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rait tous les articles auxquels la société s'était obligée c- vers le roi; qu'il donnerait caution dans trois jours, et nommerait un catholique au commande-
ment de la flotte du Canada.”
Le printemps venu, M. de Caen ne s'étant pas conformé aux décisions de la cour, les anciens associés le protestèrent. Il les appelle une seconde fois devant le conseil, et un nouvel arrêt lui accorde encore gain de cause, à
condition, toutefois, qu'il donnera cau-
tion dans Paris, et qu'il nommera, en
l'absence du vice-roi, un amiral catho-
lique, lui-même ne devant point faire
le voyage.
Les vaisseaux apparcillèrent à Dieppe. Champlain s'y embarqua, avec le sieur Destouches et son beau-frère, nommé son lieutenant, à bord de la Catherine, vaisseau de cent cinquante tonneaux. Eineric de Caen était vice-
amiral, et commandait lu Flèque.
Champlain n’arriva à Québec que le
5 de juillet. Tous les Livernants se por-
taient bien, même Pont-Gravé, qui
‘128 Sanvel de Clauplein
avait pensé mourir de la goutte pendant l'hiver.
Quoiqu'il eût, avant son | départ, laissé ‘“ nombre des matériaux prêts, ” il ne trouva pas les logements si avan- Cés qu'il se l'était promis. Le fort était encore au point où il l'avait quitté en 1624 ; le château, qui renfermait quelques ménages, n’avait-pas été terminé, quoiqu'il y eût du bois d'assemblé
depuis deux anus,
Une des raisons qui retardsient Îles
travaux du fort et de l'habitation, c’est
| les
c'est
que les ouvriers étaient employés, “aux plus beaux et longs jours de l'année” ; l'entretien du bétail. Il fallait aller faire les foins à près de dix lieues de Québec, aux Prairies natu.
relles du cap Tourmente » Ce qui pre.
nait quelquefois jusqu’à deux mois et demi. Pour obvier à cet inconvénient, Champlain établit une habitation anprès du Petit-Cap, au lien même où sont aujourd'hui Jos bâtisses de Ja Petite-Ferme. Comme on était déjà au mois de juillet, il employa tous les
Ouvriers à y Construire deux logis et
ane étable de soixante pieds de long:
130 Samuel de Charplain
A partir de ce moment, le soin des bestiaux ne demandait plus que quelques personnes. Au mois de septembre, Champlain y envoya le sieur Foucher avec cinq ou six hommes, une
femme et une petite fille.
Considérant, d’un autre côté, que le fort de Québec ‘“ était bien petit, pour y retirer, dans un besoin, tous les habitants de la place,” il résolut de l’abattre:
et de l'agrandir ; “ ce que je fis, dit-il,
jusqu'au pied, pour suivre mieux le
dessein. que j'avais; auquel j'employai
quelques hommes qui y mirent toute
n des quelptem-
sieur
ue le pour habiattre:
lit-il, x le loyai
oute
Samuel de Charplain 15
sorte de soin.” I] Y Ménagea, « selon
l'assiette du lieu, deux Petits demi.
bastions bien flanqués. La ruine du
petit fcrt servit A partie à refaire le plus grand” Il se Composait . do
fascines, et de terrassements, en. at-
tendant un jour qu'on le fit revêtir do murailles,
Après les travaux du fort, les loge.
ments de l'habitation et le magasin
réclamaient la plus large part de son
attention. I] fit couvrir la moitié du
grand Corps-de-loxis, commencé depuis
si longtemps, et faire quelques menues
réparations.
L'hiver de 1626 à 1627 fut un des plus longs que Champlain eût passés dans le pays, et il fut marqué par la perte du premier habitant de Québec, Louis Hébert, qui mourut des suites
d'une chute.
: Pendant ce même hiver, quelque nation voisine des établissements flamands, à laquelle les Iroquois avaient tué vingt-quatre hommes (sans compter
cinq Flamands), parce qu'elle n'avait
pas voulu leur donner passage pour aller faire la guerre aux Loups, offrirent des présents considérables aux sauvages alliés pour les engager dans une grande coalition contre ces ennemis implacables. Plusieurs chefs montagnais, algonquins et autres les avaient acceptés, et l’on était sur le point de
rassembler les forces suffisantes.
