‹ Samuel Champlain [microforme]Chapitre 87 sur 117 · ALL · texte numérisé non relu

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450 NOTES ZXPLICATIVES

Une autre célébrité parmi les disciples de saint Ignace : le Frère Nicolas le Faul:onnier, mieux connu sous le nom de Frère Nicolas, arrivé à Québec, en 1647. Il ne prononca ses derniers vœux que dix ans plus tard et repasse en France, en 1658, en même temps que le Frère Louis le Boesme, qui en était à son troisième voyage depuis son arrivée au pays. Si on en croit le Journal, ce dernier aurait failli laisser ses os, vers le Platon, à Sainte-Croix, en l’année 1655. Les Iroquois l’auraient blessé de deux balles. Il put cependant se rendre aux Trois-Rivières, avec ses compagnons de route sains et saufs, Il était digne du martyre, écrit le Journal, En 16&7, on le retrouve à la mission du Saint-Esprit des Outaouas,

Le Frère Ambroise Cauvet est souvent mentionné dans les archives de son temps. On le trouve à Québec en 1645. Il était au pays depuis 1636. Son arrivée coïncide avec celle de M. de Montmagny, des Pères Chastellain, Garnier, Adam, Ragueneau et Jogues. La mission ne comptait à cette époque que 18 prêtres et 6 Frères. En 1646 il est chargé de faire le gru et la bière à Notre-Dame des Anges. La même année il se rend aux Trois-Rivières, avec M. de Chavigny, lieutenant à Québec en l'absence du gouverneur, revient à Québec dans le mois d'août avec le P, Lejeune, et en 1648, s'occupe des travaux de menuiserie à la maison des Jésuites à Québec, ” 1657, il passe en France avec ie P, Poncet et M. de Lauzon-Charny.

Une des figures les plus remarquables parmi les frères coadjuteurs qui vécurent de la vie des Jésuites durant la seconde moitié du dix-septième siècle, est celle du Frère François Malherbe. Il avait prononcé ses vœux le 15 août 1656. D'abord engagé, il fit vreuve de vocation religieuse chez les Hurons, où il avait suivi les PP, Erébeuf et Gabriel Lale-

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DR 1414 À jl NOTES EXPLICATIVES 451 TA ù E qu le , mant, de sainte et heureuse mémoire, Aprè: le martyre de qu) le ces deux missionnaires, le 16 et le 17 mars 1649, le Frère di] || ça Malherbe transporta sur ses épaules les corps grillés et rôtis 418 2e, de ces religieux, À sa mort, arrivée le 12 avril 1696, le Frère il ui Malherbe était parvenu à l’âge de 60 ans et 3 mois, dont il il s. en avait passé 42 dans la Compagnie, Il séjourna pendant 13 Bi: es ou 14 ans à la mission de St-Charles dn lac St-Jean, à l’embou- a (a lO- chure de la Métabetchouane, consacrant une grande partie de ca} ll il se son temps à voyager de Chégoutimy au lac Péokouagamy "hl fl te (St-Jean), Ce fut lors d’une de ces excursions pénibles, durant CPE al, l'hiver de 1686, que le pauvre Frère faillit mourir de faim et qi |! les de froid, Le chef montagnais de Chégoutimy, Louis Kesta- fl 4} bistichit, le trouva après de longues recherches et l’apporta FE il ji les sur ses épaules, gelé et presque mourant, Ce brave sauvage 41 } Il mit tout en œuvre pour ramener le Frère Malherbe à la vie, mi! |} Île et le conduisit ensuite à Québec en canot d’écorce, Cet acci- 1 | | er, dent causa au Frère la perte de deux doigts et de deux orteils, a || | à “ C'était un religieux de grand exemple, écrit le Père de ei «| il st Crépieul, dans ses Notes sur les Sauvages montagnais, d'un NI 1 es. Ê bon conseil, d’un doux naturel, et d’une rare patience; un all il de religieux qui était propre à tous les offices d’une personne de El || il ur, son degré dans la Compagnie; un religieux qui joignait la Al) | et dévotion au travail, et les austérités envers soi-même à la all | on douceur envers les autres.” 1! || le Le Frère Pierre Feauté travaille à la maison de Québec qu ({ dans l'automne de 1645 en même temps que les Frères pui (l es Cauvet et Liégeois. Les années suivantes il s'occupe de SN | fl la pêche, fait un voyage en France en 1651, revient et passe k. |! il n- aux Trois-Rivières, et retourne en France en 1058, ul Al. D6. Le Journal des Jésuites fait encore mention de plusieurs À il [fl les autres frères coadjuteurs : TUE le- | Maître Elye, qui laissa la Compagnie en 1667; À fi

