‹ San kokf tsou ran setsChapitre 30 sur 64 · YF-SO · texte numérisé non relu

YF-SO

O un sio ya (Yun chang wô), où se fait le commerce. C’est là que s’établissent les marchands japonais , et les insulaires viennent y troquer les productions de leur pays. Pour jouir de la permission de faire ce trafic, les insulaires sont obligés de donner annuellement des présens tantôt plus, tantôt moins considérables, au prince deMatsmaye.

Quoique les habitans de Yeso soient à demi sauvages et peu cultivés, ceux qui dans les Oun siô ya, ou entrepôts de commerce, ont eu des communications plus fréquentes avec les Japonais , sont moins rudes et moins grossiers. I-es insulaires de la province orientale du pays sont nommés O nu katta Yeso (Yu weï fang Hia i), ou barbares qui tiennent le parti impérial; car ils sont censés être sous la domination du prince de Matsmaye, parce qu’ils y viennent pour le féliciter au jour de l’an , et qu’ils connaissent toutes les cérémonies usitées à cette occasion.

[Les Yeso les plus rapprochés du Japon sont nommés en japonais Koutsi Yeso, ou Yeso de la Bouche du pays ; tandis que les autres qui sont plus éloignés , sont désignés sous la dénomination de Okou Yeso ou Yeso de l’intérieur. ]

Les habitans de Yeso ne connaissent ni l’écriture, ni les choses précieuses, ni l’agriculture ni les étoffes. Ils ne savent pas tirer le cuivre et le fer des mines de leur pays. Ils vont pêcher dans la mer, et prennent des oiseaux et des bêtes

fauves qui leur servent de nourriture. Quant aux médicamens, ils n’en usent pas, mais ils offrent des sacrifices, et invoquent les esprits et le Ciel. Il faut pourtant que je remarque, qu’il y a chez eux deux espèces de drogues, qui s’appellent dans la langue du pays, Ykerna et Yebouriko, dont ils se servent contre la colique, et extérieurement contre les maladies de peau. J’en parlerai plus bas à l’article des productions du pays. Il n'y a dans ce pays , ni coton ni toile. Les habillemens des habitans sont faits de filamens de plantes, d’écorce d'arbres ou de peaux d’animaux. Ils achètent aussi de vieux habits que leur apportent les Japonais, les Chinois, les Mandchoux et les Moscovites; c’est pourquoi on voit souvent dans une même maison, le père, les fils et les frères, habillés chacun d’un vêtement différent.

Ce pays est en général couvert de montagnes et de rochers, tantôt sur une largeur de 100, tantôt de 3 oo ri. Aussi sa surface est très inégale et hérissée de précipices, entre lesquels on voit des bois et des plantations. [Les routes du pays ne sont par conséquent que des sentiers étroits, et difficiles pour les piétons mêmes. Cependant les habitans savent les trouver. Le rocher le plus escarpé ne les arrête pas; ils ne le tournent pas, mais l’escaladent.] Les terreins labourables ne se trouvent que sur les bords de la mer, où l’on compte cent sept villages

TESO.

d’insulaires montagnards, qui habitent en dehors du canton de Matsmaye, dont le territoire n’est que de 70 ri d'étendue.

La partie du nord-est occupée par des Yeso montagnards (en japonais Varna soutni Yeso ), porte dans leur langue le nom de Menasi. Comme il y a manque de productions de mer, ils cultivent des légumes, du froment, du sorgho et du gruau. Cependant, le froid et la mauvaise qualité du terrein font que la récolte est très faible, et suffit à peine pour leur soutien. Les Yeso des montagnes septentrionales, échangent les productions de leur pays, qui consistent en peaux d’animaux , chez leurs compatriotes des bords de la mer , contre des poissons et autres productions maritimes. On ne sait pas positivement combien de hameaux il y a dans ces montagnes. On dit que Soukoro (ou Skouro ) et Fafa ziri sont à deux journées à l’ouest , dans les montagnes; ces deux grands villages sont occupés par les Yeso montagnards.

Au nord du pays des Yeso, il y en a un autre, séparé de la pointe de nord-ouest de Yeso , par un bras de mer, large de 6 il 7 ri. On l’appelle l’ile de Karafouto (ou Kamfto), mais son véritable nom est Taraïkaï ou Tarakaï (1). Il y a

(1) C'est la grande Ile située devant la côte de la Tatarie, et à laquelle nos géographes donnent le nom baroque de Sakhalien ou Sag/in/irn, qui ne lui convient nullement. Voici l'origine de

vingt-deux villages, et on dit que l’île entière à jusqua 3oo ri de circuit. Cependant l’auteur ne peut garantir l’exactitude de cette assertion, car plusieurs géographes appellent simplement cette terre , une île de la côte du Tattan oriental (ou de la Tatarie). De la partie habitée, se détache un long promontoire de rochers qui s’avance vers le sud-est dans la mer, comme on le peut voir sur la carte. Le docteur de Faksikf( Pé chÿ) nomme ce pays dans sa mappemonde Yetso,

cette dénomination. Nous n'avons eu connaissance de cette Ile en Europe , que par les cartes de la Tatarie , dressées par ordre de l’empereur Khang hi , par les missionnaires de Péking. Ces cartes y ayant paru vers 1720, en chinois et en mandchou, les jésuites en envoyèrent, en France, un exemplaire accompagné de calques des mêmes cartes, sur lesquels on avait transcrit une partie seulement des noms en caractères romains. Ces calques, très superficiellement traduits, furent remis au célèbre géographe d’Ànvilïe , qui les réduisit et les publia dans l’ouvrage du P. Duhalde . La grande lie en question ne portait pas de nom dans l’original, mais on y lisait, devant l’embouchure de Y Amour ou Sakhalian oula (Fleuve noir) , les mots roandchoux ^ * y

Sakhalian angga khada , * Rochers de l’embouchure Noire , » ce qui n’est nullement le nom de la grande Ile de Taraïkaï , mais la désignation de quelques petits rochers situés dans le bassin de Y Amour. D’Anville, mal guidé par ces mots mandchoux qu’il ne comprenait pas , les a pris pour le nom de l’île , et ses successeurs auxquels la dénomination Sakhalian angga khada paraissait trop longue, l’ont abrégée en Sakhalien ou Saghalicn. Le nom de Tchoka , que Lapérouse donne à la même ile, ne lui convient pas mieux , et ne parait appartenir qu'à la partie de la côte occidentale que ce navigateur a visitée. Le véritable nom indigène est Taraïkaï. Kl.

YESO.

et il est aussi appelé Karafouto et Naroubesi. Vers le nord-ouest, il est hérissé d’une chaîne de montagnes hautes et escarpées, à travers lesquelles on ne connaît pas de chemin. Audelà de cette chaîne, vers le nord-ouest se trouvent les pays de Santan et des Mantsiou (Mandchoux). Quant au Santan, nous n’en savons rien de précis. Les Mantsiou sont les Man tcheou des Chinois, et leur pays ne paraît pas être très éloigné du Karafouto. Dans les années appelées Kouan yéi (de 1624 à i 643 ), un officier de la garde de droite, nommé Toye, sortit avec ses compagnons du port de Mikouni oura dans la province l'etsizen; ils furent jetés sur la côte de la Corée septentrionale. De là , ils arrivèrent après un chemin de trente journées, dans la capitale des Mantsiou, et après trente autres journées, à Péking. Ils retournèrent de cette ville par la capitale de la Corée, qu’ils atteignirent après trente autres journées de voyage. De là, ils employèrent douze jours pour arriver au port de Fousan (i), d’où ils regagnèrent le Japon par l’ile de Tsou sima. On peut compter que leurs journées étaient d’environ de 7 à 8 ri japonais.