Champlain en témoigna son mécontentement à Mahigan-Atic, qui lui fit part de ce projet. Il lui dit qu’il lui savait bon gré de son avis, mais qu'il
trouvait fort mauvais que le Réconcilié
134 Samuel de Champtain
et autres chefs eussent accepié ces présents, et se fussent engagés dans cette guerre sans l'en prévenir, vu qu'il s'était lui-même entremélé do faire la paix pour eux avec les Iroquois ; qu'ils allaient rompre un traité qu'on avait eu tant de peine à conclure, juste au moment où l’on commençait à en ressentir les heureux effets, et qu'il regarderait comme ses ennemis tous ceux qui prendraient part à cette xal-
heureuse expédition,
Mahigan-Atic comprit qu'ils araicent
fait une grande faute, et il conscilla
d'envoyer quelqu'un aux Trois-ki-
ces Lans vières pour arrêter le coup. Champlain vu chargea son beau-frère de cette mission - do délicate. DBoullé était digne de cette Iro- confiance ; il réussit à convaincre les
sauvages de l'imprudence de leur démarche, et il fut convenu qu'on ne jerait rien jusqu’ ce que tous les vaisseaux fussent arrivés, et que les autres nations qui devaient descendre
fussent toutes assemblées.
Aussitôt qu'Emeric de Caen fnt prêt à monter à la traite, Champlain lui
recommanda de faire tous ses eflorts
pour achever l’œuvre de pacification si bien commencée. “ Mais, ajoute Champlain, il ne sut tant faire, ni tous les sauvages qui étaient là, que neuf ou dix jeunes hommes écervelés n’entreprissent d'aller à la guerre.” Ilsrevinrent avec deux Iroquois, que l’on fit passer par tous les tourments ordi-
naires, Voilà la paix rompue.
Émeric de Caen crut devoir en écrire aussitôt à Champlain, lui mandant que sa présence était nécessaire
pour arrêter ces désordres, et en
prévenir les fâcheuses conséquences.
Celui-ci partit sur le champ avec Mahigan-Atic. Dès qu'il y fut arrivé, on assembla un grand conseil. Champlain leur représenta qu’ils venaient de faire, en compromettant ainsi la paix, une démarche qui pourrait leur
coûter bien cher, si l'on n'y trouvait
quelque remède. Il se ferait un devoir
de les assister en frère, comme il l'avait déjà fait, lorsque les Iroquois leur faisaient la guerre mal à propos; mais il ne pouvait approuver qu’on allât ainsi les attaquer en pleine paix sans qu'ils eussent rien entrepris
contre eux.
Après que chaque capitaine eut fait sa harangue, il fut récolu, d’un conscutement unanime, que l'on renverr rait l'un des prisonniers, avec le R&concilié ct deux autres sauvages, ct, “afin de micux faire valoir leur ambassade, ils demandèrent un Français pour les accompagner.” Il s’en présenta deux ou trois, dont un, Pierro Magnan, qui fut agréé do part ct
d'autro.
Quelques semaines après, un satvage apporta la nouvelle que les am-
bassadeurs avaient ét® cruellement
pré.
ierro
Samuel de Champl'in 139
massacrés. On sut plus tard qu’un
alsonquin de l'Isle, pour satisfaire une
venseance personnelle, üvait malicicusement fait croire aux Iroquois que cette députation n'était que pour
les mieux trahir.
Les vaisseaux, à leur départ en 1627, hissèrent l'habitation assez mal approvisionnée. Il demeura à Québec, cette année, cinquante-cinq personnes, tant hommes que femmes et enfants, “ sans comprendre les habitants du pays.”
Sur:ce nombre, il n’y avait que dix-
huit ouvriers. Ilen fallait plus de la
moitié pour les travaux du cap Tourmente ; l'habitation de Québec n'était point achevée. La compagnie et M. de Caen avaient promis dix hommes pour travailler au fort; mais, pour eux, l’habitation devait passer avant tout, ét Champlain se vit redr.it à ne pouvoir employer aux fortifications que les hommes qui étaient pour ainsi dire de
reste.
“ Je jugeai dès lors, dit Champlain, que la plus grande part des associés ne s'en souciaient beaucoup, pourvu qu'on
leur donnât d'intérêt les quarante pour
cent.” Il en dit son sentiment à M. de la Ralde, qui se trouvait lié par ses engagements ; “c'est en un mot, ajoutet-il, que ceux qui gouvernent la bourse font et défont comme ils veulent.” Il en écrivit au vice-roi, et, en attendant, il continua d'employer au fort tous les
hommes dont il put disposer, sans
toutefois négliger l'habitation.