Feuville, qui tomba trois fois à l’eau en face du cap Diamant, en voulant traverser sur le pont de glace encore peu résistant ;

Nicolas Jharton, parti le 13 mai 1658 pour la mission de Tadoussac avec les PP, Albanel et Du Perron;

Claude Joyer, employé à Sillery pendant plusieurs années, qui retourne en France le 21 septembre 1650 ;

Pierre Maigneret, venu de France en 1667;

Pierre Masson, parti pour la mission des Hurons le jour de la Saint-Michel 1646 ;

Nicolas Noirclair, fait le service aux Trois-Rivières, et retourne dans son pays en 1650 ;

Jacques Ratel, accompagne le P. Richard à Nipissiguit, en 1646;

Dominique Scot, après avoir séjourné chez les Hurons, est obligé de quitter le Canada, parce que ses poumons sont trop faibles pour supporter la rigueur du climat ;

Gilbert Buret, cité par Champlain dans ses voyages ;

François Charton, dont le Père Leclercq seul fait mention,

Nous trouvons encore les noms de Jean Gauffrtte, Ambroise Brouait, Louis Gaubert, Joseph Bourcier, Guillaume Lauzier, Pierzon, Lemasson et le frère Gilbert, Ce dernier est mentionné dans les documents historiques recueillis par le P, Martin, S. J, ainsi que dans les Les Relations des Jésuites.

Le Journal des Jésuites, parlant des donnés, dit qu’on trouvera dans les archives, la coadition de ces domestiques ad vilum, et leur histoire. Dans un autre endroit, il leur attribue un motif particulier: ce sont des serviteurs perpétuels entretenant l'espoir d'entrer dans la compagnie de Jésus, Domestici perpelui cum spe ingrediendi in societatem.

Ceux-ci formaient parmi les domestiques au service des Pères une catégorie à part, On les appelait donnés, écrit

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le P. Martin, parce qu’ils se donnaient par contrat et pour la vie au service de la mission sans recevoir de salaire, Celle-ci profitait de leur travail, et s’engageait à pourvoir à leurs besoins pour le reste de leurs jours. Ils suppléaient aux frères coadjuteurs qu'il n’était pas possible de se procurer en assez grand nombre pour les besoins des missions. Sans être liés par des vœux, ces donnés formaient une classe intermédiaire entre les religieux et les domestiques. Leur nombre ne fut pas d’abord considérable, mais il s’éleva jusqu’à vingttrois en 1649,

Nous lisons dans les Archives du Gésu la note suivante au sujet des donnés:

“ Cette dénomination et cette classification nouvelle faite par des religieux de la Compagnie de Jésus et pour leur service, donna lieu à des critiques et à des plaintes qui furent portées jusqu’à Rome. On voulait voir là une innovation et l'introduction d’une espèce de tiers-ordre comme dans plusieurs Ordres religieux, mais non en usage dans la Compagnie. Le P, Jér. Lalemant rédigea en 1643 un mémoire pour justifier cette mesure, et dissiper ces craintes. Il reçut l’approbation de ses supérieurs.”

