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pon , après quoi il retourna dans son pays. Depuis ce temps, les rois de Riou kiou ont toujours été vassaux du Japon. Ceci arriva dans la trente -septième des années Wan lÿ des Ming, qui est la quatorzième du Nengo japonais Kil tsiô du Dairi Go Yo zel ins;, ou 1609 de J.-C.
ai. Sid foo (Chang fang) régna vingt ans.
aa. Sio kin ( Chang hian ) régna sept ans.
a3. Sid sits (Chang tchÿ) régna vingt-et-un ans.
a4- Siô te'i (Chang tching) régna quaranteet-un ans.
a5. Sid yekf (Chang ÿ) régna trois ans, et mourut dans la seconde année du Nengo Ziô tok , ou 1 7 1 a de notre ère.
Depuis lui jusqua présent quatre princes y ont régné, mais leurs noms et leurs titres me sont inconnus.
Quoique les rois de ce pays aient reçu depuis long-temps leur investiture du Japon, à présent ils l'obtiennent également des empereurs de la dynastie de Thsing en Chine, qui leur confèrent des titres et un cachet, dont nous donnons ici la figure d’après le Tsiou sari din sin roA/’fTchoung chan tchhouan sin loù), et l’aperçu des affaires de Riou kiou.
Ce cachet en anciens caractères chinois est représenté ici de la même grandeur que l’original. La partie chinoise contient les mots
)i£j Jjj£ Zieow khieou kouë tvang
tchi in, c’est-à-dire cachet du roi de Lieou khieou. L’inscription mandchoue , qui a la même signification est •• vK ^*-*2 v>
Hou. tsiou gouroun i wang ni doron.
Cette inscription contient le titre que l’empereur des Thsing ou Mandchoux a donné au roi de Riou kiou, dont les hahitans semblent à présent, plutôt attachés au Chinois qu’au Japonais, quoique leur archipel soit limitrophe avec le Japon, du côté de la province de Satsouma. Mais par la suite du temps , les mœurs et usages japonais qui y étaient en vogue ont changé. Cependant ce peuple aime encore notre poésie, et se sert des diverses écritures japonaises, dont celle que l’on appelle Firakana (Phing kia ming), est généralement usitée dans le pays (1). [Pour prouver ce fait, l’auteur donne plusieurs chansons composées par Tomo tsoune (Tr.hhao heng), prince de Vomi tan za (Toü yü chan) et par Naka yéi (Tchoung young), natif de l’île Oosima, lesquels arrivèrent avec une ambassade au Japon, dans la première des années du nengo Méi wa (17G4) pour féliciter l’empereur. Ils abordèrent au port de
( 1 ) L’usage de 1’/ ro/a, ou Aphabet japonais, fut introduit à Lieou khieou dam le dniiiièiue siècle, par Son trn o. Kx.
lieou Kimou.
Mats-no oura de la province de Fisen. Ces pièces offrent tant de difficultés que je n’ai pas voulu en hasarder la traduction. Elles ont rapport aux differentes circonstances du voyage de cette ambassade. ]
Comme les habitans de Riou kiou, et les productions de leur pays ont été vus par tout le monde, à l’occasion des ambassades, je pense qu’il est inutile de représenter ici leur figure.
Les présens que le roi de Riou kiou envoie à l’empereur du Japon, consistent en sabres; chevaux dressés; Cheou tdi hiang ( espèce d’encens); ambre gris ; flacons d’odeur; étoffes nommées Tcü féi (Tai phing pou); étoffes faites avec les fibres du bananier; tables incrustées de coquilles bleues ; crêpes ; étoffe appelée gielam ; sake ou vin du pays.
L’empereur du Japon envoie en échange cinq cents lingots d’argent et cinq cents robes ouattées.
Le premier ambassadeur reçoit deux cents lingots d’argent et dix habillemens complets. Les autres personnes attachées à l’ambassade reçoivent ensemble trois cents lingots d’argent. Ces présens leur sont remis au festin qu'on leur donne après l’audience.