Au Karafouto, les habitans du Yeso prennent en échange des productions de leur pays , des

( 1 ) Ce port est le même appelé sur nos cartes . Trhousan. — Voy. page 9S. Kt..

verroteries bleues, des ailes d’aigle, des pipes à fumer, des étoffes de soies brodées avec des dragons, des satins façonnés, des toiles de couleur et d’autres en coton. Les verroteries bleues viennent des bords du Karafouto, de même que les ailes des aigles, qui se trouvent aussi sur les côtes du Yeso. Les pipes à fumer, au contraire, sont de travail tatare, puisqu’on y voit des inscriptions en caractères mandchoux. Quant aux étoffes, elles sont chinoises. Les Mandchoux les obtiennent de Péking et les portent à Karafouto. Souvent on reçoit des ces marchandises à Matsmaye, par les habitans de Yeso.

[Les grains de couleur bleue que les Yeso reçoivent par la Tatarie, sont appelés en japonais Mousi-no sou, c’est-à-dire nids de vers. Ce sont des petits globules qu’on peut facilement fondre. Ils ne changent pas de couleur au feu. On trouve de très belles pierres dans le Tsougar, canton du Japon, vis-à-vis de Matsmaye (i), mais on ne rencontre pas les mêmes espèces à Matsmaye et au Yeso. Le Seogun Tsouna yosi avait une aversion si décidée contre les vers et les insectes que , pendant tout le temps de

(i) C'est principalement sur la partie de la côte de Tsougar, nommée Foro tsouÀi , qu'on trouve ces pierres. Les plus grandes sont de la grosseur du poing; polies, elles ressemblent à l'agate. Les petites sont de la grandeur d’un pois, et quand elles sont blanches, elles ressemblent aux chéri ou reliques de Bouddha ; c'est pour cette raison qu’on les appelle chéri de Tsougar. Ki..

YICSO.

son administration, on ne portait pas de ces grains à cause de leur nom. Depuis, on s’est convaincu que ce ne sont pas des nids à vers ; à présent (175a), ils entrent dans les cadeaux que le prince de Matsmaye envoie annuellement au Seogoun à Yedo.]

Dans la mer, entre Karafouto et le Yeso , il y a beaucoup de bancs de sable cachés et des milliers de rochers; ils rendent extrêmement difficiles les deux routes par mer qui y conduisent ; et c’est pour cette raison que le commerce entre ces pays a toujours été très peu considérable.

[ A 7 zi au nord de Soûya , est une grande île habitée également par des Yeso; elle est entourée de la mer du nord-ouest qui est celle du Tattan ou de la Tatarie, Cette île est appelée en japonais Okou Yeso (Y'eso intérieur) ou Kita Yeso (Yeso septentrional), et Karafouto par les Yeso. Une moitié est occupée par les Tattan (ou Tatares) , et l’autre par les Yeso. A 1 3 ri de là vers le nord-est, on trouve cinq îles, et plus au nordest de celles-ci , encore trente-deux autres. Elles sont toutes habitées par des Yeso et par d’autres peuples, et portent le nom de Kourou misi.

Parmi les îles est celle des Rakko ou I .«outres marins. Au nord-ouest de Soûya, sont quatre îles, la plus proche à une distance de 7 ri, et la plus éloignée à 1 5 ri. Au sud-ouest on en trouve deux autres nommées Teoumou, au nord des-

192 APERÇD GÉNÉRAI. DES TROIS ROTAI! MES.

quelles est l’île de Riïsiri, et encore plus au nord, Riboun siri.

En 1720, il y avait vingt-deux villages de Yeso, sur la côte de Karafouto; les principaux étaient :

Oussiyam.

Fiyengnoni.

Kokouts.

Ouye kotan.

Siyam.

Karetan.

Otsin.

Sioya.

Kito ousi.

Siro itokoro.

Ito imade.

Si ita.

Orekata.

Nai bouts.

Tiyaboko.

Ayurou.

A l’est du Karafouto est la haute mer, et au nord-ouest la Tatarie, mais on ne sait pas positivement à quelle distance. C’est de là qu’on apporte les grains verts et bleus, les plumes d’aigle et les étoffes dont se servent les Yeso; cependant , ces tissus ressemblent pour le dessin, à ceux qu’on fabrique en Chine, d’où ils viennent vraisemblablement en Tatarie. Karafouto , quoique assez près du Yeso , en est séparé par un courant extrêmement fort, de sorte que le passage de l’un à l’autre de ces pays est très dangereux.

Du temps du Seogoun , Fuie lada ( de 1 6o5 à 1622), le prince de Matsmaye, nommé Kin firo, envoya quelques personnes de San kaï dans le canton de Soûya, au village Oussiyam (Outsousiyam) dans le Karafouto, pour dresser

TESO.

une carte de ce pays; mais elles n’y purent pénétrer et revinrent bientôt. L’année suivante on fit partir une expédition par mer, qui hiverna à Oussiyam, et poussa au printemps jusqu’à Nari tari; mais voyant l’impossibilité d’aller plus loin, elle revint. Sannai est à plus de ion marins d'Oussiyam , et de ce dernier lieu on peut arriver avec un bon vent, en vingt jours, au Taraikai. De Matsmaye à Sannaï, on navigue pendant sept jours si le vent est favorable.

Oussiyam, dans le Karafouto, est dans le nordouest de Matsmaye. ]

Dans la mer, à l’orient de Yeso , est l'archipel nommé en japonais T si sima , ou les mille Iles, comme on le voit sur la carte de ce pays. Il est composé de trente-sept îles. Les habitans de Yeso en visitent deux qui s’appellent Kouna ziri et J Yedorofou.

[Trente-deux de ces îles sont appelées Kourou misi; voici leurs noms : (i)

Irourou. Mosiri ka (Afousir).

Tsoumo siri ( Soum- Kouna ziri ( Kouna-

chir ou Soum- dur).

stdiou ). Môsiya.

Ki itatsoub. Kourou misi.

(i) J’ai mis entre deux parenthèses et en italique les noms des îles Kouriles qni, dans 1a Carte de la Russie Asiatique, par M. Pnzniakov (Saint-Pétersbourg i8i5), ressemblent à ceux donnés par notre auteur. Kt..

l‘J4 APERÇU GÉNÉRAL DES TROIS ROYAUMES.

Fouroudama kotan , ou Khouroudama kotan ( Kharamo kotan ).

Makarourou ( Makan rouchi).

Oyakoa.

Siyamourateb.

Siringhi.

Fouwatoyeb.

lkarima ( Yekarma ).

Ourouv ( Ouroup ).

Yedorofou ( Itouroup ).

Fosiriol.

kotan).

Yefaïto.

Motofa ( Motoua ).

Ketounaï ( Keto'i ).

Mozia.

Zimosirakaki.

Ousi siri ( Ouchisir).

