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OPPOSITION PROTESTANTE

et de sa conduite peu honorable. Gobât pouvait dire que cet individu avait fait plus de mal qu'aucun Turc aux Juifs de Jérusalem. Le consul, s'absentant une fois pour quelques semaines, eut la maladresse de nommer Rosenthal pour son remplaçant, en lui transmettant ses pouvoirs judiciaires. Les plus honorables personnes de l'église anglaise de Jérusalem, les deux docteurs, le révérend H. Crawford, missionnaire, et avec eux Gobât, avaient réclamé contre ce choix. Le consul de Prusse, le Dr. Rosen, sous la juridiction duquel se trouvait Rosenthal, comme porteur d'un passeport prussien, les avait appuyés, en joignant une communication officielle démontrant par des faits que la mauvaise réputation de cet individu était méritée. Ces messieurs pensaient que dans leur démarche il y allait de l'honneur de l'Angleterre. M. Finn ne l'entendit pas ainsi. Il encouragea son protégé à porter une plainte en diffamation contre les auteurs de cette réclamation, avec demande de dommages-intérêts. Si Rosenthal avait à se plaindre, la voie à suivre pour lui était de s'adresser au consulat prussien et par celuici au consulat anglais. M. Rosen, usant de ses droits, fit arrêter Rosenthal jusqu'à ce qu'il consentît à retirer sa plainte. Mais la plainte fut maintenue par le consul anglais, qui fit citer en justice les quatre auteurs de la réclamation. Ceux-ci arguèrent de vice de forme et refusèrent de comparaître. Alors M. Finn, pour venger son autorité qu'il trouvait méconnue, frappa ces quatre messieurs de la peine des arrêts en ville ; il leur défendit, et à l'évêque comme aux autres, pour un certain temps de sortir pendant plus de deux heures de Jérusalem. L'évêque, dans le sentiment de son bon droit, et pour sortir de son intenable position, adressa au ministre d'état,

lord Clarendon, la demande de la destitution de Finn Si elle n'était pas accordée, il demanderait d'être placé sous la juridiction d'un autre consulat, ou bien il transporterait le siège de son évêché à Alexandrie ou au Caire. Les plaintes des deux parties arrivèrent en mars 1858 en Angleterre ; et déjà le quatorze mai M. Henri Venn, le secrétaire de la Société anglicane des Missions, pouvait annoncer à Gobât que les juristes de la couronne avaient désapprouvé le consul. M. Finn en effet fut invité à congédier Rosenthal.

L'affaire paraissait terminée. Mais elle allait avoir son contre-coup en Angleterre. Quelques journaux attaquèrent la Mission à Jérusalem ; et deux brochures présentèrent au public tout ce qu'on avait pu ramasser contre l'évêque, contre son caractère et son activité. Les auteurs de ces deux brochures étaient James Graham, ex-secrétaire laïque de la Mission auprès des Juifs de Palestine, et Holmann Hunt, un peintre domicilié à Jérusalem. L'effet produit en Angleterre par ces soi-disant révélations fut si grand qu'une réponse était absolument nécessaire. Le soin en fut épargné à l'évêque. Le comité pour l'administration des fonds du diocèse de Jérusalem s'en chargea, et Gobât fut encore une fois justifié.

Graham, dans sa brochure, était allé jusqu'à présenter Simon Rosenthal comme un innocent persécuté par l'évêque, bien que ce fût le consul prussien, le Dr Rosen, qui l'eût fait momentanément incarcérer, et cela en vertu de ses pouvoirs légitimes. Mais, se sentant peu fort sur ce point, Graham s'était rabattu sur l'école diocésaine de Jérusalem, affirmant qu'elle ne donnait aucun bon résultat et qu'il y régnait une mauvaise discipline. Or il faut savoir que cet établissement d'éducation contenait un assem-

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