TRAVAIL EN SUISSE
après leur retour eu Angleterre, avaient présenté ce projet à un certain nombre de personnes influentes, avec l'appui (lesquelles un comité avait été nommé pour mettre le projet à exécution ; que toutes les mesures étaient prises, les statuts rédigés, un immeuble acheté, de sorte que l'institution allait être ouverte incessamment. Il ajoutait qu'il était chargé par le comité de m'offrir, et cela dans des conditions très-avantageuses, la charge de vice-directeur, un directeur proprement dit ne paraissant pas nécessaire pour le moment. Il y avait une condition, c'est que je devrais recevoir la consécration de l'église épiscopale.
Cette offre me parut la réponse de Dieu à mes prières, et la condition qui y était attachée renfermait aussi pour moi une indication divine. Car c'était précisément un cas de ce genre que j'avais réservé quand je présentais quelques années auparavant au secrétaire de la Société des Missions de l'église anglicane mes objections contre cette consécration. Je ne supposais pas alors que ce cas se présentât jamais. Ainsi je pouvais accepter cet appel sans arrièrepensée et en bénissant Dieu. La seule chose qui me donnât quelque souci était la perspective d'un examen à subir. J'avais un peu oublié mon latin et mon grec, ainsi que d'autres branches essentielles de l'enseignement, mais pour cela aussi je me confiais au Seigneur. Du reste j'avais l'assurance que, même si ma santé demeurait dans le même état, je pourrais avec le secours de ma femme m'acquitter convenablement de ma tâche. J'acceptai donc joyeusement cet appel, ainsi que l'invitation à me rendre en Angleterre pour y faire la connaissance des membres du comité et y recevoir mes instructions. Je partis en mai 1845 et passai trois mois à Londres et aux environs pour visiter les membres du comité. Le docteur Crawford m'invitait souvent à déjeuner
chez lui, puis à présider le culte de famille. Je le faisais comme j'en avais l'habitude chez moi. Souvent ou me laissait le choix de la portion des Saintes-Écritures à lire, d'autre fois elle m'était désignée. Peu à peu je m'aperçus que c'était là une sorte d'examen que je subissais. Ces trois mois me furent d'une grande utilité. Je fis la connaissance d'un grand nombre d'amis chrétiens, avec plusieurs desquels je suis resté lié jusqu'à ce jour ; d'autres sont entrés déjà dans la patrie céleste. Je ne rencontrai une certaine froideur à mon égard que chez deux seules personnes, juste ce qu'il fallait pour m'apprendre à ne pas mettre ma confiance dans les hommes. En août je fus ordonné diacre par l'évêque Blomfield de Londres, qui se montra très-aimable et facile.
Le comité me donna comme instruction de parcourir, aussitôt après mon arrivée à Malte, l'Italie et la Sicile, pour visiter dans les principales villes les protestants, avant tout les Anglais qui y étaient établis, et gagner si possible leur intérêt pour l'entreprise d'un établissement d'instruction supérieure à Malte, et les engager à y placer leurs fils et à contribuer à ce qu'on y pût recevoir gratuitement de jeunes Orientaux. Je fis cette tournée en Italie à la fin de l'année 1845. Je visitai les protestants de Naples, de Rome, de Livourne, de Pise, de Florence, etc. ; puis ceux de Palerme, Messine et Catane en Sicile. Je rencontrai généralement un bon accueil. Quelques-uns me reçurent au premier abord brusquement, mais me firent ensuite leurs excuses. Ici aussi je nouai de bonnes amitiés, qui ont duré jusqu'à ce joui*. Je rencontrai plusieurs dames anglaises mariées à des Italiens de distinction, mais qui ne paraissaient pas trèsheureuses. A Livourne, Palerme et Messine on me demanda de prêcher et je tins en outre des réunions d'édification.
Les nombreux Italiens et Siciliens que j'avais précédem-