‹ Samuel GobatChapitre 34 sur 70 · ECOLES DE JERUSALEM ET NAPLOUSE · texte numérisé non relu

ECOLES DE JERUSALEM ET NAPLOUSE

entièrement à ma charge. Mais les avantages qu'il y a à avoir ces cliers enfants constamment sous nos yeux et sous l'influence non contrecarée d'un maître chrétien, sont si grands et si évidents que j'ose croire que ceux d'entre les anciens bienfaiteurs de mon école qui ont à coeur le bien temporel et éternel de ces chers enfants continueront à l'orphelinat le secours financier qu'ils accordaient à l'école. Outre les orphelins, seize à vingt autres enfants de diverses langues et nationalités reçoivent les leçons de cette école, où déjà six de mes maîtres et sous-maîtres se sont formés.

Ecole de Naplouse. En 1847, à la suite des visites d'un simple et fidèle Arabe converti, employé comme colporteur et lecteur biblique, plusieurs hommes de Naplouse s'étaient mis à lire et à étudier ensemble la Parole de Dieu. Au printemps suivant ils vinrent à Jérusalem pour assister aux cultes de la semaine de Pâques dans l'église de l'évêque Gobât. Ils s'en retournèrent sans mot dire; mais celui-ci, quelques semaines après, reçut une lettre signée d'une dizaine d'entre eux, qui déclaraient vouloir à tout prix se détacher de l'église grecque, ou, comme ils s'exprimaient, de l'église du patriarche, et se constituer en église évangélique avec la Parole de Dieu pour base et pour autorité. Gobât leur répondit qu'il était prêt à faire tout son possible pour les aider dans leur étude de la Parole de Dieu et pour les faire progresser dans la connaissance de la vérité, mais qu'il ne pouvait pas donner sa sanction à leur sortie de l'église grecque. Il leur conseillait de persévérer à faire de la Bible lue avec prière la règle de leur conduite et de demeurer ainsi dans leur église jusqu'à ce qu'ils en fussent chassés.

Après avoir échangé quelques lettres avec eux il leur envoya un missionnaire, accompagné de son propre secrétaire, le lecteur biblique de Jérusalem. Ces deux envoyés trouvèrent des gens pleins de bonne volonté, mais se sentant eux-mêmes encore fort peu avancés dans la connaissance de la vérité. Plusieurs chefs de famille, réprésentant soixante-dix âmes, sur un chiffre total de quatre cents chrétiens grecs que comptait Naplouse, avaient signé la promesse de persévérer ensemble dans leur attachement aux Saintes Ecritures et de travailler de tout leur pouvoir à procurer à leurs enfants une éducation basée sur les principes de la pure Parole de Dieu. Ces chefs de famille assuraient que bien d'autres personnes encore étaient dans ces mêmes sentiments, mais que, par prudence, on n'avait pas cru devoir demander leur signature.

Bientôt après l'évêque reçut une pétition conçue dans un véritable esprit de soumission chrétienne, dans laquelle douze pères de famille lui déclaraient vouloir suivre son conseil et demeurer dans leur église, mais le priaient d'autant plus instamment de leur fournir le moyen de donner à leurs enfants cette éducation biblique dont il sentaient si douloureusement pour eux-mêmes la privation. Ayant mûrement pesé toutes ces considérations, Gobât se décida à acheter à Naplouse une maison suffisamment spacieuse pour y loger la famille d'un instituteur et y ouvrir une école. Il y installa un jeune homme intelligent et bien qualifié, originaire de Nazareth, mais déjà domicilié à Naplouse, et lui remit la direction de l'école, sous le contrôle de deux des plus influents de ces pères de famille. En même temps il se faisait donner par le pacha de Jérusalem et par le gouverneur

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