RESULTATS OBTENUS EN
anglicane des Missions, de la Société des Missions de Berlin, de Spittler ou de la Mission de Chrischona, par les diaconesses de Kaisers wert h et par moi-même et mes aides, je pense qu'il sera plus à propos de jeter un coup d'oeil en arrière sur ce qui a été accompli depuis vingtcinq ans. Car. si Dieu me fait la grâce d'y atteindre, il y aura le trente décembre prochain vingt-cinq ans que je suis ici, puisque j'y suis arrivé ce même jour de l'année 1846. Le résultat, je l'espère, vous inspirera des actions de grâce envers Dieu, et vous encouragera à soutenir cette œuvre avec toujours plus d'intérêt et de courage. ..A mon arrivée ici les premières difficultés avec les Juifs avaient déjà été surmontées par les diligents efforts de la Société pour la Mission parmi les Juifs. Les fruits du travail des missionnaires Nicolayson et Ewald, et de mon prédécesseur, l'évêque Alexandre, se voyaient dans un petit groupe de prosélytes. On travaillait à la construction de l'hôpital pour les Juifs; les fondements de ,4'église du Christ" étaient posés et les murs s'élevaient déjà de trois pieds au-dessus du sol. Une petite chapelle servait en attendant de lieu de culte. L'évêque Alexandre avait tenté d'ouvrir une école, mais l'affaire avait échoué, parce que l'instituteur envoyé d'Angleterre dans ce but avait perdu courage au moment de se mettre à l'œuvre. Plusieurs missionnaires américains avaient résidé ici quelques années ; mais n'ayant pas réussi, eux non plus, à ouvrir des écoles, et ne voyant pas de fruit de leurs travaux, il avaient tout abandonné. Il n'existait pas dans toute la Palestine une seule école de quelque dénomination chrétienne que ce fut, si ce n'est l'école des moines latins, où l'on enseignait en italien le latin à une
vingtaine de jeunes garçons. On ne comptait dans tout
le pays qu'un seul protestant indigène; il demeurait à Safed, en Galilée.
„J'ouvris la première école chrétienne à Jérusalem en novembre 1847, avec neuf élèves des deux sexes. Au bout de trois ans le nombre des élèves s'était accru au point que je dus la dédoubler et former une école de garçons et une de filles. Toutes deux se développèrent si bien que nous avons maintenant à Jérusalem même cinq écoles avec quatre cents enfants, et dans toute la Palestine vingt-cinq écoles protestantes avec neuf cents; à mille enfants, de cinq dénominations chrétiennes différentes, en outre des Juifs, Samaritains, Mahométans et Druses, et tous fidèlement instruits dans les Saintes Ecritures. C'est pour cette raison que ces écoles portent le nom „d'Ecoles bibliques", que leur donna le patriarche grec, lorsqu'en 1848 il lança l'anathème contre mon école de Naplouse. De ces écoles, onze sont sous ma direction,, sans compter mon orphelinat, qui contient soixante enfants. Les ressources me manquant ce printemps, je remis mes deux écoles de Bethléem et de Bethjalah au comité de Berlin, qui les continuera comme par le passé- Bien que nous ayons en tout trois orphelinats, je dus, faute de place, refuser plus de cent enfants délaissés ou n'ayant pour prendre soin d'eux qu'une mère malade et pauvre. La famine a fait depuis l'année dernière jusqu'à ce jour bien des orphelins. Dans de 'telles circonstances l'enseignement dans toutes nos écoles ne peut êtrer à quelques rares exceptions près, que gratuit.
„Quant aux résultats obtenus par ces écoles, il n'est pas facile de les montrer. Je puis bien dire à la gloire de Dieu que plusieurs de nos élèves d'autrefois sont maintenant des hommes et des femmes convertis et mar-
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•chant d'une manière digne de leur vocation. Un bon nombre d'entre eux se sont rattachés à notre église et ont une conduite honorable. Ils connaissent la vérité, sans qu'on puisse dire qu'ils sont nés de nouveau. Les autres, et c'est le plus grand nombre, connaissent et aiment la vérité ; mais, étant sous l'autorité de leurs parents, ils restent extérieurement avec eux dans leur église ou secte. Ceci a un très-bon côté : c'est que par là ils aoüortent quelque lumière et un écho de la vérité au sein de l'ignorance et de la superstition. Quant à leur condition selon le inonde, la plupart d'entre eux, jeunes .gens et jeunes filles, se tirent d'affaire très-honorablement. L'un est employé comme catéchiste au service de la Société anglicane des Missions ; une quinzaine occupent des postes d'instituteurs en Palestine, en Syrie, en Egypte. D'autres gagnent leur vie en accompagnant des voyageurs en qualité de drogmans/1) d'autres en se livrant au commerce, d'autres enfin et surtout à l'agriculture et à divers métiers. On peut dire d'eux tous en général qu'ils sont plus éveillés et plus moraux que la massse du peuple.
