JEAN DE GODET
SIBUE DU PARC
Jean de Godet, sieur du Parc, était le deuxième fils de Gléophas de Godet, sieur des Marets, çt le frère de Claude. Cette famille était d'extraction nobiliaire. Les armes des Godet étaient : de gueules aux trois gobelets d'argent 2 cl \. Du Parc s'établit à Saint-Germain-de- Clairefeuille (canton de Merlerault, arr. d'Argentan, Orne,) non loin de Cherbois, en épousant une riche héritière, Marie Guérenit, fille de Laurent Guérenit, sieur de Recouvrais. Mais, avant de vivre tranquillement au milieu de sa famille, Jean de Godet, sieur du Parc, yassa au Canada, en môme temps que son frère aine, en l'année 1609. Il y demeura môme pendant l'hiver suivant, alors que le capitaine Pierre de Chauvin, sieur de la Pierre, tenait les rônes du commandement, en l'absence de Champlain.
Dans les premiers temps de la colonie, le fondateur de Québec partait, le plus souvent vers la fin de l'été, pour la France, où l'appelaient les affaires du pays, qui n'étaient
pas brillantes. Désireux d'améliorer cet état de choses,
Ghamplaiii s'adressait à ses amis, aux grands de la Cour
et à tous ceux qu'il croyait pouvoir intéresser au sort de
la Nouvelle France. Quoique peu nombreuse, la petite
colonie de Québec avait besoin d'un chef, et Champlain le
choisissait parmi ses officiers les plus recommandables.
C'est ainsi qu'en 1609, il avait investi Chauvin de son
autorité, et que l'année suivante, il mil du Parc à la tôle
de l'habitation. Laissons-le parler lui-même : "• Pont-gravé
et moy nous nous embarquasmes chacun dans une
barque, et laissasmes le dit Capitaine Pierre au vaisseau
(en rade à Tadoussac) et emmenasmes le Parc à Québecq,
où nous parachevasmes de mellre ordre à ce qui restait
de l'habitation. Après que toutes choses furent en bon
estât, nous résolûmes que le dit du Parc qui avoil yverné
avec le Capitaine Pierre y demeuroit derechef, et, que le
Capitaine Pierre reviendroit aussi en France,pour quelques
affaires qu'il y avoil, et l'y appeloienl. Nous laissâmes
donc le dit du Parc, pour y commander avec seize
hommes, auxquels nous fismes une remonstrance, de
vivre tous sagement dans la crainte de Dieu, et avec toute
l'obéissance qu'ils dévoient porter audit du Parc qu'on
leur laissoit pour chef et conducteur, comme si l'un de
nous y demeuroit."
A son retour de France, en 1611, Champlain retrouva
Du Parc et les hivernants en bonne santé. " Lâchasse et
le gibier ne leur manqua aucunement en tout leur gou-
vernemenl, à ce qu'ils disent.'' A propos de chasse, il
n'est peut-être pas saus intérêt de mentionner que du Parc était un très habile Nemrod. Au cours d'un voyage qu'il fit au saut Saint-Louis, à l'époque de la traite, il rapporta, dans une seule expédition, neuf cerfs et une telle quantité de tourtes, " qu'impossible estoit de plus, " s'écrie Ghamplain.
Du Parc séjourna plusieurs années au Canada. En 1616, il commandait de nouveau au fort de Québec "pour le service du Roy et le bien des marchands de l'association. "
De retour en France, Jean de Godet, sieur du Parc, vécut à Saint-Germain de Glairefeuille, et il y finit ses jours le 16 novembre 1652. (i>
(1) il^éard, Documents, etc.