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Pont-Gravé reconduisit les vaisseaux en France, et Champlain demeura avec dd dc vingt-huit personnes pour
| continuer les travaux commencés.
“ Le site que choisit Champlain, dit + M. l'abbé Ferland, convenait admirablement à son dessein de créer et
; d'organiser une France Nouvelle dans
l'Amérique. Placé à cent trente lieues
de l'embouchure du Saint-Laurent,
# Québec possède un havre magnifique,
î qui peut contenir les flottes les plus
nombreuses, et où les plus gros vais-
#seaux peuvent arriver facilement de la
49 Samuel de Champ'ain
me
mer. À ses pieds coule le grand fleuve, qui fournit une large voie pour pénétrer jnsqu'au centre de l'Amérique À Septentrionale. Sur ce point, le Saint- 1 Laurent se rétrécit considérablement, Ë n'ayant au plus qu’un mille de largeur ; È de sorte que les canons de la ville et 4 de la citadelle peuvent foudroyer les 4
vaisseaux qui tenteraient de franchir î
le passage. Québec est donc la clef de À
la vallée du grand fleuve, dont le Î cours est de près de huit cent lieues ; ; il est la sentinelle avancée de l'im- ; mense empire français que rêva Louis 1
XIV, et qui devait se prolonger depuis à
mn
euve, ie détroit de Belle-Isle jusaues au golfe
péné- M du Mexique. ”
rique #
Saint M Québec avait encore une autre
ment, | épreuve à subir. Le scorbut et la disrgeur ; ille et M Jes trois-quarts de ses premiers fondaver les u
senterieluienlevèrent, pendant l'hiver,
teurs. Quand les vaisseaux revinrent anchir au printemps, vingt personnes avaient
clef dem
Me succombé à cette cruelle maladie, lont le À lieues ; | Le 7 juin 1609, Champlain, laissant e lim- À pour commander à sa place le sieur a Louis î Desmarais, alla rejoindre Pont-Gravé à depuis à Tadoussac.
Ce n’était pas tout d’avoir fondé, à plus de cent lieues dans le fleuve, une frêle habitation qu'un souflle pouvait anéantir ; il fallait étudier le pays, lier de nouvelles connaissances avec les tribus environnantes, sans l’amitié ou le concours desquelles tout essai
d'établissement était absurde et impos-
sible. C’est pourquoi, dès l’arrivée des
vaisseaux, Champlain ne voulut rien, entreprendre sans avoir l'avis de. Pont- Gravé, dont il connaissait mieux que personne la longue expérience. Il fut résolu qu’il suivrait, avec une chaloupe
de vingt hommes, les Montagnais et
les nations alliées jusqu'au pays des Iroquois, tant pour les assister contre ces ennemis irréconciliables, que pour
continuer les découvertes commencées.
Les Montagnaïs ne manquèrent pas de représenter à Champlain, qu’on leur avait promis solennellement (dès 1603) du secours contre les Iroquois. En 1608, il en avait été empêché par les travaux qu'il fallait surveiller ; mais, cette année, les Algonquins et les Hurons se joignirent aux Montagnais pour lui rappeler que Pont-Gravé et
lui leur avaient témoigné, 1l n’y avait
| pas encore dix lunes, le désir de les 3 assister dans une guerre regardée comme indispensable. C'était, en effet, le moment ou de se concilier ces nom- !
breuses et puissantes tribus, ou de se 1 les aliéner peut-être pour toujours. | Champlain les suivit donc avec ses à quelques Français. La petite armée re- À monta la rivière des Iroquois (ou de 1 Sorel), et savança avec précaution i jusqu'à une assez grande distance dans À le lac qui depuis a toujours porté le |
nom de Champlain.
Le soir du 29 juillet, sur les dix |
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Les
Iroquois mirent à terre, et se barrica-
heures, on rencontra l’ennemi.
dèrent de leur micux ; les alliés ran-
gèrent leurs canots attachés les uns
contre les autres, et gardèrent l’eau, à
portée d’une flèche, jusqu’au lende-
main matin.
“a nuit se passa en
danses et chansons, avec une infinité
1 d'injures de part et d'autre.” Le jour
venu, on prit terre, en cachant tou-
jours soigneusement les Français, pour
ménager une surprise. Les Iroquois,
“au nombre de deux cents hommes
1 forts et robustes, s’avancèrent avec
assurance, au petit pas, trois des prin-
cipaux chefs à leur tête. Les alliés, de leur côté, marchaient pareillement en bon ordre ; ils comptaient avant tout sur l'effet foudroyant des armes à feu, dont les Iroquois n'avaient encore aucune 1dée. Cham}.lain “leur promit de faire ce qui serait en sa puissance, er de leur montrer, dans le combat, tout son courage et sa bonne volonté ; qu'indubitablement ils les déferaient
tous.”
Quand les deux armées furent à la portée du trait, l’armée alliée ouvrit
ses rangs. Champlain s'avança jusqu’à
ils
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liés, de ent en nt tout s à feu, encore promit issance, ombat, olonté ;
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usqu’à
trente pas des ennemis, qui demeurèrent interdits à la vue d’un guerrier siétrange pour eux. Mais leur surprise fut au comble, quand, du premier coup d'arquebuse, ils virent tomber deux de leurs chefs, avec un autre de leurS compagnons grièvement blessé. Champlain n'avait pas encore rechargé, qu'un des Français caché dans le bord du bois, tira un second coup, et les jeta dans une telle épouvante, qu'ils prirent la fuite en désordre. Les alliés firent dix à douze prisonniers, et n'eurent que quinze ou seize des leurs
de blessés.