„Les écoles peuvent, d'une autre manière encore, être envisagées comme un fruit de notre œuvre. Lorsque je commençai d'en ouvrir, les prêtres catholiques-romains, catholiques-grecs, arméniens, leurs chefs en tête, s'efforcèrent de les combattre par leurs excommunications et par les désagréments de toutes sortes qu'ils suscitaient aux parents qui, malgré leur défense, envoyaient des
0) C'est de l'orphelinat de Gobât à Jérusalem qu'est sorti le jeune Selim, qui accompagna M. Stanley dans sa recherche de Livingstone, et dont le voyageur américain parle en disant : „Le membre le plus important de notre expédition, après moi, fut un jeune chrétien arabe de Jérusalem, élevé par le pieux évêque Gobât. u
enfants aux écoles bibliques. Mais, n'ayant pas réussi par ces moyens à les empêcher, ils se virent obligés d'en ouvrir eux-mêmes, pour détourner du moins de nous les enfants qu'ils ne pouvaient pas détourner de toute école quelconque. Il en résulta que, partout où j'ouvrais une école, on en voyait une ou deux autres s'ouvrir à côté, si bien qu'il existe à l'heure qu'il est une centaine d'écoles en Palestine. Il nous parait bien remarquable, et c'est un grand encouragement pour nous, que, malgré cette concurrence, et quoique la grande majorité des parents soient catholiques-romains ou catholiques-grecs, nos écoles sont généralement plus fréquentées que celles de nos adversaires, non seulement parce que nos instituteurs sont plus capables et plus moraux que ceux des autres écoles, mais parce que chez nous on enseigne la Parole de Dieu. C'est que les parents, bien qu'ils connaissent à peine la Bible, se rendent compte cependant que nos écoles ont pour but de faire moralement du bien à leurs enfants. Et comme les enfants repassent à la maison ce qu'ils ont appris à l'école, il en résulte que quelque connaissance des Saintes Ecritures se répand toujours parmi le peuple.
„A mon arrivée ici la petite congrégation comptait environ cinquante Israélites baptisés. Nous avons dès lors admis au baptême deux cents Israélites adultes, à la suite d'une instruction religieuse et d'un examen sérieux, et en outre beaucoup d'enfants de notre église. Malgré cela notre église ne compte en ce moment que cent prosélytes juifs parce que, ne trouvant pas à Jérusalem de moyens d'existence, ils sont obligés de les chercher en d'autres pays. Sans cela nous en aurions ici au moins quatre cents.
„Dans une tournée épiscopale que je faisais récemment dans la Samarie et la Galilée j'ai eu la joie de présider
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à l'inauguration de la belle église gothique de Nazareth. Elle était remplie d'auditeurs recueillis; plusieurs protestants étaient venus des villages voisins. Le missionnaire Zeller prêcha le matin, et le missionnaire Klein l'après-midi. Je consacrai [trois candidats, dont deux indigènes et un allemand, qui a longtemps travaillé comme catéchiste à Naplouse. Le culte se termina par la sainte cène. Le lendemain nous eûmes de nouveau un culte très-fréquenté , dans lequel l'un des nouveaux consacrés, Séraphin Buntagy, fit, sur St. Jean IV, 23, 24. un sermon très-éloquent et très-évangélique."
Après cette revue rétrospective l'évêque ajoute: „Et maintenant, mes frères, eu vous remerciant pour votre précieuse sympathie et pour les secours que vous m'avez envoyés pendant ces vingt-cinq années, et en priant le Seigneur de vous le rendre abondamment en bénédictions temporelles et spirituelles, laissez-moi vous en prier encore: Souvenez-vous de Jérusalem; priez pour la prospérité de Jérusalem. Ceux qui aiment Jérusalem seront bénis. Priez aussi pour moi, afin que j'achève avec joie ma course et que je m'acquitte avec fidélité du ministère que j'ai reçu du Seigneur pour rendre témoignage à l'Evangile de la grâce de Dieu. Je termine par ces mots de l'apôtre: Frères, je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à lui qui est puissant pour vous édifier et pour vous donner part à l'héritage des sanctifiés!"