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CONVERSION SEN PALESTINE

abandonnés. La Parole de Dieu fait en silence son chemin dans bien des cœurs, dans les montagnes de samarie, à Cana en Galilée, comme à Nazareth. On voit le dimanche de petits groupes de personnes, qui se rassemblent pour lire ensemble la Bible et pour prier; pour la prière elles ont recours, dans leur ignorance, à une traduction arabe de notre liturgie. Que le bon berger daigne veiller sur elles!

„Le jeune Arabe converti qui me sert de secrétaire, et que j'emploie aussi comme lecteur biblique, est en relation par correspondance avec plusieurs personnes qui, en divers lieux, sont à la recherche de la vérité. C'est ainsi qu'il entretient en ce moment, sous ma direction, un échange de lettres très-intéressant avec un prêtre des Samaritains, qui lit avec une grande attention le Nouveau Testament et qui lui communique avec beaucoup de franchise et d'intelligence toutes les objections qui se présentent à lui et toutes les difficultés qui l'arrêtent. Par exemple il a trouvé dans le discours d'Etienne (Actes. VII) différentes données qui ne s'accordent pas avec les livres de Moïse. Je lui ai envoyé une explication dont il s'est déclaré satisfait. Ce prêtre s'est adressé à moi dernièrement pour que je lui aide à bâtir une école, parce que les mahométans ne veulent pas permettre aux Samaritains d'envoyer leurs enfants chez moi. Il a promis qu'il ferait lire dans cette école l'Ancien Testament tout entier, tandis que les Samaritains n'admettent que les cinq livres de Moïse. J'ai posé pour condition qu'on y lirait aussi le Nouveau Testament, et je ne désespère pas de l'y voir consentir."

A propos du même sujet Gobât écrivait au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, le 24 Décembre 1851:

„Votre Majesté m'invite à lui écrire. Mais comme j'ai adressé au commencement de ce mois à M. de Bunsen un rapport détaillé sur l'état des choses dans ce pays au point de vue de notre évêché, et que je ne doute pas qu'il n'en ait communiqué à votre Majesté ce qu'il pouvait y avoir pour elle d'intéressant, je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est que les chrétiens de Sait, de l'autre côté du Jourdain, m'ont de nouveau envoyé un cheik pour me prier de les prendre sous ma houlette. Ils ne veulent plus demeurer en relation avec le clergé orthodoxe grec, qui non seulement ne fait rien pour leur instruction et leur amélioration, mais qui au contraire a même détruit l'école que j'avais fait ouvrir pour leurs enfants. Il y a là onze cents chrétiens, et un peu plus loin quelques autres petits troupeaux encore, qui sont, dans leur grossièreté et leur ignorance, entièrement abandonnés à eux-mêmes. Ces pauvres gens me font pitié. Ils souffrent de se sentir dans cet état, maïs ils ne se rendent pas bien compte de ce qui leur manque. Ils pressentent vaguement que ce qu'il leur faudrait c'est la Parole de Dieu, avec le moyen d'en profiter, c'est à dire savoir lire. Je voudrais avoir un Gutzlaff ou un Krapf à leur envoyer. Avec le secours de Dieu ils y feraient des miracles. Mais des missionnaires médiocres n'y accompliraient rien."

A défaut des grands et puissants missionnaires qu'il souhaitait, Gobât ent pourtant la joie de pouvoir envoyer à Sait les aides désirés.

„J'ai à Sait, en Galaad, de l'autre côté de Jourdain, deux agents, écrit-il dans son rapport d'octobre 1870, deux Arabes. L'un, nommé Bechnam, homme pieux et cultivé, travaille comme évangéliste. Je pense lui ac-

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