Renniketsia ( Rastoua ).

Foukan rourouas.

Musa otsi.

Simo siri ( Simousir).

Yeyarou masi.

Kana.

Siriooï.

Siyas kotan ( Chiyas Yukumete. (i)

Les Yeso ne visitent de toutes ces îles que Ki-itatsoub. Quand ils y arrivent, ils débar-

(1) Sur la carte du Yeso, qui accompagne ce volume, les noms des trente-sept îles Kourou misi sont du sud au nord :

Tsoumo siri.

Yefatoï.

Siri wotaî.

Riïtof.

Atofef.

Yekaroukosi.

Mosikari.

Rakko sima.

Sima.

Môsiya.

Motoro.

Siîki siri.

Irourou.

Foutonaï.

Siïmon.

Kouna ziri.

Makanna.

Rakko aki.

Fakatama kotan.

Yedorofou.

Renniketsia.

Nayakoba.

Siïmon.

Rase siri.

Siyamouratei.

Môsiya.

Masaotsi.

Makan rourou.

Sikaruuman.

Mafanrourouyasi.

Siyabara.

Yekariko.

Sinki

Fonziri wotaî.

Ouroiiou.

Kokou katsoura.

Sîyas kotan. Kl.

y eso.

quent leurs marchandises , les déposent à i ri dans l’intérieur du pays , et retournent au rivage de la mer. Alors les habitans viennent, examinent tout, placent d’autres marchandises à côté, et s’éloignent. Aussitôt, les Yeso reviennent; s’ils trouvent qu’on n’a pas offert assez en échange , ils retirent la quantité de leurs marchandises qu’ils regardent comme dépassant celles des insulaires. C’est de cette manière que le marché se conclut finalement (i). Les marchandises de Ki-itatsoub consistent en différentes espèces de pelleteries, d’étoffes et de toiles; les Yeso leur apportent du riz, du sel , du tabac , du sake , et différentes espèces de toiles du Japon. J A l’est des trente-sept îles T si sima est le pays nommé Kanuikattka , et Kamsaska par les habitans de Yeso. Il est contigu avec cette partie du Tattan qui est au nord de Yeso, et s’étend de là très loin vers l’orient. Dans les années Kwan boun (de 1661 à 167a), l’impératrice de Mouskobiya ( Moscovia) en Europe, conçut le plan d’étendre les limites de son empire par les cinq parties du monde. Elle disait : « Mes enfahs et mes petits-enfans doivent toujours chercher à agrandir l’empire et à étendre nos frontières. » En effet, tous ont rempli cet ordre impérial.

(1) Cette manière de faire le commerce d’échange, est tnnt-à-^p» fait conforme à celle qui , selon Pomj?omus Mêla (t. m , page 7), était en usage chez les Seres ou Chinois des auteurs anciens. Kt.

de sorte que leur empire est devenu limitrophe de la partie septentrionale du Tattan. Dans les années Ghen boun (de 1 736 à 1 740) , les Moscovites arrivèrent jusqu’à l’extrême pointe du Kamsikattka , et étendirent de cette manière leur pays à 3ooo ri japonais. Ils y ont un gouverneur; mais comme on ne trouve dans ce pays, ni grains ni étoffes, avec lesquels se pourrait payer le tribut, chaque habitant est tenu de donner au gouvernement une peau par an. A l’orient du Kamsikattka , il n’y a aucun autre pays; mais à l’occident est l’archipel Tsi situa , duquel nous venons de parler. L’île la plus orientale de cet archipel, s’appelle Ratsouko sima (prononcez Rakko sima ) ou Kourou mouse ; elle est la plus grande de toutes. Kourou mouse est proprement l’un des noms du Kamsikattka, et Rakko sima est seulement dans le voisinage de ce pays; mais les habitans de Yeso confondent ensemble les deux noms.

[Sur la côte orientale du Yeso, sont situés les deux villages de Kousouri et de Atskesi, à une distance d’environ 4°° ri japonais de Matsmaye. On y peut arriver de cette ville en huit jours, si le vent est favorable. Les habitans de ces villages vont une fois par an, à l’île de Rakko sima (1), pour y prendre les Rakko, ou

(1) Il parait que RaHo sima, ou îles des Loutres, est un nom général qu’on donne aux Kouriles septentrionales. Kl.

YESO. ID7

I<outres de mer, dont ils vendent les peaux à Matsmaye. Comme ils craignent beaucoup les habitans de Rakko sima , ils choisissent toujours les hommes les plus forts et les plus courageux pour ce voyage. On ne sait pas précisément la distance qui sépare cette île d’Atskesi. Quelqu’un qui y a demeuré pendant trois ans rapporte quelle en est fort éloignée. Jamais Japonais n’est allé à Rakko sima (1720), et les habitans de cette île ne viennent pas non plus au Yeso. ]

I^es Moscovites y habitent en grand nombre , et ont des relations avec les Yeso à Yedorofou , où ils font un petit commerce avec eux, et leur portent du poivre, du sucre en poudre et un peu de drap.

Les habitans de Yedorofou leur demandèrent à leur arrivée, dans quelle intention ils venaient , quel était leur pays. Ils répondirent qu’ils étaient d Orosiya comme les habitans de Yeso l’appellent. Il faut remarquer que ce nom est tantôt prononcé Orosiya , tantôt Rousiya , de même qu’on prononce Nareba pour Naroubesi. La capitale de Rousiya est Moskoviya , comme Yedo est celle du Japon. I^es habitans de ce pays s’habillent comme les Hollandais, tant pour la coupe que pour la couleur des habits ; cependant ils préfèrent le rouge. C’est pour cette raison que les Yeso les appellent Fort su siyamo, d e fort , rouge, su bon et siyamo homme. Ils portent ces habits rouges

par ordre de leur impératrice. Comme ils se sont emparés de Rakko situa et qu’ils viennent à Yedorofou et à Natsoukesi (Atskesi), ils pourraient bien avec le temps, s’étendre jusque dans la partie occidentale du Yeso, tourner les yeux sur les tribus du nord-est de ce pays , et arriver ainsi au Japon. Le Yeso est pour notre royaume, comme les lèvres et les dents sont pour le corps. 11 faut donc être sur ses gardes.

