus énergiquement trempé, ne fit éclater plus d’intrépidité et de persévérance. Car c'était l’œuvre de Dieu que le gentilhomme saintongeois avait eu la conviction d’accomplir, lorsque, la croix sur le cœur, le regard au ciel, il descendit les degrés du château de ses pères pour venir s’enfoncer dans les solitudes américaines. En portant pendant plus de vingt-cinq ans le fardeau de notre avenir, l’âme déchirée par les soucis, les fatigues et les obstacles sans nombre, il sut toujours rafraîchir son front baigné de sueurs, aux sources pures et limpides de la foi. Aussi, lorsqu’à son lit de mort il promena un dernier regard d’adieu sur le cercle de vaillants hommes qu’il avait formés, qu’il appelait ses enfants, et qui le regardaient comme leur père, dut-il avoir foi dans l'avenir de son œuvre, Car il leur léguait le plus sûr gage d’immortalité: la sève vigoureuse de mœurs austères, la pratique de toutes les vertus chrétiennes qu’il leur avait constamment enseignée de paroles et d'exemples (1).”
Nous pourrions multiplier ces témoignages, dont l’unanimité en fait d’éloges ne se dément pas. Toujours on vante son
(1) L'abbé H.-R, Casgrain, Histoire de la Vénérable Mère de l [ncarnation, ete, Introduction, pp. 20, 21 et 22.
courage, son grand sens, sa pénétration, la droiture de ses vues, sa fermeté, sa véracité comme historien, sa loyauté, sa grandeur d'âme, et, par-dessus tout, son patriotisme éclairé et sa foi vive et pratique,
La vie de Champlain peut servir d'exemple et de leçon à tous les catholiques, quelque haut placés qu’ils soient dans les rangs de la société. Champlain sut toujours mener une vie édifiante à travers les nombreux tracas qui l’obsédèrent, au milieu des épreuves et des contradictions. Qui pourrait en avoir de plus terribles que les siennes ? Suivons-le pas à pas dans ses voyages d'outre-mer, dans ses courses de découvreur et d’explorateur, lisons chaque page de cette vie mouvementée, consacrée au bien des autres, et l’on verra s’il est doux de faire l'ascension d’un pareil Calvaire,
Note A (Liv. 2, ch. 1, p. 5)