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LA POLITIQUE EUROPÉENNE 30 J

D'autre part, des musulmans plus perspicaces comprirent que ces derniers événements avaient mis au jour des symptômes non équivoques de l'irrémédiable décadence de l'empire turc, et cette découverte ne fit que les exaspérer. „Si les étrangers doivent prendre possession de notre pays, disaient-ils, eh bien! faisons en sorte qu'ils n'y trouvent qu'une solitude dévastée". Des chrétiens clairvoyants avaient prédit que la proclamation dans l'empire turc de l'égalité de droits entre les musulmans et les chrétiens serait le signal de sanglantes révoltes, et cela se réalisa. Tandis qu'en plusieurs lieux le décret resta ignoré et les chrétiens dans le mépris et l'oppression, ce fut sa proclamation qui provoqua à Naplouse ce soulèvement que nous verrons plus loin. Et dans des cas semblables les consuls européens avaient moins que jamais le droit de réclamer des dédommagements en faveur des chrétiens; car, la séparation entre l'église et l'état ayant été statuée (sur le papier), les consuls, en leur qualité d'employés civils, n'avaient aucun droit à intervenir dans des affaires religieuses.

Le décret reconnaissait aux chrétiens la qualité de témoins devant les tribunaux, même contre des musulmans. Mais dans la pratique le cadi mettait le Coran au-dessus du décret et ne tenait aucun compte de ce dernier» D'après le décret, un converti qui réclamait le baptême ne pouvait plus être traduit devant les tribunaux et condamné à mort; mais dans la pratique le premier musulman venu pouvait impunément l'assommer dans la rue. Enfin, si dès lors quelques progrès ont néanmoins été réalisés, ce n'est pas aux firmans, ni au gouvernement de la Porte, qu'ils sont dûs, mais simplement aux relations des occidentaux. Le „décret" n'y

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est pour rien, et la politique européenne, qui avait peutêtre l'intention d'intervenir dans les affaires de l'Orient d'une façon avantageuse pour le christianisme, n'y a exercé en réalité qu'une funeste influence.

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