M. de Monts avait écrit à Champlain toutes les difficultés que lui suscitaient les marchands bretons, basques, rocheloïs et normands; l'habitation, du reste, lui demeurait, par convention faite avec ses associés. Champlain crut donc à propos de repasser en France, et laissa à Québec, de l'avis de Pont- Gravé, ‘un honnête homme appelé le capitaine Pierre Chavin, de Dieppe,
pour commander en sa place.”
La commission de M. de Monts venait d'être une seconde fois révoquée.
Cependant, il nese rébuta pas encore;
È RP. FRE P TR Cet
| l'engagea à ne point renoncer à un
si noble dessein. “Il se délibéra
“aviser à ce qu'ils avaient à faire
“continuer l'habitation, et parachever ; de découvrir dans le grand fleuve {Saint-Laurent, suivant les promesses des Ochatéguins [ou Hurons], à la {charge qu'on les assisterait en leurs
“guerres, comme on leur avait promis.”
le rapport que lui fit Champlain de ses nouvelles découvertes, et des
heureuses dispositions des Sauvages,
d'aller à Rouen trouver ses associés,
les sieurs Collier et Legendre, pour
l'année suivante. Ils résolurent de
M. de Monts s’en retourna à Paris”
avec Champlain, et essaya d'obtenir «
privilége au moins pour les ‘nouvelles découvertes que l’on venait de faire,
où personne auparavant n’avalt encore
[er Pr.
traité ; ce qu'il ne put gagner, quoique!
les demandes et propositions fussent
0 CU Ne AA le A A
justes et raisonnables. Il ne laissa pas
pourtant de poursuivre son dessein,
pour le désir qu’il avait que toutes
chosés réussissent au bien et honneur
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de la France.”
Avant de repartir pour le Canada #
Champlain voulut savoir de M, déer
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Monts s’il n’était point d'avis qu'il hivernât à Québec; celui-ci remit le
tout à sa discrétion.
Il sembarqua à Honfleur dès le 7 de mars 1610, ‘“ avec quelque nombre d'artisans. ” Les Montagnais l’atten- - daient à Tadoussac, impatients de sa- . voir s’il les accompagnerait dans une {nouvelle campagne contre les Iroquois.
I] les assura qu'on était toujours dans
nd
a disposition de leur prêter main-forte,
Ipoury u que, de leur côté, ils tinssent la
3 FR EP RE er
E ole qu'ils lui avaient donnée, “ de
e mener découvrir les Trois-Rivières,
jusqu'à une grande mer dont ils lui avaient parlé, pour revenir par le Saguenay à Tadoussac.” Ils répondirent 3 qu'ils avaient encore cette volonté ; mais que ce voyage ne pouvait.se faire M que l’année suivante. Ce retard con- : trariait Champlain. ‘“ Toutefois, dit-il, .
j'avais deux cordes à mon arc, les 4 Algonquins et les Ochatéguins m'ayant aussi promis de me faire voir leur pays, le grand lac, quelques mines de cuivre 1 et autres choses, si je consentais à les
aider dans leurs guerres.”
Il monta donc aux Trois-Rivières, où M
mr
is lui M étaient déjà rendus les Montagnais.
le Sa- M Un parti d'Alsonquins devait venir les dirent M rejoindre à la rivière des Iroquois. lonté ;
e faire Cette fois, on trouva les ennemis d con- :
fortifiés, et entourés d’une barricade
, dit-il, M « faite de puissants arbres arrangés les
rc, les « uns sur les autres en rond.” La résisn'ayant Ë tance fut longue et vigoureuse. Chamr pays, plain, dès le commencement du comcuivre M bat, fut blessé d'un coup de flèche, qui
s à les À lui fendit le bout de l'oreille, et pé- : nétra dans le cou ; ce qui ne l’empêcha
1 pas cependant “ de faire le devoir.”
res, où Enfin nos guerriers, encouragés par un
renfort que leur amena le brave Des 1 Prairies, parvinrent à rompre la barri- À cade; tout fut tué, ou noyé dans la 4 rivière, à la réserve de quinze, qui
furent faits prisonniers, :
Les Aloonquins consentirent à em- M mener avec eux unjeune Français, à condition que Champlain accepterait | en échange un jeune Sauvage, nommé |
Savignon, pour lui faire voir la France
Après avoir fait achever la palissade de l'habitation, Champlain, qui avait
appris la nouvelle des troubles arrivés"
En)
re Des
y barri-
ze, qui»
à Brouage, et de la mort du roi (Henri
IV), se décida à repasser la mer encore
ans la cette année. Du Parc, qui avait déjà
hiverné avec le capitaine Pierre Cha
… vin, demeura commandant de la place,
« Toute sa garnison se composait de
+ à em- 1 seize hommes.
| cal, à
epterait À
nommé
alissade
1i avait |
arrivés
Dans lies derniers jours de l’année
î d1610, Champlain, engagé depuis plus
France “ide dix ans dans de longs voyages ou
PSE 5 2
“des expéditions aventureuses, conclut