A l’époque de la création du monde , ce royaume fut fondé par la famille des T en son (Thian sun), qui y régna pendant plusieurs
milliers d'années (i). La vertu de ses descendans étant venue à s’éteindre , il survint des troubles , et le royaume fut divisé en trois principautés N an san, Tsiou san et San bok. Dans la suite, le roi de Tsiou san, réunit les principautés de Nan san et de San bok à la sienne, et en forma un seul royaume, dont les princes reçurent d’abord l’investiture de la Chine, jusqu’à ce que le Fats rô Tame tomo y fonda une nouvelle dynastie. Depuis , ce royaume a été soumis tantôt aux Chinois, tantôt aux Japonais, jusqu’à l’époque où il fut conquis par les armes du prince de Satsouma.
J’ai pris ce qui concerne l’histoire et les vicissitudes de ce royaume dans deux ouvrages:
le Tchoung c/tan tchhouan sin loü et le Lieou khieou szu liô, ou l’Aperçu des affaires de Lieou khieou, par le docteur de Fak sikf ( Pc chy); ces livres contiennent tout ce qu’on sait sur ces lies, dans les temps anciens et modernes.
(i) Suivant les auteurs chinois, on compte 17,80a années depuis l’origine de cette famille des Thian sun ou Petits-fils du Ciel y jusqu a l’avènement au trône de Chun thian weng, en 1 187 deJ.-C. Rl.
DESCRIPTION
DU
PAYS DES YESO.
{ Une carte de ce paya accompagne cet ouvrage. )
Ce pays est situé au nord de la province d’Oziou. Pour y arriver , on traverse le bras de mer qui l’en sépare. On peut partir ou du cap Tatsoufi saki (Loung fei khi), dans le canton de Tsougar (Tsin king), ou du pic Oo ma dake dans le pays de Nambou.
[L’extréniité nord-est du Japon n’est pas très éloignée de la pointe méridionale de Yeso, appelée en japonais Sira kami saki, ou promontoire du génie Blanc, qui s’avance vers le pays de Nanbou. Les barques qui vont de la Baie Ko domari dans le canton de Tsougar, au nord , arrivent après avoir parcouru 8 ri marins à Matsmaye (i). Celles de Mimaya, qui se dirigent au
(1) Le nom de Yeso ou Yczo en chinois ^ nia i, signifie
Barbares à crevettes; et n’est pas la dénomination d’un pays, mais celle du peuple qui s’appelle dans sa propre langue Atnn ou
182 APERÇU GÉNÉRAL DES TROl* ROYAUMES.
nord-ouest, ont à franchir une distance de i4 ri marins jusqu’à Matsmaye. Cette navigation est praticable toute l’année, parce que Matsmaye est sur la côte occidentale du Yeso. Cependant le courant est très rapide entre ce pays et le Japon. Le territoire de Matsmaye est appelé Toto Yeso dans l’histoire du Japon.]
Le Yeso étant situé entre les 43 e et les 5a e degrés de latitude , le climat y est très froid. Son
Ainou. C’est donc une erreur du capitaine Krusenstern (Voyage traduit en français, t. u, page 61 ) de dire, que ce n’est que la partie de l’Ile (que nous appelons actuellement Yeso), occupée par des Aïnos libres, entre Notsambou (Nossabou) et AtÂesi (Atkis) qui porte le nom de Yeso , et que l'autre, ou la méridionale directement soumise aux Japonais, estappelée Matunaï(Matsmaye). • Il « est probable ajoute le même auteur, qu’avant rétablissement de • ces derniers , les Aînos possédaient toute J’ile qu’ils nommaient « Yeso. Mais à mesure que les Japonais gagnèrent du terrein , ils « en repoussèrent le nom avec les habitans , et y substituèrent « celui de Matsmaî, lieu de leur résidence principale dans la « partie qu'ils ont envahie. Lorsque les Aïnos seront expulsés •« du petit territoire où ils sont maintenant resserrés, le nom de « Yeso disparaîtra avec eux. * — Ce raisonnement est rempli d’un grand nombre d’inexactitudes. D’abord, les Japonais ne donnent pas à la grande lie qui est immédiatement au nord de leur empire, le nom de Matsmaye. — Matsmaye , en chinois
Soung thsian, signifie avant , ou au sud des pins ; c’est un nom de famille que le Seogoun Yotifiro, accorda, en 1594, au prince japonais Nobou firo , dont les ancêtres avaient fait la conquête de la partie méridionale de l’ile des Yeso; nom que sa résidence portait déjà, mais qui n’est jamais appliqué à l’île entière de Yeso. On parle bien du territoire appartenant an prince de Matsmaye , mais jamais d’une (le de Matsmaye. Kl.