Quelque temps après le départ des vaisseaux, deux Français, Henri, domestique de madame Hébert, et un autre nommé Dumoulin, auxquels Cham-
plain avait donné commission d'amener
par terre quelques bestiaux du cap Tourmente, furent lächement assassis nés par un montagnais à qui l’on avait refusé un morceau de paiu. Un semblable meurtre avait été commis vers lo cap Tourmente quelques années auparavant, sans qu'on eût pu faire
justice rigoureuse.
Cette fois, Champlain jagea que ce serait. une faiblesse que de :ne point sévir contre de pareils attentats. Il mande à l'habitation. les principaux
chefs, leur remontre l’atrocité du crime
commis par un de leur nation, .et.leur
Siunuel de Champlain 143
déclare nettement qu'il exige qu'on
lui livre les auteurs de l'assassinat; en attendant, on garderait. comme ôtage un certain montagnais, sur lequel on avait des soupçons, et que dorénavant on serait obligé de se tenir en garde
contre leur perfidic.
Les sauvages parurert, en cette occasion, réellement chagrins et mortifiés d'un événement si fâcheux ; mais iln'y eut pas moyen de constater au
juste quel était le coupable.
Avant de partir pour la chasse, les
Montagnais voulurent donner à Champlain un témoignage singulier de leur estime. Ils envoyèrent Mécabau, appelé Martin parmi les Français, demander au P. le Caron quel présent il leur conseillait de faire. “ Il me souvient lui dit Mécabau, qu’'autrefois monsieur de Champlain a eu désir d'avoir de nos filles pour mener en France, et les faire instruire en la loi de Dieu et aux bonnes mœurs ;:8'il voulait à présent, nous lui en donnerions quelqu'unes ; n’en serais-tu. pas bien content ?” Le Père répondit que
oui, et qu'il fallait lui en parler. “ Ce
mn à
que les sauvages firent de si bonne grâce, ajoute Sagard, que le sieur de Champlain, voulant être utile à quelque âme, en accepta trois. Plusieurs croyaient que les sauvages n'avaient donné ces filles au sieur de Champlain que pour s'en décharger, à cause du manquement de vivres ; mais ils se trompaient, car Chomina même, à quielles étaient parentes, désirait fort de les voir passer en France, non pour s'en décharger, mais pour obliger les
Français et en particulier le sieur de
Champlain.”
On était rendu à la fin de juin 1628,
‘et les vaisseaux ne paraissaient point.
‘Les vivres commençaient à faillir, et ce
‘qu’il y avait de plus embarrassant, c'est que le sieur de la Ralde n'avait laissé aucune barque à Québec ; en outre Thabitation était sans matelot ni marihier. “ De brai, voiles et cordages, dit Champlain, nous n’en avions point :
ainsi étions dénués de toutes commo- ‘dités, comme si l’on nous eût aban-
donnés.”
Tel. était, par le mauvaîs voulofr
des marchands, l’état de gêne où so
‘“suvait la colonie, quand une flotte anglaise, conduite par un rénégat français, vint encore augmenter l’embarras de Champlain. Trois frères huguenots, David, Louis et Thomas Kertk, dont la famille avait quitté la
ance pour passer au service de
l'Angleterre, s'étaient chargés de dé-
truire les établissements français du
Canada.
Au moment où l'on préparait une petite embarcation pour aller à Tadoussac chercher une barque avec
laquelle 6n pût aller à Gaspé, deux
hommes arrivèrent en toute hâte du cap Tourmente, et apportèrent la triste nouvelle que les Anglais y avaient détruit et ruiné de fond en comble
l'habitation qu'on venait d'y fonder.
Champlain, ainsi assuré de la présence de l'ennemi, fit réparer à la hâte les retranchements de l'habitation, et dresser des barricades autour du fort, dont il n'avait pu terminer les remparts. Il distribua ensuite sa petite garnison aux quartiers les plus exposés, de fason que chacun connût son
poste, et y accourût au beso:n.