[Au nord-est du Tattan, sont d’autres îles, dont une porte le nom de Siyas kotan (Voyez page 194); les habitansde Yeso l’appellent aussi Assikar. Dans leur langue, assi signifie nuit, et kotan pays. On trouve, dans les cartes chinoises, indiquée au nord-est de l’île Si, une autre île nommée Va kokf ( Ye kouë), ou le royaume de la Nuit. Des Yeso étant allés à Siyas kotan, racontèrent, après leur retour, que les habitans de ce pays, les plantes, les arbres et beaucoup d’autres objets ressemblaient parfaitement à ceux du Yeso. Cependant, ils trouvèrent que les hommes y étaient d’une plus haute stature. Il n’y a ni boucs ni cerfs, mais beaucoup de boeufs et de chevaux. Les habitans armés d arcs, de flèches et de lances, vont à la pêche de la baleine. On y trouve des saumons en grand nombre; ils remontent par troupes avec le flux dans les fleuves, et se poussent l’un l’autre. Quand le reflux vient, les habitans les prennent sans filets et simplementavecla main. Les Yeso étaient très étonnés

YESO.

de voir les habitans de ce pays manger du riz cuit. Comme ils ne comprenaient pas leur langue, ils furent obligés de se faire entendre par signes. Leurs hameaux étaient à trois journées de la côte. Les Yeso voulurent les y accompagner, mais les habitans les en empêchèrent, en les menaçant de tirer leurs flèches sur eux. C’est pour cette raison que les voyageurs ne pouvaient donner une description des habitations de ce peuple. ]

Les Yeso, quoique stupides, sont pourtant d’un bon naturel. Ils n’achètent pas d’armes chez les Russes qui les visitent, car ils n'en ont pas besoin, et ne pensent pas à se révolter. Comme le Yeso est un pays froid , ils reçoivent d’eux principalement du poivre qu’ils prennent pour se garantir intérieurement contre le froid ; des habits fourrés qui les protègent contre le vent glacial ; du sucre qu’ils aiment par-dessus tout pour sa douceur, et de l’eau-de-vie qu’ils boivent en guise de vin. Les Orosiya font peur aux insulaires par le bruit de leurs grands canons.

il y a, dans le Yeso, plusieurs montagnes qui renferment des mines d'or, mais les habitans ne savent pas les exploiter, non plus que les mines d’argent et de cuivre. Dans beaucoup d’endroits on trouve du sable d’or, comme à Koun noui , Oun betsi , Voûbari , Sikots , Faboro et ailleurs. Ce sable d’or est roulé par les fleuves et les rivières, et on le rencontre sur des étendues

de 10 à 20 ri de pays plat. A Faboro, le sable d’or se trouve au fond de la mer; les grands vents du nord-ouest le jettent sur les bords, sur une étendue de 4 o ri. Cependant on ne recueille ni l’or ni l’argent du Yeso, et l’on cache même leur existence , de peur que les Moscovites ne s’emparent de ce pays. Quand même les Japonais voudraient exploiter ces lavages d’or, le climat de Faboro s’opposerait à cette entreprise; car il serait à craindre que les ouvriers ne mourussent de froid, ou netombassent malades. Il faudrait donc bien réfléchir avantde l’entreprendre.

Le Yeso produit en abondance les plus beaux arbres, parmi lesquels le Thuya japonica (en japonais Finoki ou Sakikousa, en chinois Kouaï), est le premier. Il vient ici très touffu. L’arbre qu’on appelle le pin de Yeso est aussi une espèce de Thuya. Son bois est très beau, et on l'emploie pour en faire différens meubles. On y trouve encore un sapin à cinq feuilles acéreuses, qu’on estime moins que le précédent, ainsi que le Pterocarpus flavus (en japonais IY oo bek , en chinois llouang pë ). Parmi les plantes on remarque des Matricaires de printemps, à fleurs blanches (i), et des Lys à fleurs

(i) En chinois Tchhun kiu , en japonais Soun gikf, cette flenr est aussi nommée Korel gikf, ou Matricaire de la Corée, parce qu’elle est venue de ce pays au Japon, où elle est très estimée pour sa beauté , et parce qu’elle est une des premières fleurs du printemps. Kl.

TESO.

noires. La tige de la plante appelée Bâton de Tigre , a 6 à 7 pouces de circonférence, et parvient à une hauteur de 1 5 à 16 pieds. Celle d’une espèce de bugle appelée en japonais Fouki et en 'chinois Khouon toung , a également 6 à 7 pouces de circonférence, et ses feuilles atteignent une grandeur de 10 pieds carrés.

Dans les forêts, on trouve deux espèces d’ours, dont la première est appelée en japonais O/a kouma (Phi), et l’autre Ko kounia (Hioung).

L'O/o kouma attaque les hommes et les animaux ; le Ko kouma est moins à craindre.

L’ours Fi kouma (Fei hioung) est plus rare; il est rouge et court avec la vitesse de l’éclair, de sorte qu’on ne le voit presque jamais; aussi le prend-on pour un être surnaturel. Ce n’est que dans le district de Matsmaye qu’on voit des bœufs et des chevaux qui manquent totalement dans le reste du Yeso.

Parmi les animaux qui vivent dans l’eau , il faut d’abord mentionner la loutre de mer, appelée en japonais Ratsouko ou Rakko (en chinois Ly hou ) (1). [Les plus grands ont environ 10 pieds de longueur, et sont d’une couleur pourpre. Quoique les Chinois les appellent bœufs de mer, ils n’ont pourtant pas de cornes. Les doigts de leurs pieds ressemblent à ceux des tortues, et sont joints par une membrane; ils

(1} En langue du Yeso Ycri. Kx.

ont une queue de poisson , et donnent beaucoup d’huile; leur peau est fort belle, douce et excellente pour couvrir des carquois.] Il y a deux espèces de castors ; celle nommée Ottoséi ( Haï kheou, chien de mer), fournit le castoreum, l’autre s’appelle Asika (Haï là, tigre de mer). On y trouve encore la panthère de mer Asarasi (Hai pao). [Le Netsoup et X Amotsousibe (prononcez Amossibe) sont des phoques. ] Les peaux de tous ces animaux sont très précieuses. [ Autrefois on portait aussi du Yeso au Japon, des kofi ou peaux de tigres , mais à présent il n’en vient plus. Les peaux de cerfs sont également devenues rares.]

Quant aux oiseaux, il y a le gerfaut, en japonais Daka (Yng) [dont on compte trois espèces, Ki daka, Am daka et Ko daka ] , le faucon appelé Sùnatofi (F *\co halietus), le petit et le grand læmmergeyer Ko tvasi (Tiao), et O wasi (Ngô). Comme il y a beaucoup de ces oiseaux , les habitans du Yeso se servent de leurs plumes pour empenner leurs flèches; ils croient quelles sont les meilleures pour cet usage.

La principale nourriture des Yeso consiste en deux espèces de poissons de mer, dont l’un est le saumon appelé Sake (i), et

(i) Dans l’original Saie, en chinois Kouri, et en langue

des Yeso Zimbr. I.c nom de ce poisson est aussi exprimé par le

YESO.

l’autre une petite espèce de hareng nommé Kculo ( Toung yu) ou Nisin ; ces poissons se tiennent aux embouchures des fleuves où les eaux douces se mêlent aux eaux salées de la mer. A la septième et à la huitième lune, les Sake remontent les fleuves en si grand nombre qu’ils encombrent leur lit, de sorte qu’on les prend avec les mains. On les fait griller sur le feu, et on les garde séchés; ainsi préparés, ils sont appelés Kara sake. [ Le caviar salé de ce saumon s’appelle Zousiko. ] Les Kado se réunissent en si grandes troupes, que l’écume qu’ils jettent par leur bouche, ressemble à la neige. Ils nagent à la surface de l’eau ; on les prend dans des filets en si grande quantité, qu’on en fait des tas comme des montagnes. On les sèche également. Les femelles ont le ventre plein d’œufs, qu’on enlève pour les conserver. [Ce poisson s’appelle aussi en japonais Nisin et son caviar Kousou-no ko ou Kado-no ko. ] Ces poissons séchés font la nourriture ordinaire des Yeso pendant toute farinée , car ces gens ne connaissent pas la culture des grains. Outre ces deux poissons, on prend aussi beaucoup de holu-

caractère (Kbiué), prononcé également en japonais Saie.

