LES RÉSULTATS
Jérusalem, il renia le christianisme, malgré la sollicitude que lui témoignaient le Dr Barclay et le missionnaire Hefter. Il rentra dans le judaïsme; or on sait qu'une telle rentrée n'a lieu qu'à la condition de maudire Jésus de Nazareth. Quelque temps après il se retrouva d'une manière inattendue à l'église; mais pour retourner une seconde fois au judaïsme. Dès lors il n'a plus reparu.
CHAPITEE XII.
Les Résultats.
Ce que nous avons vu jusqu'ici des efforts de l'évêque dans toutes les directions, pour le bien de son vaste diocèse, nous a fait entrevoir déjà la grandeur de son œuvre. Les attaques diverses dont elle fut l'objet n'ont servi qu'à la faire mieux ressortir. Elle va apparaître surtout dans les résultats, qu'il nous reste à présenter. A vrai dire c'étaient déjà des résultats que nous présentions, en parlant à titre d'efforts de l'installation des lecteurs bibliques, des écoles de Jérusalem, de Naplouse, de Tibériade, des hôpitaux pour les Juifs et pour les lépreux, d'une maison de diaconesses, et d'un atelier de travaux manuels et d'apprentissage de métiers pour les prosélytes. Et une bonne partie au moins de ce que nous avons à rapporter comme résultats pourrait être à son tour considéré comme moyens pour l'affermissement et l'extension de l'œuvre. Il n'y a en cela rien que de rationnel. Si l'effort produit le succès, le succès à son tour consolider perpétue et multiplie l'effort.
Nous avons à mentionner quelques résultats généraux avant de tracer le tableau des résultats particuliers. Le
premier de ces résultats généraux se résumera en quelques mots ; mais qui dira jusqu'où peuvent s'étendre ses conséquences? C'est le goût de la lecture. Avant l'arrivée de Gobât, nous l'avons dit, presque personne en Palestine ne savait lire. Non seulement Gobât en a donné l'idée, et montré la possibilité, à des milliers de personnes ; mais encore il leur en a fourni le moyen, par les écoles d'un côté, où l'on apprend à lire, et par le colportage d'autre part, qui leur apporte dans la Parole de Dieu la plus riche et la plus instructive de toutes les lectures.
Un autre résultat général, aussi précieux que rare, même en nos pays évangéliques, à plus forte raison dans les contrées de l'Orient, c'est l'union des chrétiens. Si Ton entend par chrétiens, des représentants de confessions rivales, nous ne voyons pas l'union se produire. Mais nous avons vu que Gobât entend par chrétiens, des croyants bibliques. Or voici ce qu'il pouvait dire de son église de Jérusalem dans l'un des ses derniers rapports (celui de novembre 1876) : „Quant à notre communauté protestante de Jérusalem, composée d'Anglais, d'Allemands et de prosélytes juifs, je crois pouvoir affirmer à la gloire de Dieu qu'elle peut à bien des égards soutenir la comparaison avec les meilleures églises d'Europe. Sans doute je lui souhaiterais plus de vie spirituelle, plus de ,zèle missionnaire ; mais du moins chacun de ses membres s'applique à mener une vie vraiment chrétienne, et tous sont en paix les uns avec les autres, prompts à se rendre service mutuellement et à profiter de toutes les occasions -qui s'offrent à eux pour leur édification commune." •
Si l'on tient compte des difficultés particulières que cette union des chrétiens rencontrait à Jérusalem, si l'on sait quelles barrières séparent l'anglican du réformé,