Le lendemain, 10 juillet, sur les trois heures de l’après-midi, l'on apperçut dans la rade une voile qui fai.
sait mine de vouloir entrer dans la rivière Saint-Charles. Quoique ‘une chaloupe seule ne püût faire un grand exploit, Champlain ne néglisea pas de surveiller ses mouvements ; il envoya de suite quelques arquebusiers au ri.
vage. On reconnut que c'étaient des basques, auxquels les Kertk avaient confié la charge de ramener à Québec le sieur Pivert avec sa femme et sa
petite nièce, faits prisonniers au cap
Tourmente. Ils étaient en même
temps porteurs d'une lettre par laquelle David Kertk invitait le commandant du fort à lui livrer la place.
Champlain lut cette lettre devant Pont-Gravé “et les principaux habitants”” La conclusion fut, dit Champlain, que, si l'Anglais “ avait envie de nous voir de plus près, il devait s'acheminer, et non menacer de si loin.” Quoique chacun fût réduit à une ration de sept onces de farine de pois par jour, et qu'il n’y eût pas cinquante livres de poudre au magasin, Champlain fit une réponse si fière,
que les Kertk, croyant l'habitation
laomace.
ant La bi- 11M-
nvie
byvait
mieux approvisionnéte qu'elle ne l’é-
tait, jugèrent prudent de ne pas aller plus loin, et se retirèrent après avoir brûlé ou emmené toutes les barques
qui avaient été laissées à Tadoussac.
Le Canada était sauvé, si les vaisseaux de la compagnie de la Nouvelle- France avaient su éviter la rencontre de la flotte anglaise, Malheureusement, M. de Roquemont, qui les conduisait, au licu de se réfugier dans un des nombreux havres du golfe, où il pouvait attendre en sûreté que les Anglais
fussent partis, remonta lc fleuve, et se
vit bientôt dans la nécessité de livrer un combat inégal, où il perdit du coup
“toute la ressource d’une colonie déjà
prête à succomber.
Cette défaite jeta Champlain dans une grande perplexité. Québec se voyait menacé de la plus cruelle famine ; l’on ne pouvait maintenant espérer de secours que dans dix mois et les sauvages avaient peine à suflire à leur propre subsistance. Cependant il ne se laissa point décourager. I exhortait ses compagnons à la patience,
et leur donnait lui-même l'exemple de
l’abnégation, en se soumettant au même régime que les autres. Le peu de grain récolté par les Pères Récollets, par les Jésuites, par la famille Hébert, avec le produit de la pêche et de Ia chasse, procurèrent assez de vivre pour eme
pêcher les habitants de mourir de faim
pendant l'hiver. Afin que les pois et
autres lécumes pussent donner plus de nourriture, Champlain, ingénieux à profiter de tout, imagina de les faire piler dans des mortiers de bois.
\ Le travail était long et pénible, pour
des hommes exténués par la disette ;
il eut la pensée de faire construire un moulin à bras. Mais, comme il n'avait point de meule, celles de la compagnie étant restées à Tadoussac, il chargea le serrurier de l'habitation de chercher de la pierre propre à en faire ; celui-ci fut assez heureux pour en
trouver. Un menuisier entreprit de
monter une moulange ; “ de sorte que,
dit Champlain, cette nécessité nous fit trouver ce qu'en vingt ans l'on avait
cru être impossible.”
Voyant le soulagement qu'apportait
déjà cette première invention, il ré:
Samuel de Chaïplain
Da
e un solut de faire bâtir un moulin plus avait considérable, et de le faire mouvoir m pa- par l'eau. Ce plan, tout en soulageant 6, À la main-d'œuvre, devait avoir le bon n de
effet d'encourager les habitants à faire de plus grosses semences, et de les accoutumer à compter davantage sur
leurs industries et sur les produits de
la terre.
