‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 61 sur 117 · RE 5 À · texte numérisé non relu

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Dumay, du Havre, devenu plus tard chef d’escadre, M. Borély, auteur de l'Histoire du Havre, indique la maison Leroy-Dumé comme principale consignataire de la Compaguie de Saint-Christophe, fondée en 1626, L: vaisseau viceamiral de la flotte de Cahuzac envoyée au secours de d’Esnambuc, en 1629, était commandé par un marin du nom de Dumay. Etait-ce l’ancien lieutenant de Guillaume de Caën ou son frère, resté illustre par la singulière aventure qui lui arriva dans une baie de l’tle de Miscou en 1631, Les Basques venaient régulièrement chaque année dans les parages de cette île pour y faire la pêche, en dépit des règlements qui leur interdisaient l’usage des eaux du golfe, Dumay et un autre capitaine français nommé Michel Ga:'ris, de Dieppe, résolurent un jour de s'emparer de deux navires contrebandiers de la Biscaye. La tâche fut des plus faciles, car au moment où ils venaient de sommer les équipages de se rendre, il n’y avait à bord que le capitaine Arnandel, de Saint- Jean de Luz, et un jeune mousse, Le Basque fut amené sur l'un des vaisseaux français et retenu comme otage.

Mais la scène changea de décor lorsque Dumay voulut poser ses conditions aux matelots d'Arnandel, Ceux-ci menacèrent de le tuer sl ne quittait pas immédiatement leur navire, Témoin de cette agression, Gallois conjura Arnandel de dire à ses gens de cesser leurs violences. Une fois sur le pont, le capitaine basque se jeta à la mer et gagna son navire à la nage, Là, il se mit à canonner les deux vaisseaux français. Dumay et Gallois durent se rendre aux conditions d’Arnandel. Ainsi furent pris ceux qui croyaient prendre, |

Les frères Dumay jouèrent donc un certain rôle en Amérique. Sans être d’une importance extraordinaire, il valait la peine d’en parler, ne fût-ce que pour mémoire,

Note D (Liv. 2, ch. 7, p. 86)

Le Québec primitif ne comprenait qu’une seule maison, érigée en partie en 1608, au pied du cap, à l'extrémité d’une pointe de terre formant presqu'île. On l’appelait tout simplement l’Hubitation de Québec. C'était là que résidaient tous les employés des compagnies mercantiles, y compris Unamplain. Celui-ci augmenta bientôt cette première résidence d’une seconde construction réservée tout spécialement à l’'emmagasinage des pelleteries et des marchandises de traite, espèce de magasin ou mieux, d’entrepôt, car les marchandises se vendaient surtout dans les postes de commerce, comme au Saut Saint-Louis, au Cap de la Victoire et aux Trois-Rivières,

L'habitation partageait à la fois du caractère de simple logis et de château-fort, Le voisinage des sauvages étant considéré dangereux, il importait de se protéger au moyen d’un système de défense suffisant pour les tenir en respert, Champlain fit creuser un bon fossé tout autour et plaça des canons mobiles sur leurs affûts.

Le magasin fut aussi l’objet de l’attention spéciale de Champlain. Il fallait immédiatement loger les marchandises et “toutes les choses nécessaires et propres à une habitation.” Ce magasin, de six toises sur trois, n'avait qu’un seul étage dont le sommet était entouré d’une galerie correspondant à celle du reste de l'habitation. Il était surmonté, à sa partie centrale, d’une sorte de tourelle assez élevée, devant servir de colombier,

L’habitation proprement dite se composait de trois corps de logis, absolument semblables par leurs dimensions. —trois toises sur deux et demie, —et par leur architecture extérieure. Ces bâtiments étaient destinés aux ouvriers, aux employés, à l'arsenal, à la cuisine et à la forge.

La pièce supérieure était réservée aux ouvriers.

En arrière de ce premier édifice, il y en avait un second à | usage des ouvriers, et où se trouvait le dépôt à armes et de munitions.

Un troisième corps de logis, attenant aux deux autres par le côté, renfermait une forge et servait aussi de résidence aux artisans,

Une seule porte donnait accès au fleuve, mais il fallait, pour s’y rendre, franchir un fossé de quinze pieds de largeur sur six de profondeur, au moyen d’un pont-levis. Trois pointes d’éperon également espacées laissaient apercevoir les canons montés sur leurs affûts,

L’habitation et le magasin sis sur une pointe de terre commandaient la vue de tous côtés, et se trouvaient naturellement fortifiés par le fleuve qui, du côté du sud-ousst, formait un vaste cul-de-sac, et de l’autre une petite anse très commode pour y mettre les barques à l'abri. L'endroit le plus exposé était dans la direction du promontoire qu’un espace peu étendu séparait des logements.

