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OPPOSITION DES MUSULMANS

Rascheya, se défendirent vaillamment, furent assiégées, prises parla famine ou par la trahision, par la perfidie des autorités turques, les maisons furent pillées et brûlées, et toute la population mâle égorgée, depuis le veillard jusqu'au nourrisson. Cela fait, on se jeta sur les chrétiens de Damas. Les flammes qui consumaient leurs maisons les poussaient au-devant des poignards desDruses et des bayonnettes des soldats turcs. On compte que dix-sept à vingt mille chrétiens furent ainsi égorgés, et un beaucoup plus grand nombre, jusqu'à soixante-dix mille, spoliés et entièrement ruinés." Voila ce dont est capable le fanatisme musulmans quand il peut se donner carrière. „Mais, ajoute le pasteur Krämer, ô honte aux diplomates chrétiens, qui, par leur cupidité égoiste et leurs ambitions jalouses, ont rendu à l'empire turc agonisant ce prolongement de vie factice, dont il a usé d'une si indigne manière!"

Opposition du clergé. Nous avons déjà rencontré, lors de l'ouverture de l'école de Naplouse (voir page 309) les foudres de l'excommunication lancée par un prêtre contre ceux qui y enverraient leurs enfants. Voici un fait du même genre pris parmi beaucoup d'autres. Une école biblique venait d'être ouverte par les soins de Gobât à Tibériade. Aussitôt l'évêque grec-uni d'Acre et l'évêque latin de Nazareth de concert la supprimèrent par la violence, en donnant à leurs ouailles, qui réclamaient contre cette mesure, cette consolation que, comme ils étaient tous de pauvres gens, leurs enfants n'avaient pas besoin d'instruction. Comme Naplouse avait été l'un des points les plus lumineux de l'activité de Gobât, ce fut aussi l'un de ceux sur les quels se concentra l'opposition du clergé grec. „J'au-

rais des volumes à écrire, dit-il (rapport d'octobre 1851), si je voulais raconter en détail les intrigues, les tentatives de corruption, les fallacieuses promesses, les menaces et les intimidations que les évêques et les moines du couvent grec de Jérusalem ont mises en oeuvre contre notre petit troupeau de Naplouse. D'abord on envoya un diacre habile et rusé avec des présents pour les personnes les plus influentes de la ville. Il venait soidisant pour ouvrir une école bien supérieure à la mienne et dans laquelle on enseignerait les langues modernes. Les gens furent invités à faire inscrire leurs enfants. L'on promettait que le couvent se chargerait de payer au gouvernement les impôts de toutes les familles qui enverraient leurs enfants à cette école. Là-dessus une vingtaine de personnes m'écrivirent pour me demander ce qu'elles devaient faire. Comme je m'étais toujours efforcé de disposer favorablement ces gens envers un clergé dont ils se méfiaient, je leur répondis que, pour se conformer eu tout à la Parole de Dieu, ils ne devaint pas se laisser allécher par la perspective d'avantages pécuniaires ; mais qu'ils devaient demeurer en bons termes avec le diacre; qu'ils pouvaient d'ailleurs, s'ils le jugeaient utile, envoyer leurs enfants à son école. Quelques uns le firent, et la mienne se trouva réduite à vingt élèves. Quelques semaines après ces chefs de famille se rendirent d'un commun accord auprès du diacre, qui avait ouvert son école, et ils le prièrent d'y enseigner la Bible à leurs enfants. „Nous lisons dans Psaumes, répondit le diacre, et cela suffit." — „Non pas pour nous, répondirent ces hommes; nous demandons que nos enfants apprennent à connaître la Bible tout entière." — Le diacre leur ayant alors déclaré qu'il

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