Au printemps (1629), un sauvage appelé Erouachit, qui arrivait du pays des Abénaquis, soumit à Champlain, de la part de ces peuples, un projet
dont celui-ci n’eût pas manqué de pro-
fiter, si les munitions n'avaient pas été aussi rares que les vivres. (Cette nation demandait le secours des armes françaises contre l'ennemi commun, les Iroquois. Il était inutile de songer à prêter main-forte aux autres, quand
on était réduit à un pareil état de
faiblesse. (Champlain voulut cepen-
dant tirer tout le parti possible de l'amitié de ces peuples, et se décida à leur envoyer une ambassade. Son beau-frère était bien l’homme de confiance à charger de cette commission ; mais le besoin qu'il avait de:'ses ser-
vices, dans la prévision du retour des
Samuel de Champlain 157 rs hémcrnssiréiséééihnitie com:
Anglais, l'engagea à le retenir auprès de lui. Celui qui fut délégué à sa place, devait assurer les Abénaquis qu'on les assisterait contre leurs ennemis dès que les vaisseaux auraient rapporté l'abondance, pourvu qu’en attendant ils voulussent bien donner aux Français quelques secours en vivres. Champlain lui avait en même temps recommandé de bien observer les lieux, la qualité des terres et la
bonté du pays.
‘Voyant la saison déjà passeblement
avancée, Champlain prit le parti d’en-
158 Samuei de Champlain
voyer son beau-frère à Gaspé avec une trentaine d’autres ; vingt d’entre eux consentirent d'avance à demeurer là avec les sauvages, et les autres préférèrent courir leur risque. La barque avant d'arriver à Gaspé, rencontra le vaisseau d'Emeric de Caen, qui venait chercher une partie des hommes de la compagnie destituée, et apportait en même temps des vivres pour l’habitation. Ainsi assuré d'un prompt secours, Boullé prit quelques provisions, et 'se remit en route pour Québec. Malheu-
reusement, il tomba entre les mains
éi dé
des Anglais avant d’avoir passé Ta-
doussac.
Les Kertk étaient revenus, cette ‘année, avec six vaisseaux et deux
pinasses, décidés à faire un dernier
effort pour achever leur conquête. À
force de questionner les prisonniers, ils ne tardèrent pas à connaître au juste:
le triste état où était réduit Québec.
Pendant ce temps-là, Champlain était dans une mortelle inquiétude.
Les vivres manquaient ; la saison était
déjà bien avancée, et l'on commençait
NN oo —
à désespérer de voir arriver des vaisseaux. Les sauvages, depuis l’arrestation de Mahigan-Atic-Ouche, soup- RME conné d’avoir commis le meurtre des deux Français, se tenaient sur la réserve, et, à l'exception du fidèle Chomina, on ne pouvait guère compter sur
eux en ce moment
Pont-Gravé, à cause de son âge et de ses infirmités, causait à Champlain beaucoup plus d'embarras qu'il ne pouvait lui être de service. Comprenant lui-même la délicatesse de sa
position, il avait pris la résolution de
descendre comme il pourrait à Gaspé, pour y chercher un vaisseau et se faire repasser en France. Le voyage préparé, il demanda à Champlain s’il aurait agréable qu’il fit lire la commission que lui avait donnée M. de Caen, afin que celui-ci ne püt lui contester ses gages. Champlain ne voulut pas lui refuser cette satisfaction ; mais il crut devoir lui observer que M. de Caen ‘“ s’attribuait des honneurs et
‘andements qui ne lui apparteuaient pas, anticipant sur les charges de vice-roi; que, pour le commerce
des pelle ries, les articles de Sa Ma-
mr pti
iesté lui donnaient tout pouvoir ;”
mais que, pour le reste, les commissions royales ne lui permettaient pas
de s’en mêler.
“ Le lendemain, qui était un diman...
che, au sortir de la sainte - messe, Champlain, devant tout le peuple assemblé, fit lire les commissions, ” celle que Pont-Gravé tenait du sieur de Caen, et celle qu'il tenait lui-même du vice-roi, en expliquant à tous la: différence qu'il fallait mettre ‘“ entre le pouvoir que poxvait donner le dit
sieur de Caen, et celui qui lui était con-
Samuel de Champlain 163 ET en
féré à lui-même par les lettres royales.”
“Je vous fais Commandement, dit-il à ceux qui composaient la de par le Roi et Mgr. le que vous
Ssemblée, vice-roi, ayez à faire tout ce que
vous COmmandera Je sieur du Pont,
Pour ce qui tonche Je trafic et commerce des Marchandises, Suivant les
articles de Sa Majesté que je y
fait lire ; et, du reste, de m'obéir en
tout et pa
OUS ai
rtout en ce que je commanderai, et où il ÿ aura de l'intérêt du Roi et de mon dit Seigneur. ”
bien, dit Pont-Grav
— “ Je vois
é, que vous protestez ma Commission de nullité. ”