Cette espèce de saumon est ainsi appelée, parce qu’elle a la même odeur que le Saie (et non pas Saii, comme on écrit ordinairement ), ou s in de rix du Japon. Karmpfer se trompe en disant que le Saie du Yeso est la morue. Kx.

thuries connues dans l’archipel de l’Inde sous le nom de / ripaiiç , et appelées en japonais Narnako (i). On pêche aussi deS Awabi, ou oreilles de mer (2) qu’on mange également.

(1) Dans l'original en japonais Namako, et en chi-

nois Haï chu, ou rat de mer. Les vocabulaires japonais et portugais expliquent ce mot par ■ Lésinas do mar que se comcrn cruas cm Japao , et Kaempfer nous apprend que cette holothurie , qui est une Doris, est appelée par les Hollandais de l’Inde, Kafferkull.

Un autre nom en japonais est

To nik, ou chair de

terre , en chinois Thou ju. Ces animaux séchés , se consument en grande quantité, et portent le nom d ’Jriko ou Ko; dans le Simo, on les appelle Kousi Ko, c'est-à-dire Ko séché . K^.

(a) Les Japonais écrivent le nom de cette production marine ,

de différentes manières en caractère chinois, savoir:

Fouk

(Fou), •à (suivant la prononciation chi-

noise Paoyu). Les Hollandais l’appellent Klipzuyer, et les Portugais Lapa. Voici ce que Kaempfer rapporte sur cette espèce de haliothide : « L 'Awabi n’a qu’une seule coquille simple. Elle est de « la grandeur d’une huître moyenne, mais moins plate. Cet ani-

• mal se tient à une grande profondeur dans la mer, et s’y at- ■ tache avec son cité ouvert contre les rochers. Les poissardes

• qui ont une grande habitude de plonger, vont les y chercher.

• Armées d’un long couteau ou d’une pique , pour se défendre « contre les Kaye, elles descendent dans la mer, et où elles trou- « vent un Awabi, elles le percent rapidement, et avant qu’il ait

• le temps de s’attacher par le moyen de la succion au rocher , « dont il serait impossible de l'arracher. Cette coquille est rem- « plie d’une chair de couleur blanche jaunâtre, coriace et « sans fibres. Les Japonais prétendent que c’était la principale « nourriture de leurs sobres ancêtres, et c’est en eomméraora- « lion de cela, qu’un plat d’ Awabi ne manque jamais dans leurs

risso.

Les baleines sont en grande quantité dans la mer qui avoisine le Feso, mais les habitans ne savent pas les prendre. [Ils les regardent comme très essentiels à leur bien-être, puisqu’elles sont la cause que les Kado arrivent en bancs nombreux à leur côte, où ils en prennent une quantité incroyable. Dans la même mer, il y a aussi un poisson noir à longues nageoires, qui livre combat à mort à la baleine, et en sort toujours victorieux. Les baleines tuées par ce poisson noir, sont jetées sur les côtes du Yeso, par les vagues de la mer, et les habitans de cette île, obtiennent de cette manière, l’huile et les fanons sans beaucoup de peine.] Le poisson Kamikiri ressemble à 1 ’lrouka (Kiang chi, ou cochon de fleuve) ; ses soies sont aiguës et longues. Il y a aussi une espèce d’espadon duquel on dit qu’il peut tuer la baleine. Dans la mer orientale, se trouve un très grand poisson nommé Okime , et qui peut avaler ce cétacée.

On prétend que quand il nage , son dos forme

« repas de cérémonie. C’est aussi un usage de politesse ordinaire « parmi les personnes de toute qualité, d’accompagner chaque « présent, n’importe qu'il consiste en argent, ou en fruits ou en « étoffes, etc., d’un morceau de cette chair séchée, ou d’y coller * au moins une petite parcelle. Il disent que c'est en souvenir « honorable et en signe de bonheur. Pour sécher la chair de •« l'Awabi, on la coupe en bandes longues et minces, qu’on at- ■ tache sur une planche et l’expose ainsi k l’air. • — Elle s’appelle alors Kousi Au , abi. Ri..

206 APEftÇlï GÉNÉRAI, UES TROIS ROYAUMES.

comme une île. A son approche, le fond de la mer tremble et rend un bruit de tonnerre; alors les baleines se sauvent et se dispersent de tous côtés (i). Les bâtimens pécheurs qui les attendent, les traînent sur le rivage. Les bâtimens de Yeso vont aussi à cette pêche dans la mer orientale. Le poisson appelé Kinebd ressemble à la raie ; la graisse de ses entrailles est une grande friandise pour les Yeso. Le Akayéi (Fen yu) est un poisson très grand ; on assure que quand il vient à la surface de l’eau , son dos présente une superficie de 60 à 70 toises japonaises (à 10 pieds chacune) carrées. C’est encore un poisson merveilleux.

Le Koumbou ( Kuen pou) , ou Fucus saccharinus , est une production si connue, qu’il me paraît inutile d’en parler. [Il y en a trois espèces, la rouge , la noire et une très mince. Il se trouve principalement dans la partie de la mer au sud et à l’est du Yeso. Cette plante marine est ordinairement large d’un pied, et a environ 10 pieds de longueur. Le milieu est de couleur jaunâtre, les deux bouts sont verts. Elle est d’un goût doux et agréable. Le Kombou qu’on pêche dans d’autres parties de llf même mer, est moins bon, principalement quand il est long; alors il devient coriace et a moins de goût. — Une

(1) Cette description rappelle celle du Krakrn , donnée par le célèbre Pontopiddnn , évêque de Bergen , en Norvège. Kl.

YESO.

autre plante marine, appelée par les Japonais, Kouro kouki, ou rejetons noirs, est également bonne à manger. ]

Quant aux drogues employées dans la médecine, ils n’y en a que deux dont les Yeso se servent Ce sont le Ikema et le ï'ebouriko (ou Tererio sitsüko). Ce dernier est un agaric qui , dit-on , croît dans les profondes vallées des montagnes sur les grands fûts du Thuya japonica; cependant on ne sait pas si ce fait est exact. On s’en sert intérieurement contre la colique, contre les vers, les maux de cœur et les vomissemens. On emploie le Ikema intérieurement et extérieurement en cas de blessures, de rhumes très forts, de fièvre et de tumeurs. Depuis quelque temps, on a aussi commencé au Japon à se servir avec succès de ces deux médicamens. 1 1 Ikema est une plante rampante qui y croît aussi sur le mont Koma ke dake dans le canton de Sendaï , et sur le Ni kwo san de la province Simotske.

