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qui avait le titre de vice-roi. Roberval y alla une seconde fois lui-même en 1519 et ne reparut plus, ni ses vaisseaux. Le résul. tat était peu encourageant, En 1577, un noble breton, le marquis de La Roche, ancien page de Catherine de Médicis, y retourna avec cinquante repris de justice. L'entreprise échoua, et ce fut peut-être heureux. Le gouvernement sembla abandonner l'affaire. Pourtant, quelques commerçants s'associèrent pour établir un comptoir et choisirent pour mettre à leur tête un capitaine de vaisseau, Pierre de Chauvin, sieur de Tontuit, de Honfleur en Normandie, Chauvin était bien en cour ; il obtint des lettres patentes qui lui conféraient le privilège du commerce des peaux de castor ; lui se chargeait des frais d'établissement à Tadoussac, qui furent mesquins. Quand il décéda en 1601, rien n'était fait, Le commandeur de Chastes lui avait succédé ; on a vu comment sa mort avait tout remis en question.
Notre explorateur, plein de modestie, sentait bien, quoiqu'il fût capable de mener à bien l’œuvre, qu'un mince gentilhomme, sans fortune, sans protections, n'aurait pas l'autorité suffisante pour commander une expédition en chef; il savait s'effacer. Qu'importait pourvu que le succès suivit ! Il suggéra à Pierre du Gua, de Mons, la pensée de continuer les projets de Chastes ; il n’y avait qu’à obtenir le privilège de la traite avec quoi il formerait une compagnie de commerce qui lui assurerait les ressources nécessaires. Ainsi font encore les maisons de commerce qui envoient à leurs frais de hardis explorateurs sur tous les points de l'Afrique pour y établir des comptoirs.
Pierre du Gua était un Saintongcais. Fils de Guy du Gua, sieur de Mons en la paroisse de Royan, et de Claire Goumard, fille et héritière de Jean, seigneur de Blanzay, du Puy du Fou et de Saint-Georges de Rexe, il était gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et gouverneur de Pons (1); il avait rendu des services au roi pendant la ligue : il ne lui fut donc pas difficile d'obtenir sa commission. L'édit royal du 8 novembre 1603 le nommait « lieutenant général au pays de La Cadie du 40° au 46° degré pour peupler, cultiver et faire habiter ces dites terres le plus promptement... à condition d'y planter la foi catholique, apostolique et romaine, permettant de laisser vivre chacun dans sa religion, »
Le choix était bon : car Pierre du Gua de Mons était riche, ce qui n'était pas pour nuire à l’entreprise; de plus il avait déjà visité le Canada en 1599 et montré son courage; il avait des vues élevées, de l'expérience, et sa légitime ambition était d’attacher son nom à une fondation. Mais il était protestantet amena
1) Voir La Saintonge et ses familles illustres (1889), généalogie des Goumard d'Échillais, de La Vallée, etc., page 143. Un François du Gua, sieur de La Rochebreuillet, épousa vers 1620 Marie de La Rochefoucauld, fille de François, seigneur du Parc d'Archiac, et d'Isabelle Goumard. Alain appelle les Du Gua « clara familia », Voir pages 74, 161, De Thou fait l'éloge de Pierre du Gua,