OPPOSITION IM CLERGÉ GREC
n'admettrait par la Bible dans son école, ils en retirèrent leurs enfants et les ramenèrent dans la mienne, dans laquelle, j'ose le dire, ces enfants firent de réjouissants progrès dans la connaissance des saintes lettres.
„Voyant que les gens de Naplouse recouraient pour toutes choses aux conseils de notre agent, les moines firent tout pour l'attirer à eux : flatteries, promesses ou menaces indirectes, tout fut tenté pour l'amener dans leurs filets. Mais en tout cela il se conduisit comme un homme qui se laisse guider par la sagesse d'en haut. Je ne craignais pas pour lui qu'il s'effrayât de leurs menaces, bien que tous ses amis l'eussent sérieusement averti de se tenir en garde contre l'empoisonnement; mais ma crainte était qu'il ne se laissât prendre à l'amorce de leurs promesses. Ce fut d'abord une somme d'argent qu'on lui offrit, s'il voulait détourner les enfants de mon école; ensuite, de beaux honoraires (960 florins) qu'on lui donnerait si, quittant mon école, il voulait se mettre à la tête de la leur. Il répondit qu'il ne convoitait pas l'argent, mais qu'il serait tout disposé à consacrer son activité à leur école si, de leur côté, ils voulaient l'établir sur des principes bibliques ; que d'ailleurs il s'envisageait toujours comme un membre de l'église de Saint Chrysostome, et était prêt à travailler avec eux dans tout ce qui serait en conformité avec la Parole de Dieu, mais que, pour ce qui, dans leurs traditions ou ailleurs, serait contraire à la Parole de Dieu, il s'y opposerait toujours de toutes ses forces.
„Les moines, voyant qu'ils n'en pouvaient pas venir à bout à Naplouse, l'invitèrent à Jérusalem. H vint, et durant un mois on tendit pour le prendre tous les pièges imaginables, A la fin on le fit venir au couvent,
et là, en présence des évêques et des moines, le secrétaire du pacha, qu'on avait payé pour cela, lui présenta un écrit à signer, sous peine de s'attirer la disgrâce du gouvernement. Après avoir lu cet écrit il tourna ses regards sérieux et attristés vers le prieur du couvent et lui dit: „Est-ce donc là votre religion? et pensezvous que, pour de l'argent, je deviendrai votre Judas?" Un silence solennel suivit sa réponse, et lui, les quittant, se rendit vers moi, avec ce papier dans la poche. Je suis en possession de cette pièce. C'est une espèce de contrat, par lequel le couvent promet à mon agent quatrevingts livres sterling par an s'il veut détourner les enfants de mon école et diriger celle de moines. En outre, les chefs du couvent lui offrent un présent de cent livres sterling s'il réussit, dans l'espace de trois mois, à changer ma maison d'école en un monceau de ruines. De guerre lasse et voyant que toutes leurs menées n'aboutissaient à aucun résultat dans leur sens, comprenant qu'au contraire, si leur conduite était découverte, un plus grand nombre encore de personnes se détourneraient d'eux et se déclareraient protestantes, les évêques adressèrent aux habitants de Naplouse une lettre amicale, les invitant à vivre dans la paix et. à ne pas dire, l'un: je suis d'Apollos; l'autre: je suis de Pierre, etc."
De tels procédés se jugent eux-mêmes, mais une opposition de cette nature n'est-elle pas la plus dangereuse en même temps que la plus déloyale de toutes ? Et pourtant elle s'explique jusqu'à un certain point par l'état des moeurs et par les principes de ceux qui s'y livrent. Mais ce qui peut-être étonnera davantage, ce qui en tous cas affligeait davantage Gobât et lui faisait dire qu'il lui était venu de la tristesse de la part de ceux dont