YKSO.
étendue du nord au sud est de 3 oo ri japonais, et de l’est à l’ouest de 100 ri; par conséquent il est plus long que large.
Ce pays est divisé en cinq provinces ou contrées, situées en dehors du district japonais de Matsmaye, qui a une étendue de 70 ri. De Faraki à Kiita/, on compte 1 70 à 180 ri, et cet espace forme la Province orientale, dans laquelle il y a cinquante-et-un hameaux. Elle est appelée en langue du pays, Menasi kour; car Menasi signifie oriental, et kour, tribu.
I<a Province du nord-est est comprise entre Kiitaf et Ourayasi betsou , sur une étendue de 80 à 90 ri. On y compte sept hameaux.
I.a Province septentrionale est située entre Ourayasi betsou et Soûya, sur une étendue de i 4 o à i 5 o ri. Il n’y a que quatre hameaux.
[ Pour aller de Matsmaye à Soûya, on navigue d’abord vers l'est, puis on tourne vers le nord, et on peut arriver avec un bon vent, en cinq jours à Notsusabou (prononcez Nossabou ) , qui est une baie sur la côte orientale. De là, on dirige son cours vers le nord-est, et on atteint avec un vent favorable en six jours, la baie septentrionale appelée Soûya. Entre celle-ci et Nossabou, il y a douze petites anses, qui, en cas de tempête ou de vents contraires, offrent un refuge aux navires. — Si l’on veut aller de Matsmaye à Souya , par la côte occidentale du Yeso , on peut y arriver en cinq jours , si le
vent est favorable. Sur cette côte, on trouve dixsept anses dans lesquelles on peut relâcher. ]
La Province occidentale située entre Soûya et Ousou betsi , sur une étendue de 200 ri, a quarante-et-un hameaux , et s’appelle chez les habitans, Siyoum kour; car Siyoutn, dans leur langue, signifie l’ouest et kour tribu, comme nous l’avons déjà dit.
La Province du Milieu est arrosée par deux grands lacs et la grande rivière du pays.
[ Quoique le Yeso soit en général couvert de montagnes et de rochers, le centre est plat. Les eaux qui découlent avec violence du versant méridional des montagnes du nord , et celles qui viennent du versant septentrional des montagnes du sud, y forment deux lacs. L’un situé vers l’est , envoie ses eaux à la mer orientale, tandis que de celui qui est plus à l'ouest, sort un fleuve qui va vers le nord (1), auquel se réunissent plusieurs petites rivières venant du nord-est, et qui se jette après un cours de 25 ri dans la mer occidentale. ] On y compte treize hameaux dans cette province du centre.
Ces cinq provinces sont visitées par les navires marchands japonais. Pour ce trafic , il y a dans chaque hameau une maison appelée
(1) Ce fleuve esl nommé par les Japonais Isikasi gawa , ou la rivière qui chasse les pierres. La grande Encyclopédie japonaise dit, qu’il a reçu ce nom pour sa rapidité, qui est telle qu’on ne peut le passer. Kl.