COLPORTEURS BIBLIQUES 3Q
ces trois missionnaires possédèrent assez la langue, je leur assignai à chacun l'une de ces trois villes comme principale station. Le missionnaire Klein se fixa à Nazareth, l'évêque Bowen à Naplouse, et le Dr. Sandreczki à Jérusalem. Tel fut le faible commencement de la Mission parmi les indigènes de la Palestine. Mais à ce moment les hiérarchies romaines et grecques étaient sorties de leur sommeil, et elles commencèrent aussitôt contre notre oeuvre une opposition dont nous parlerons plus loin.a
Ecole de Jerusalem. „Je disais il y a un an (dans le rapport de novembre 1847) que j'étais sur le point de fonder à Jérusalem une école, une sorte d'asile pour les enfants pauvres, dont je confierais le soin, tant au point de vue matériel qu'au point de vue intellectuel, à une dame anglaise, fort bien qualifiée. Cette école s'est ouverte effectivement le 10 novembre 1847 avec une dizaine d'enfants des deux sexes. A l'heure qu'il est (octobre 1848) nous avons sur notre liste les noms de vingt-six enfants, mais dont dix-huit seulement fréquentent l'école. C'est que, si d'un côté les parents juifs sont heureux de pouvoir faire donner quelque instruction à leurs enfants, de l'autre les rabbins voient de mauvais oeil notre école et obligent autant qu'ils le peuvent les parents à en retirer leurs enfants. Mais comme cela se fait malgré ceux-ci , j'espère que l'impression qu'ils emportent de l'école portera ses fruits. De ces dix-huit enfants, quatre appartiennent à des parents chrétiens, neuf à des prosélytes, les autres à des Juifs. Ce n'est pas chose facile que de leur donner le goût de l'ordre et l'habitude de l'obéissance; néanmoins leurs progrès sont satisfaisants.
Nous n'avons pu avoir jusqu'ici comme élèves internes que des jeunes filles, et jamais plus de cinq à la fois, parce que les Juifs répugnent à laisser leurs enfants se nourrir des mets des chrétiens. Cependant nous donnons le diner aux garçons pour les avoir toute la journée sous notre surveillance, et aussi parce qu'ils sont presque tous pauvres."
L'année suivante (1849) l'évêque écrivait: „L'école prospère au delà de ce qu'on pouvait espérer. La maladie de l'excellente institutrice menaçait, il est vrai, d'en entraver la marche ; mais l'arrivée d'une aide nous permet de croire que l'école continuera d'être en bénédiction à maint agneau égaré de la maison d'Israël ou d'autre nation. Le nombre des enfants admis jusqu'ici s'élève à cinquante; pendant ces derniers mois la fréquentation a été de vingt-neuf en moyenne. Presque tous ces enfants sont d'origine juive, et nous constatons avec joie chez plusieurs d'entre eux l'influence salutaire de l'Esprit et de la grâce; presque tous font de réjouissants progrès dans la connaissance de la Parole de Dieu."
Cette école continuait ainsi depuis quatorze ans sa marche encourageante lorsque de douloureux événements vinrent y apporter des modifications et un nouveau développement. „À la suite des massacres des chrétiens du Liban (en 1860) je fus souvent et instamment prié, dit Gobât dans son rapport de 1863, de recevoir dans mon école des orphelins dont les parents avaient été égorgés par les Druses ou par les musulmans. La détresse était grande, le besoin urgent. Je me décidai à transformer mon école en un orphelinat, où se trouvent maintenant quarante enfants, dont l'entretien et l'instruction sont
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