LA MAI80N PATERNELLE
A partir de ce moment, dans cette position plus humble mais plus nette, la vie de mes parents, jusqu'à leur entrée dans l'éternel repos, fut tranquille et heureuse.
Ce qu'il y eut de plus heureux , ce furent les bénédictions spirituelles qui se répandirent sur notre famille, tellement que dans l'espace de deux années, mon père, ma mère, leur quatre enfants se convertirent et que Dieu daigua choisir plusieurs de nous comme ses instruments pour amener d'autres pécheurs au Sauveur et leur faire connaître Celui en qui nous avions trouvé la vie, la paix et la joie.
Ma mère, en particulier, déploya une activité bénie dans son entourage depuis qu'elle eût elle-même trouvé la paix en 1818 jusqu'à ce que, en août 1837, le Seigneur trouva bon de la retirer de ce monde.
Mon père mourût en 1849, âgé de près de 82 ans.
Dès ma plus tendre enfance mes parents m'enseignèrent à reconnaître dans chaque bienfait la main de Dieu. En présence du plus grand de tous, le don de son Fils, touché d'un tel amour et l'aimant en retour, je ne pouvais penser sans être ému que Jésus se tenait toujours près de moi comme mon ami fidèle.
Mon plus grand plaisir était de lire la Parole de Dieu, surtout les Évangiles, et de prier en secret. Dès ma septième année je connaissais le Nouveau Testament et la partie historique de l'Ancien aussi exactement qu'aujourd'hui, quoiqu'il y eût naturellement bien des passages que je ne comprenais pas. Je lisais aussi d'autres bonsl ivres, de préférence ceux que publiait la communauté des Frères Moraves, et des sermons évangéliques. Souvent je priais Dieu de faire de moi un prédicateur de l'Évangile. J'avais ce désir parce que je m'imaginais qu'alors je comprendrais
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tous les passages de l'Écriture qui étaient encore obscurs pour moi. Cette piété précoce parut un moment près de se dissiper comme une nuée du matin. Déjà dans ma neuvième année des doutes s'élevèrent dans mon esprit sur plusieurs passages de la B&.<* Quelques années plus tard, je doutais de toute la Parole de Dieu, de l'immortalité de l'âme et de la divinité de Jésus-Christ. Plus tard enfin, lorsque mon cœur se fut entièrement détourné de Dieu, je m'efforçais de me persuader qu'il n'y avait en réalité point de Dieu personnel, mais cela ne me réussit jamais complètement.
Ce triste état, autant qu'il m'en souvient, fut amené par les circonstances suivantes. Dès l'âge de quatre ans j'avais lu et relu un petit livre intitulé : « Le Berger d'Artois. » C'était un dialogue entre un berger converti à la foi évangélique et son curé. (Je désirerais que ce petit livre fut réédité pour l'édification du peuple.) Par ce petit livre j'appris à connaître d'un côté toutes les erreurs de l'église romaine ; de l'autre, les vérités fondamentales de la sainte Ecriture opposées à ces erreurs. Tout cela me remplit d'une telle indignation contre tout le système papiste que rien ne put dès lors et ne pourra jamais, je l'espère, effacer cette impression , d'autant moins que mon expérience jusqu'à ce jour n'a fait que la renforcer. Le contenu de ce petit livre éveilla en moi une profonde compassion poulies pauvres catholiques de mon entourage et je conçus le désir de les convertir tous. J'entrai ainsi en relation avec un prêtre catholique qui se mit bientôt à fréquenter notre maison pour s'entretenir avec moi. Mais, comme il n'avait qu'une connaissance très imparfaite de la Bible, et que tous mes arguments en étaient tirés, il ne me fut pas difficile de le réduire au silence. Cela arriva souvent en pré-