Ces premières constructions restèrent dans le même état primitif jusqu’en 1616, année qui suivit la venue à Québec des religieux récollets. Ceux-ci avaient, en arrivant, construit une maisonnette à eux, à proximité de l'habitation, et ils y vécurent pendant cinq ans. Ce ne fut en effet qu’en 1620 qu’ils commencèrent à bâtir leur couvent sur les bords de la rivière Saint-Charles. L’habitation était alors presque ruinée, bien que Champlain l’eût fait allonger d’un tiers. Lors-

que Madame Champlain arriva à Québec en 1620, elle dut regretter ses appartements "1 faubourg Saint-Germain, “Je trouvai l'habitation si désolée et ruinée, s’écrie Champlain, qu’elle faisait pitié. 11 y pleuvait de toutes parts, l'air entrait par toutes les jointures des planchers, qui s'étaient rétrécis de temps en temps, le magasin s’en allait tomber, la cour si sale et orde, avec un des logements qui était tombé, que tout cela semblait une maison abondonnée aux champs où les soldats avaient passé, et m’étonnais grandement de tout ce ménage: tout ceci était pour me donuer de l'exercice à réparer cette habitation. Et voyant que le plus tôt qu’un se mettrait à réparer ces choses était le meilleur, j’employai les ouvriers pour y travailler, tant en pierre qu’en bois, et toutes choses furent si bien ménagée:, que, tout fut en peu de temps en état de nous loger, pour le peu d'ouvriers qu’il y avait...”

Après le départ des Récollets pour leur couvent de Saint- Charles, le boulanger et le serrurier prirent possession du premier monastère dont ces religieux n'avaient plus besoin, Louis Hébert avait sa résidence sur le rempart, à peu près où se trouve aujourd’hui le palais épiscopal.

C'était tout Québee, en 1620.

L’année suivante Champiuin fit parachever le magasin.

En 1623 ilfit paver la cour de l'habitation et réparer le corps de logis. C’est alors qu’il 1ésolut de rebâtir l'habitation, “ Reconnaissant, dit-il, la décadence en quoi allait se réduire notre habitation nous avions résolu d’en faire une nouvelie ; pour le plus abrégé, je fis le plan d’un nouveau bâtiment, abattant tout le vieux, fors le magasin, et ensuite d’icelui, faire les autres corps de logis de dix-huit toises. Avec deux ailes de dix toises de chaque côté, et quatre petites tours aux quatre coins du logement, et un ravelin devant l'habitation, commandant sur ja rivière, entouré le tout de fossés et pont-

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levis; et, pour ce faire, je jugeai que, premier que bâtir, il fallait assembler les matériaux, pour commencer à bâtir au printemps. de fis faire quantité de chaux, abattre du bois, . tirer de la pierre, apprêter tous les matériaux pour la maçonnerie, charpenterie et le chauffage qui incommodait grandement, pour le divertissement des hommes...”

Cette détermination, de la part de Champlain, de renouveler ce bâtiment si utile à ses hommes, n'avait pas été prise à la légère. Il était temps d'y voir, car les maçons et les charpentiers l'avaient condamné comme dangereux.

Le magasin, qui était en maconnerie, fut respecté. Champlain fit ouvrir une porte pour communiquer du dehors dans la cave où était le cellier. Il s'était aperçu que les commis du magasin pénétraient au moyen d’une trappe à l'intérieur dans la cave à vin, et y faisaient main basse sur les tonneaux de cidre et autres liqueurs de réserve.

Ce fut aussi en 1623 que Champlain donna l’ordre d’ouvrir un petit chemin pour faire l'ascension du cap avec plus d’aisance, Jusque-là l’on arrivait au sommet par un sentier qui, partant de l’habitation montait en ligne droite à la résidence de Louis Hébert. Il est assez probable que la voie nouvelle correspondait avec la côte actuelle, dite de la montagne, et dont le détour permet une ascension plus facile. La pente de ce côté est de beaucoup plus douce qu’à tout autre endroit de la déclivité,

Durant l'hiver suivant, Champlain fit exécuter par ses ouvriers les fenêtres et les portes de l'habitation projetée, et scier quinze cents planches, équarrir trente-cinq poutres afin qu’elles fussent, au printemps, toutes prêtes pour l’assemblage,

Le premier jour de mai 1624, l’on creusa le sol en vue des fondations, et les jours suivants, l’on mit tout en œuvre pour

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