NOUVELLES COMMUNAUTÉS EN PALESTINE
celui-ci du luthérien, l'Arabe et le Juif de naissance du chrétien, on conviendra que la réunion, dans de petites proportions sans doute, mais enfin la réunion de ces différents types en une seule et même communauté, en un seul corps dont tous les membres vivent d'une vie commune, que cette unité, dis-je, de chrétiens d'origines si diverses ne soit un beau fruit de l'activité missionnaire. Mais cette union, ce n'est pas à Jérusalem seulement que nous la voyons se produire. Outre la communauté de cette ville et celle de Naplouse, dont nous avons déjà parlé à diverses occasions, Févêque Gobât eut la joie de voir se fonder
1. en Palestine plusieurs communautés: à Bethléem, à Nazareth, à Tibériade, en Samarie, à Ramley, à Lydda et à Sait, de l'autre côté du Jourdain.
Il écrit le 10 juin 1850 à son ami, le Dr Barth à Calw: „Les amis de Naplouse croissent lentement, mais sans cesse, dans la connaissance de la vérité; j'ai aussi à Jérusalem quelques personnes qui me donnent de l'espoir. Mais outre cela il m' arrive de différents côtés de réjouissantes nouvelles des effets de la Parole de Dieu et du Saint Esprit. On me dit qu'à Cana en Galilée un homme, qui reçut il y a un an une Bible par le colporteur Michael, a été tellement remué par la Parole de Dieu qu'il est devenu une nouvelle créature. A Nazareth aussi s'est produit un réveil, dans lequel se trouve beaucoup de bien au milieu du mal. Plusieurs personnes de cette localité m'écrivent des lettres qui ne me laissent aucun doute sur le travail puissant du Saint Esprit dans leur cœur. Mais ce qui me réjouit le plus, c'est ce que j'appris il y a quinze jours : un homme vigoureux des environs du CarmeL
SAMUEL ÖOBAT
que je connaissais depuis un an, vint me trouver. Lorsque je l'avais vu, il y a un an, il était plein d'un zèle fervent contre les erreurs de son église, et heureux de pouvoir lire la Bible, que Michael lui avait donnée. Maintenant au contraire il était triste, abattu ; il ne pouvait plus depuis quelque temps, me disait-il, faire autre chose que de lire la Bible ; mais bien loin de n'y trouver que joie comme autrefois, il y voyait à toutes les pages qu'il était un pauvre pécheur condamné, et il venait me demander ce qu'il devait faire pour être sauvé. Pendant qu'il était chez moi, un autre homme arriva d'un village situé à deux lieues de Naplouse. Celui-ci aussi possède la Bible depuis environ une année, et depuis quelque temps elle a produit en lui le même effet que chez le précédent ; et, quoiqu'il soit un peu moins angoissé, il vient aussi dans le même but. Oh ! je voudrais que tu eusses été là quand je les présentai l'un à l'autre, et qu'ils se firent part de leurs sentiments, découvrant qu'ils éprouvaient exactement les mêmes impressions et qu'ils faisaient les mêmes expériences. Ce fut avec des larmes de joie qu'ils s'embrassèrent et se promirent de se voir souvent. Ils demeurent à huit lieues l'un de l'autre et sont tous deux pères de famille." Ce ne sont pas là, dira-t-on, des communautés. Non, mais de vivants et féconds noyaux ; c'est le grain de moutarde qui deviendra un arbre, et un indice que le levain est dans la pâte et qu'il la fait lever. A peine cinq mois après les lignes qui précédent, nous trouvons celles-ci (dans le rapport du 26 octobre 1850) : rDe Nazareth m'arrive lettre sur lettre me priant d'envoyer un instituteur et un pasteur. Beaucoup de ces gens, après avoir lu la Bible, ont abandonné leur église, grecque ou latine, et sont sans conducteur et