OPPOSITION" DES MUSULMANS
et paisible chrétien a été tué, plusieurs autres, qui n'avaient pas réussi à se cacher, ont été maltraités et grièvement blessés, ma maison d'école saccagée, presque démolie, celle de l'agent de la mission anglaise, chrétien indigène, pillée.
„Un fait du même genre, qui s'est renouvelé il y a trois mois dans la même localité, semblait devoir être le signal d'événements sinistres. L'émeute s'organisait à Naplouse. Les chrétiens, s'attendant à être assaillis par les musulmans, avaient fermé leurs magasins et s'étaient tenus cachés deux jours dans leurs maisons. Le massacre n'eut pas lieu, mais ces craintes n'étaient que trop justifiées. Car les auteurs des précédents méfaits, après avoir craint un moment d'en être punis, n'avaient pas tardé à se rassurer. Comme il ne fut fait ni enquête ni répression; ils comprirent que nous autres sujets anglais nous n'étions pas autant protégés que nous en avions l'air, puisque nos réclamations étaient vaines et que nous ne pouvions obtenir aucun dédommagement pour nos maisons pillées et démolies. Et maintenant, enhardis par l'impunité, ils sont partout pleins de fierté, insolents et menaçants."
Ces prévisions de l'évêque n'étaient que trop justes et n'allaient pas tarder à se réaliser. En 1859 et 1860 cette haine et cette hostilité firent explosion dans les massacres des chrétiens à Damas et dans le Liban. Il se passa là des scènes de cruauté et de barbarie qui remplirent l'Europe de sympathie pour les victimes et d'horreur pour les meurtriers. Le pasteur Krämer, de Beyrout, bien placé pour voir de près ces événements et pour en discerner les causes, écrivait alors dans les „Nouvelles de l'Orient" ce qui suit: ,.Parmi les causes
multiples de ces actes de cruauté, la principale, selon nous, la vraie cause qui explique toute cette série ininterrompue d'égorgements, il faut dire cette tentative d'extermination générale des chrétiens en Orient, c'est la haine musulmane. On avait déjà souvent signalé cette fermentation, qui s'opérait sourdement dans les diverses provinces de l'empire turc, et qui relie par un lien secret les massacres des chrétiens à Djidda, et à Gazar et à Tripolis, et à Alep, et ailleurs. Eh bien! ce lien secret, le principe de cette fermentation, c'est la haine plus ou moins consciente ou inconsciente de l'islamisme contre l'Evangile. Comme la croix de Christ a démontré depuis deux ans par un certain nombre de conversions de musulmans, à Constantinople et ailleurs, sa puissance victorieuse, la fanatisme musulman irrité redouble d'efforts chez ses adeptes et les pousse à l'extermination des mécréants maudits.
„Qu'il y ait, dans cette haine, un mélange de raisons politiques, on ne saurait le nier. Mais la politique toute seule ne produirait jamais une pareille excitation chez les masses. En Syrie comme aux Indes, dans les massacres des chrétiens du Liban comme dans les massacres des Anglais, c'est le fanatisme musulman qui a été la principale cause. Les Druses et les Maronites étaient depuis longtemps ennemis, et des cruautés avaient été commises de part et d'autre, mais jamais encore à un tel point. Le 29 mai 1860 le pacha vint prendre position dans la montagne, près de Hasmieh, et l'oeuvre d'extermination commença. Pendant toute une semaine nous vîmes, de jour la fumée, de nuit la lueur des incendies qui anéantirent plus de cent villages. Les villes qui, comme Sachleh, Deir-el-Kamar, Hasbeya,