Le Journal des Jésuites mentionne la mort tragique de deux donnés, Lalande et Robert Le Coq, surnommé LeBon,

Le 24 septembre 1646, le P, Jogues partit pour passer l'hiver au milieu des [roquois, amenant Jean de Lalande et Le Coq, compagnons de voyage et de dangers. Le P, Jogues et Lalande furent massacrés par ces barbares, Le Coq échappa à la fureur de ces monstres. Mais, le 20 août 1650, 1l fut pris près des Trois-Rivières par les sauvages de la même tribu et massacré sans miséricorde,

Réné Ouié s'était donné aux Jésuites en 1657, mais, pour

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une raison inconnue, il voulut rompre son contrat et il y réussit, en 1660,

Molère, Renaut, Bernar et Roland, deux autres donnés, ne firent pas un bien long séjour en Canada, et on les voit repasser en France en 1650, en même temps que les frères coadjuteurs Joyer et Noirclair et les Pères Lyonne, Bonin et Daran.

Pierre Gontier, est le fidèle domestique des Jésuites, qui éteignit un commencement d'incendie, déclaré le jour de Noël 1642, dans la maison des Cent-Associés, où l’on célébrait les offices religieux, Notre-Dame de Recouvrance avait vrûlé en 1640. Il n’y avait pas d'autre lieu pour le culte que cette maison, qui servait à la fois de résidence aux Jésuites et d'église paroissiale,

Le Journal des Jésuit:s cite encore Jacques J'unier, bon chasseur et habile pêcheur, et enfin Robert Hache,

Le Père LeJeune écrivait de lui, quelque temps après son entrée dans la maison : “ C’est un bon enfant que les grosses besognes découragent et qui n’a nile courage ni les forces pour les travaux du Canada. Il serait tenté de s’en retourner en France, mais la crainte d’un refus le retient. Il a bonne volonté.”

Robert Hache resta toutefois au service des religieux ; il fut envoyé plus tard à Sillery où nous le retrouvons en 1645, L'année suivante il passa en France en même temps que M. de Maisonneuve, Roberit Giffard et Tronquet.

Outre les frères coadjuteurs et les donnés, les Jésuites avaient encore à leur service une classe de personnes dont le rôle se réduisait aux humbles fonctions domestiques. Ils n’appartenaient en aucune façon à l’orire religieux ; ils étaient astreints à suivre les lois du pays et les règlements spéciaux qui régularisaient leurs travaux quotidiens, et ils recevaient un salaire plus ou moins élevé,

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Dans les commencements de la colonie, la domesticité était soumise à des lois très sévères. Ainsi le serviteur qui désertait son maître était condamné à la peine du carcan, pour une première offense, et pour la seconde, on le battait de verges et on lui appliquait l'impression d’une fleur de lis. Personne ne pouvait engager un domestique, à moins que ce dernier n’eût un congé en bonne et due forme, par écrit,

La liste des domestiques au service des Jésuites serait bien longue à faire. Mais comme elle n’offrirait guère d’intérêt, contentons-nous de signaler les noms de ceux dont parlent le Journal et les Relations des Jésuites. Les premiers recensements en mentionnent un grand nombre. Dans presque chaque famille on en voit figurer un ou deux, et les communautés religieuses en recrutaient huit, neuf ou dix, En 1666, les Hospitalières en avaient neuf, les Ursulines sept, et les Jésuites huit,

Parmi les plus remarquables, on cite :

Charles Amyot, domestique du P. Bressani chez les Hurons, et du P. Henry Nouvel, chez les Papinachois ;

Bastien, qui périt misérablement dans le vieux magasin de Québec, où des fumeurs étant venus petuner, suivant l’expresion du Journal, jetèrent le feu sur la paille qui embrasa le logement ;

Jean Boyer, autre compagnon du P. Bressani, missionaire au pays des Hurons;

Chrestiennaut, qui, après avoir quitté le service des Jésuites, fut placé au fort St-Louis où il commit tant de vols, qu’il fut condamné au supplice du chevalet qu'il ne put endurer sans mourir ;

Fiacre, qui montra de si bonnes dispositions, qu'il fut bien près d’entrer au noviciat des Jésuites.

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