‹ San kokf tsou ran setsChapitre 2 sur 64 · U TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

U TRADUCTEUR

avaient presqu'entièrement anéanti la littérature ancienne. L’habitude des Chinois de tenir registre de tout ce qui se passe dans leur patrie, a été extrêmement favorable à la conservation des notions historiques, de sorte qu’il est facile de déterminer la position exacte de tous les lieux mentionnes dans leurs annales; en un mot, la géographie comparée de la Chine est établie sur des bases plus solides que celles de l’empire romain et de l’Europe en général.

La méthode systématique des Chinois, rendra peut-être la lecture de ce morceau sur la Corée, peu attrayante pour un lecteur européen, mais les ouvrages géographiques et topographiques ne sont pas composés pour faire passer agréablement le temps, et occuper l’imagination.

J’aurais également pu joindre un supplément assez considérable à la description des îles de Riou kiou, ou Lieou khieou de Rinsifée, mais c’aurait été répéter ce que j’ai donné sur cet objet dans le second volume de mes Mémoires relatifs à F Asie. La notice japonaise, quoique très succincte, ne laisse pas que de nous instruire sur plusieurs points qui étaient devenus douteux par la relation du capitaine Basile Hall, et dont quelques-uns n'ont pas même été éclaircis

PREFACE

par l’expédition du Blossom. Elle nous apprend entre autres que la civilisation des Lieou khieou est plutôt japonaise que chinoise, et que les habitans emploient ordinairement pour écrire leur langue le syllabaire japonais, quoiqu’ils comprennent aussi le caractère idéographique des Chinois.

La partie la plus intéressante du livre de Rinsifée, me paraît être la description de la grande île de Yeso, située au nord du Japon, et habitée par les Ainos ou Kouriles , qui occupent nonseulement l’archipel désigné par leur nom, mais aussi la grande île de Taraikaï, connue en Europe sous la dénomination impropre de Sakhalien , ainsi que la pointe méridionale du Kamtchatka.

Pendant mon séjour à Jrkoutsk, j’ai eu occasion de consulter deux autres relations japonaises de Yeso, dont l’une portait la date de 1720, et l’autre avait été rédigée en 1752. J’en fis différens extraits que j’ai intercalés dans le texte de Rinsifée aux endroits convenables, usant pourtant de la précaution de renfermer ces morceaux entre deux crochets, pour les distinguer du texte de cet auteur. Rinsifée n’a donné dans son ouvrage que les noms de nombre de

Page 1