Outre ces deux plantes médicinales, il y en a encore d’autres dont les Yeso se servent, telles que le Bou si (Fou tsu) qui est une espèce d’aconit, le Galium tuberosum (Houang thsing), le Kakouma kousa (en chinois Houang lian, Chelidonium majus ), le Ginsen et le IV ô bek ou Pterocarpus flavus. Pour empoisonner leurs flèches , ils pilent ensemble les graines du Bou si (Aconit), du T à karasi (Fan tsiao,

Capsicum annuum ), et des araignées à longues pattes ( vraisemblablement le Phalangium araneoides ), et après avoir chauffé ce mélange au feu, ils en enduisent les pointes des flèches. [ Le meilleur remède, contre la blessure d’une de ces armes, est un mélange d’ail et de céruse; avant de l’employer, on coupe un peu de chair autour de la plaie, puis on la remplit de cet antidote. Ces flèches ne pénètrent ordinairement pas plus d’un pouce dans le corps ; mais la chair se corrompt sur-le-champ autour de la blessure, de sorte que le patient ne sent aucune douleur quand on lui fait des incisions (i). ]

Voilà le tableau succinct des productions de ce pays. Il est à regretter qu’on n’exploite pas ses mines d’or et d’argent; car comme on trouve du sable d’or sur toute la surface du Yeso, il nous pourrait fournir avec le temps, une grande quantité de ces deux métaux précieux.

Dans l’année cyclique y- ^ Jin tsu, du

(i) Voici ce qu’on lit dans le Voyage autour du monde , par M. Langsdorff (II, 287) relativement aux flèches des Yeso : « Ils « tuent les bêtes fauves avec des flèches empoisonnées. Le poi- « son est le suc condensé d’une plante ( vraisemblablement « d’une espèce d'aconit, qui croit ici fréquemment). H est dit- « on d’un effet si prompt, que le sang de l’animal blessé d'une « telle flèche pourrit en peu de minutes, et coule de la bouche, “ des narines et des oreilles. Ils tuent de cette manière des ours, « des loups , des renards et des loutres marines. » Kl.

YESO.

nengo Kwan boun (1672), le vingt-troisième jour de la douzième lune, une barque chargée de riz, fit voile de la province de he , pour celle de Sima. Elle fut portée avec une rapidité extrême vers l’est. Le lendemain, à l’heure ap-

pelée ^ chin (de 3 à 5 après midi ), s’éleva un

vent du nord très fort, qui poussa le navire vers le sud-est pendant neuf jours et neuf nuits. Alors le vent tourna au sud et le fit flotter pendant sept mois vers le nord-est. Les hommes de l'équipage ne savaient pas combien de milliers de ri ils avaient parcouru pendant tout ce temps. Ils arrivèrent en un lieu où la mer était couverte d’une si grande obscurité, que pendant cent jours on ne voyait ni le soleil ni la lune. Enfin } le vent cessa, et ces hommes se dirigèrent, d’après la boussole, vers le sud. Ayant ainsi navigué pendant plusieurs jours, ils aperçurent un grand pays; c était Yedorofou. Ils en suivirent la côte dans la direction du sud-est, pendant huit jours et huit nuits, et atteignirent enfin la pointe de ce pays, où ils passèrent à une distance de 12 ou 1 3 ri devant une montagne qui sert à la reconnaître. Plus loin, ils trouvèrent une autre île nommée Kouna ziri, dont ils longèrent également la côte vers le sud-ouest, fondant neuf jours et neuf nuits ; étant parvenus à son extrémité, ils laissèrent une montagne à une distance de plus de 20 ri, à l’ouest, et attérirent à

Nossabou (ou Nossab ) dans le Yeso, d’où ils se rendirent à Matsmave.

Je dois faire observer ici que ces navigateurs, étant arrivés dans une région où la mer était couverte d’obscurité, avaient dù se diriger à l’est du Kamsikattka; qu’ils ont franchi la limite du i a kokf { Ye koué) ou Royaume de la Nuit, et que de là ils ont suivi les côtes de Yedorofou et de Kounaziri, pendant huit et puis pendant neuf jours et neuf nuits. Sur les anciennes cartes, on n’avait marqué ces îles que par un petit rond ou par une tache noire , comme si elles étaient très petites; cependant comme elles ne sont pas moins grandes que Thaï wan (Formose) et Riou kiou (Lieou kliieou), j’ai cru devoir les représenter sur ma carte, proportionnellement à leur grandeur; mais comme je ne leur connais d’autres noms que ceux que les Yeso leur donnent, j'ai été obligé d’employer ceux-ci.

A 'a to Kiyomasa (Kia thengThsingtching), prince de Figo, ayant fait des conquêtes en Corée, entra à main armée dans le pays des Orankaï (i), et mit le feu à la capitale. De là il se porta vers une haute montagne, sur laquelle

(i) Orankaï , proprement Ouriangkhai , est le nom de la partie la plus orientale de la Mongolie, au nord du Lino toung, et de la partie occidentale du pays des Mandchou* , arrosé par le Ghirin oula et ses affluens. Kl.

YESO.

il monta et crut voir de là, à l’est, le mont Fousi no yarna , dans le Japon. Cependant, Kàibara Tokzin a démontré que ce ne pouvait être le Fousi , mais bien le Kài mon de la province de Satsouma , lequel est une des plus hautes montagnes. — Pour moi , je pense que tout cela est erroné, et que la montagne en question est celle de Rü siri située dans la mer, à l’ouest du Yeso, et indiquée sur ma Carte des Trois Royaumes.

Les marins prétendent que quand les nuages qui viennent du nord-est, et qu’ils appellent fVaou reou, couvrent les montagnes, cela indique une haute marée sur la côte occidentale de Yeso. Au sud-est de Faboro, Ouye betsou et autres places, on voit souvent ces nuages, ce qui fait présumer qu’il y a un autre pays dans le voisinage. Ils viennent à ce que je crois, des montagnes de la Corée.

f Les différentes dénominations de cette contrée et deses habitans, sont: jj^£j£(Hia i) ou

jjUÏ (Hoé foü), c'est-à-dire Yeso; kk Atsouma Yebis (Toung i), barbares de l’orient; et Mosin (Mao j in) ou Mo min

(Mao min), hommes ou peuples velus.

On ne connaît pas l’origine des Yeso et leur état dans les premiers siècles du monde. Dans les temps postérieurs, il est souvent question

d’eux dans l’histoire du Japon et dans les livres chinois., mais ce n’est qu’en passant qu’ils en parlent.

Voici ce que les Yeso racontent eux-mêmes de leur origine. Un vieillard et une vieille femme arrivèrent au bord de la mer, pour y trouver quelque nourriture, mais toutes leurs recherches furent inutiles. Fatigués, ils se couchèrent sur le sable et s’endormirent. Un rêve leur apprit alors que, pour trouver quelque chose à manger , ils devaient remuer la mer avec un instrument qu’ils virent en songe, et qu’alors il s’élèverait une écume blanche qui leur fournirait ce qu’ils cherchaient. S’étant éveillés ils remuèrent l’eau avec une rame qui était posée à côté d’eux, et ils aperçurent alors, sous l’écume, une grande quantité de petits harengs appelés nisin, qui sont encore aujourd’hui très fréquens sur les côtes du Y eso. I <a demeure de ces deux personnes âgées était à Yesasi, dans le territoire de Matsmaye. Le vieillard reçut après sa mort le nom de Yebis ou Ibis, qui est celui du dieu des pêcheurs, et sa femme celui de Ombn karni, ou la vieille déesse. On a construit deux temples au-dessus de leurs sépultures. Leurs deseendans s’accrurent beaucoup jusqu’à l’époque où Takeda Nobou Jiro , arriva (en 1 443) dans le Yeso, et en conquit la moitié.

La plus ancienne mention des Yeso, sous le nom de Mo min (Mao min), se trouve dans le livre

YESO.

chinois, intitulé San gai kio (Chan haï king), qui date du temps de la dynastie des Han. Cet ouvrage place leur pays au-delà de la mer orientale, et dit que ses habitans ont tout le corps couvert de poils.

