‹ SamuelChapitre 4 sur 19 · LA RENCONTRE 1) UN NOTAIRE. 2C · texte numérisé non relu

LA RENCONTRE 1) UN NOTAIRE. 2C

taille à leur prochain est puérile et misérable.

— A vingt ans on est présomptueux. — J*ai devant moi les cinq plus belles années de ma vie, pour chercher le plaisir seulement, et je veux m'exercer, dans cette guerre sans importance , à devenir un rude jouteur pour le moment où j'aurai affaire aux hommes. Je prends donc pour devise , en amour comme en guerre , celle du héros de Richardson à qui l'imprenable Clarisse dut sa ruine : — DebeUare superbos.

Notre ami Samuel avait reçu une éducation solide et brillante. 11 fit un cours de mathématiques pour les candidats aux écoles militaires, et gagna bientôt assez d'argent pour se maintenir sur un pied respectable dans la bonne société. On conçoit que la de-» vise qu'il avait choisie , et les règles de conduite qu'il s'était imposées , portèrent une altération notable à sa sensibilité. Cependant Samuel ne tarda pas à devenir amoureux sincèreiqaent d'une jolie et aimable enfant , plus jeutie que lui de quatre ans : c'était 1<^

fille unique d'un homme riche , qui avait toujours témoigné une vive amitié à notre jeune homme, et pourtant Samuel, après plusieurs mois d'une cour assidue et secrète, commençait à envisager sans remords l'occasion prochaine, et perfidement préparée, d'une ingratitude envers cet honnête père. — C'est ainsi que sont les jeunes gens. — Lorsque des événements imprévus , qui nécessitèrent le départ subit de cette aimable fille et de sa famille pour l'Angleterre , vinrent la sauver du danger qu'elle courait en se laissant aller sans défiance à un premier attachement, pour un garçon aussi dangereux que Samuel. S'il y a un remède à l'amour, c'est bien l'absence. Nos amants s'écrivirent quelques lettres en secret; mais le risque était grand pour la demoiselle ; et puis Londres est bien loin. Samuel ne pouvait nourrir l'activité de son esprit avec une passion outre-mer ; la correspondance dura six mois au plus. La petite demoiselle resta près de cinq ans en Angletern». Elle touchait à ses vingt-un ans , lorsque son père

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