‹ Samuel GobatChapitre 21 sur 70 · TRAVAIL EN ITALIE · texte numérisé non relu

TRAVAIL EN ITALIE

sur le Sauveur ressuscité et glorifié. Ce n'est pas sur le Thabor, c'est à Golgotha que nous sont révélées la grandeur et la gravité du péché. L'église catholique en un sens et par un chemin détourné conduit ainsi ses membres jusque sur le seuil de la vie d'en haut. Mais sa hiérarchie, qui prétend tenir les clés du royaume des cieux, n'y entre pas et ne permet pas au peuple d'y entrer.

Puisque j'en suis à parler de mon séjour en Italie je rapporterai encore un fait qui m'arriva à Naples. J'avais fait la connaissance d'un banquier anglais, dont la femme souffrait depuis deux ans d'une extinction de voix. Lorsque je la vis, avant mon voyage dans le nord de l'Italie, elle se plaignait de douleurs dans la gorge. Comme j'avais fait avec mes enfants, dans des cas d'angine, l'expérience de l'efficacité de l'application autour du cou d'un linge trempé dans l'eau froide et recouvert d'une bande de laine ou de .soie, je conseillai à cette dame de se mettre au lit et d'employer ce remède. A mon retour dans cette maison, quelques semaines après, elle vint à ma rencontre d'un air joyeux et reconnaissant. Elle était complètement guérie.

En rentrant à Malte, à la fin de janvier 1846, je trouvai que ma chère femme, avec le secours de M. Innés, avait acheté le mobilier nécessaire, et que tout était prêt pour l'ouverture de l'école. Nous commençâmes le 3 février avec une dizaine d'élèves, en général peu avancés. Plusieurs avaient déjà fait du latin pendant trois ou quatre ans et même lu César. Quand je pris cet auteur pour le leur faire lire à livre ouvert, quelques-uns s'en tirèrent assez bien. Ils traduisaient couramment et correctement. Mais il leur manquait les éléments. Aucun d'eux n'avait la moindre notion de grammaire, et ne savait ce que c'est qu'une déclinaison ou une conjugaison. Tout ce qu'ils avaient appris

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était mémorisation machinale. Je dus les remettre à décliner « mensa ». Ces jeunes gens, âgés de douze à treize ans, n'avaient non ;plus aucune notion de géographie ni d'histoire. Néanmoins tout marcha assez bien. Bientôt les jeunesgens s'attachèrent à moi et à ma femme, qui dirigeait le ménage, ils étaient obéissants et faisaient des progrès. Nous vivions tous ensemble en famille, mangeant à la même tabley faisant nos promenades en commun et notre culte domestique matin et soir. Après toutes les épreuves que nous avions traversées, nous nous trouvions heureux dans c& poste, et nous bénissions Dieu qui nous y avait placés.

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