On lit dans la Notice historique sur les Sian pi, insérée dans le Heou han chou, que Than chf houai, premier roi de ce peuple, fit en hiver, de la première des années Kouang ho (178 de J.-C.), une nouvelle invasion dans le canton de Thsieou thsiuan (1); il y dévasta tous les champs, en faisant la chasse aux bêtes fauves. Il suivit à cette occasion les bords du Thsin choui, et trouva que le cours de cette rivière était barré à une distance de quelques centaines de li, mais qu’il y avait beaucoup de poissons, que les siens ne pouvaient parvenir à prendre. Ayant su que les ff^o (Ho), ou Japonais, étaient très habiles à la pêche, il envoya à l’Orient, faire prendre environ mille familles de ce peuple, qu’il obligea de se fixer sur les bords du Thsin choui et d’y vivre de la pêche. — La patrie des Sian pi était dans la Tatarie orientale, au nord-est de la Chine. La partie septentrionale du Japon était alors comprise sous la dénomination de Yeso. Les habitans avaient appris des Japonais orientaux l’art de prendre

(1) Ost le par* de Soi! tcheou, dans la province chinoise de Kan soi! de nos jours. Kl.

des poissons dans des filets. Ces peuples se divisaient en plusieurs branches. Les Toto Yeso habitent sur une île au nord-est. Le Yeso septentrional est appelé Kita Yeso; la partie orientale porte le nom de Figasi Yeso. Autrefois on comprenait aussi sous la dénomination de Yeso les habitans des provinces japonaises de Oziou, de Yetsizen, de l r etsingo et de Yetsiou ; cependant elles font partie du Japon. La première est située à l’est et les trois autres au nord de la capitale de l’empire.

On trouve dans l’histoire de la dynastie chinoise des Soui, queles Mao jin ou Mozin, étaient divisés en cinquante tribus. Le Thang chou dit: « Le IY o kouô (c’est-à-dire le Japon) est « borné au nord-est par de hautes montagnes, « au-delà desquelles sont les Mao jin. > Il paraît donc qu’à cette époque, la différence entre les Japonais et les Yeso n’était pas encore très marquée, et qu’on ne distinguait ces peuples que sous la dénomination de ceux de l’ intérieur et ceux de X extérieur. L’origine des Yeso de l’intérieur est assez difficile à éclaircir. On voit que sous le règne de Daïri Kéi ko ten o (de 71 à 1 3 o de J.-C.), les Alsouma Yebis, ou Barbares de la partie orientale de l’empire, ayant fait une irruption , avaient causé beaucoup de mal aux Japonais; évènement qui, avant cette époque, n’était jamais arrivé. On peut donc supposer que ce peuple oriental descendait des abori-

YKSO.

gènes du pays. Depuis ce temps, ils ont eu des guerres fréquentes avec les Japonais. Dans la quatrième année du Dalri Z aï meï (658), cette impératrice envoya une flotte sous le commandement d ' Abe-no Omi, contre ces Yeso. Ce général soumit leur pays. I^es princes indigènes d’^/kita et autres, vinrent à son secours, ainsi que les habitans de Toto Yeso (qui est ledistrict deMatsmaye de nos jours). Après avoir fait la conquête du district de Tsougar{i) et d’autres, il retourna à la résidence du Dalri. L’année suivante, il fut derechef ex |»édié pour attaquer, conjointement avec les princes d'Akita et de Tsougar, les Yeso transmarins. Il les vainquit, établit une administration très sévère dans le pays, et y laissa un gouverneur qui résida à Siri besi. — En automne de la même année , l’impératrice envoya une ambassade en Chine, avec laquelle partirent quelques Yeso de la province de Moûts ou Oziou, comme on le voit dans l'histoire de la dynastie de To ( Thang). I /empereur Tô-no Ko zt/(ThangKao tsoung) demanda à cette occasion à l'ambassadeur, combien de peuples composaient les Yeso. Il répondit : « trois; les plus éloignés sont ceux de « Tsougar ; viennent ensuite les Araï Yeso, ou « les Yeso sauvages, puis les Tsika Yeso, ou a les Yeso proches. Ces derniers habitent parmi

(i) Dans la partie la plu* septentrionale du Japon. Kl.

“21 fi APERÇU GÉNÉRAL DES TROIS ROYAUMES.

« les Japonais, et sont compris dans les limites « de l’empire. »

Dans la sixième année du Nengo Ten pe fô zi (762), le Daîri expédia dans chaque provincede l’empire, les ordres nécessaires pour punir tous les rebelles. A cette occasion, Fousùvar a-no Ye mi-no Asson Asa kase ( Theng yuau Hoei meï tchao tchhin Tchao kô) alla dans le Oziou. Il y lit placer une inscription gravée sur pierre, devant la porte de Takaseki (To ho tchhing) , résidence du gouvernement. En voici le contenu : « Ta ka seki est à 1 5 oo ri de Miyako.

« De la frontière des Yeso, 120 ri.

« De la frontière de la province Fitats, 420 ri. « De la frontière de la province Kootsouke, « 270 ri.

« De la frontière du royaume des Mats kats « ou Makkats (Mô khô), 3 ooo ri.

« Cette ville a été bâtie par O no-no Assa « yemi, Azesi et général chargé de la garde des « forts, du second rang de la quatrième classe. « Dans la première année du Nengo Ten pe

« foo zi, qui est la cyclique appelée ^

« Kiatsu( 723). Dans la sixième année du Nengo

« Zin ki, qui est la cyclique J in yn

a (762), l’Azesi et général en chef, chargé de « la garde des forts, ' Fousiwara-no Ye mi-no « Asson Asa kase , du second rang de la qua-

YKSO.

« trième classe, chargé de l’inspection des con- « trées To kài do et Tô san do , a érigé ce mo- « nunient.

« Ten pe fô zi, sixième année (762), douzième « lune, premier jour. »

La pierre sur laquelle cette inscription était gravée, avait6 pieds japonais de hauteur, 3 pieds de largeur, et était épaisse d’un demi-pied. Ce monument est appelé Tsoubo isi boumi, ou l’Inscription de la pierre en forme de vase, et Féino boumi, Inscription du terrein uni. ]

On lit dans le Voyage dans les cinq régions, que cette inscription est à 1 20 ri de la frontière des Yeso. Cette inscription se trouvait placée à la porte de l’ancienne ville de Ta ka seki (To ho tchhing), dont on voit encore les fondemens près du village Jtsi gawa-no moura du district de Miya ki (Koung tching), de la principauté actuelle de Sendaï (dans la province d’Oziou ). J’ignore si l’ancienne inscription s’y est conservée. Il faut à cette occasion remarquer que , d'après l’ancienne mesure courte, six matsi actuels, n’équivalaient qu’à un ri; le matsi est de 60 ken (ou ikies ), et le ken de 6 pieds. Iæs 120 ri desquels il est question plus haut ne font donc que 20 ri nouveaux. En effet, l’ancienne frontière des Yeso passait par le district actuel de Momo-no fou (Tao seng) , situé justement au milieu de la principauté de Sendaï.

Leur limite actuelle, qui commence à Kouma

zeki (Hioung chÿ), dans le territoire de Matsmaye, est à i 3 ao ri de petite mesure, ou aao de mesure actuelle des ruines de Ta ka seki. On voit donc qu’il y a une grande différence entre la borne ancienne des Yeso et de celle de nos jours.

Dans les années T en, pe fà zi, on changea le gouvernement des deux provinces d’Oziou et de Dewa; car quoique les habitans de cette contrée fussent soumis à l’empire, ils étaient pourtant originairement de la même race que les Yeso et les barbares qui n’avaient été domptés que par nos conquêtes dans l’Orient. A cette époque donc, Ye mi-no A sa kase, ayant pénétré dans le canton de Momo-no fou, y établit une administration et construisit un palais dans la forteresse du canton de Miya ki, destinée à contenir lesYeso.il plaça une inscription devant la porte de cette vil le, éloignée de i aortde la frontière des Yeso, qui était celle du district actuel de Momono fou. Tout le payssituéau sud faisait partie du Japon , tandis que ce qui était au nord , appartenait aux Yeso. C’était là que se trouvait véritablement l’ancienne limite des Yeso. Quarante ans plus tard , dans le temps du Nengo Yn riak (vers 796), sous le règne du Daïri Kwan mou, le Sei daî seo goun (le grand général qui combat les Barbares), Saka no kT ouye no Tamoura nuiro, défit entièrement les révoltés de cette province, près de la ville de Ta ka seki, et

VKSO.

pénétra dans le pays du nord , à une distance de 84o ri de petite mesure, ou i4o de factuelle, audelà de Oma et du pays de Nambou et deTsougar, situé sur les bords de la mer, qui alors devint la frontière entre les Japonais et les Y eso ; de sorte que, ce qui était au sud appartenait aux premiers, et ce qui était au nord, au second. Ceci fut la seconde détermination des bornes avec le Yeso. Enfin, six cent soixante-dix ans après, sous le Daîri Go fana sono-no in , dans la troisième des années Ka kits (i 443 ), les Yeso ayant excité des troubles, Takeda dciiro Minetmoto Nobou firo traversa la mer et soumit leur pays à une distance de 4»o petits ri ou 70 de nos jours. Ce territoire est celui de Matsmaye. La limite septentrionale de Matsmaye, est à Kouma zeki (Hioung chy), éloigné de i 3 ao petits ri ou 220 nouveaux des ruines delà ville de Taka seki. C’est la frontière actuelle des Yeso, et l’extrémité des possessions japonaises; et il ne faut pas la confondre avec celle qui se trouvait autrefois dans la province de O/.iou ou Moûts. Le contenu de l’inscription appelée Feino bourni n’a rapport qu’à l’ancienne fixation des limites.

Quoiqu’on vienne de lire que Kouma zeki est à l’extrémité de la domination japonaise dans le Yeso, il faut pourtant remarquer que ceci n’est pas tout-à-fait exact, car on pourrait dire la même chose de Soûya, et de Siranousi

et autres lieux du Yeso. Autrefois, il est vrai, les deux provinces deOziou et de Dewa ne relevaient pas entièrement de l'empire; à présent, non-seulement les 70 ri du territoire de Matsmaye y appartiennent, mais même le pays sauvage qui est au-delà dépend du prince de Matsmaye.

Il est souvent fait mention du Yeso dans l’histoire du Japon. On y trouve entre autres que, déjà sous le Daîri Z aï meï ten o ( de 655 à 661 de J.-C.), on y avait établi un gouvernement qui, plus tard, avait été abandonné. Je dois faire observer qu’on prétend que cet établissement a été à Siribesi, éloigné de plus de 70 ri de Matsmaye; mais cela paraît fort douteux. Dire que sous le règne de Zaï meï ten o il y ait été établi un siège de gouvernement duquel lesYesodépendaient, c’est comme sil’on prétendait que Soiiya et Karajouto , où l’on trouve des habitans et des marchandises du Japon, sont soumis à notre domination; laquelle en effet , ne s’étend que jusqu’à Kouma zeki à l’ouest, et jusqu’à Siyewo koubi à l’est. Ainsi, tout bien examiné, il n’est pas probable que déjà à cette époque, le pays situé entre les montagnes de Tsougar ait déjà été à nous. Ce ne fut que plus de cent ans plus tard , que l’inscription de la ville de Ta ka seki dans le district de Miya ki fut placée, et alors la frontière des Yeso était encore à 120 n de là. On voit donc que le fait duquel il

YESO.

s’agit est peu probable, principalement quand on fait bien attention à la différence entre l’ancienne et la nouvelle frontière des Yeso, comme nous l’avons expliqué à l’occasion de cette inscription.

[ Yosi tsoune ^ ayant été vaincu par

son frère Yori tomo , se réfugia dans le

Yeso, le quatrième mois intercalaire de la cinquième année de Nengo Boun zi (1189); les habitans de ce pays lui donnèrent le nom de Oki gourou. Il y fut suivi par un de ses partisans qui garda son nom de Binke. Yosi tsoune y épousa la fille d’un des chefs, et prit en secret des renseignemens exacts sur ce pays. Encore aujourd’hui, les Yeso chantent cet évènement dans leurs représentations théâtrales ou danses pantomimes. Ils ont en général un grand respect pour lui; il va si loin, qu’avant de prendre quelque nourriture, ou de boire, ils prononcent toujours le mot Oki qui est le commencement A' Oki gourou, nom qu’ils lui donnent dans leur langue. On voit encore les ruines et les fondemens du château qu’il y avait construit dans la partie orientale du pays. Les Yeso vénèrent sa mémoire au point qu’ils ne mettent jamais les pieds dans cet édifice. lies murs de ce château étaient construits avec les défenses du poisson appelé /ftW kasi (narwhal?) Un capdela

côte occidentale du Yeso porte encore anjourd hui le nom de Binke saki, en l’honneur du pretre japonais, Binke, qui avait accompagné Yosi tsoune. C’était un homme fort brave, qui, ayant pendant long-temps fait la guerre contre ce dernier, se soumit à lui, et lui resta depuis très attache. L inimitié de ^ ori tomo contre son frère cadet Yosi tsoune, avait son origine dans le mariage que celui-ci avait contracté avec une fille de la famille de Faim-no Kiyo niari , qui était l'ennemi de Yori tomo. Après être resté pendant quelque temps dans la partie orientale du losi tsoune, il pénétra plus avant dans le nord de ce pays. Du temps du Nengo Kwan ye (1624 à i643, quelques habitans du Yetsizen, firent naufrage sur la côte de Kettan , ou de la Tatarie. Ils ne revinrent au Japon, que dans la seizième année du Nengo Ghen rok (iyo3). L’empereur mandchou Ao ki (Khang hi) les avait envoyé en Corée, d’où ils retournèrent dans leur patrie. Ils avaient habité Pe king pendant de longues années, et y avaient vu dans un des vestibules du palais, le portrait très ressemblant de Y'osi tsoune, tel qu’on le voit au Japon. Ce fait, fait présumer que ce héros est allé jusqu’en Tatarie.

Nous avons dit que Nobou firo avait subjugé, en i443, la partie méridionale du Yeso. Ses descendans y sont restés comme princes jusqu a nos jours. \ oici leur généalogie.

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